Céline Turgeon, responsable de la chapelle Notre-Dame-de-Liesse, vivra comme plusieurs autres de grands moments d’émotions lorsque la dernière messe sera célébrée le 28 juillet à 9h.

Dernière messe à l’église Notre-Dame-de-Liesse

Une page d’histoire du district de Deauville va se tourner le 28 juillet alors qu’une dernière messe sera célébrée à la chapelle Notre-Dame-de-Liesse. L’église a été vendue à la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) il y a neuf ans afin d’y agrandir l’école primaire Notre-Dame-de-Liesse, située juste à côté.

« L’archevêché avait signé une entente pour conserver une chapelle à l’intérieur de l’église. Nous avions un droit de culte et l’entente se terminait en 2020. Nous étions locataires », souligne l’abbé Guy Boulanger, chancelier à l’archidiocèse de Sherbrooke.

Or l’école primaire Notre-Dame-de-Liesse est en croissance et la CSRS est revenue à la charge il y a quelque temps en demandant s’il était possible de mettre fin à l’entente cette année : l’école avait un criant besoin de locaux. La bibliothèque de l’école primaire pourrait être aménagée dans la chapelle, ce qui dégagerait de l’espace au sein de l’école.

Depuis sa vente à la CSRS, l’église de Notre-Dame-de-Liesse a été divisée en différentes parties : l’étage du lieu de culte a été divisé en deux parties, l’une pour la chapelle d’environ 75 places, l’autre pour en faire un gymnase. Le sous-sol de l’église a été entièrement aménagé pour y accueillir la cafétéria et le service de garde de l’école. Une grande passerelle a aussi été ajoutée entre les deux bâtiments, dans laquelle on retrouve quelques classes et une bibliothèque, afin de faciliter la circulation des élèves et du personnel.

71 ans d’histoire

L’église a été bâtie en 1948. La paroisse avait toutefois été fondée en 1902 et deux autres chapelles ont existé avant la construction de l’église ayant pignon sur rue sur le boulevard Bourque.

Soixante-et-onze ans après la construction de l’église, c’est donc une page d’histoire de l’église catholique qui se tournera le 28 juillet.

« Il y a beaucoup d’émotions. Moi j’ai toujours habité la paroisse. Mes parents se sont mariés ici. Moi aussi. Mes enfants ont été baptisés ici. C’est une église remplie d’histoire », souligne Céline Turgeon, la responsable de la chapelle, qui a travaillé pour la paroisse en plus d’y être une grande bénévole.

Si elle s’attriste de voir dispaître la chapelle, Mme Turgeon se réjouit toutefois que la CSRS ait l’intention de conserver le bâtiment. « Il y a des églises qui sont achetées et jetées à terre... Ici ce n’est pas le cas. Et en plus, ce sont les enfants de la communauté qui vont pouvoir bénéficier de l’église. Ça c’est précieux », souligne Mme Turgeon.

La CSRS aurait aussi fait part de son intention de conserver les vitraux de l’église. Des vitraux chargés d’histoire.

« L’abbé Guy Beauregard avait plein de ressources... Il avait réussi à avoir les vitraux pour 12 000 $ au lieu de 100 000 $. Un Club du vitrail avait été créé au sous-sol de l’église. Ce sont des paroissiens et des bénévoles qui ont fait tout ça », souligne Céline Turgeon en montrant les vitraux de toutes les couleurs qui ornent l’église.

La CSRS souhaite aussi conserver plusieurs bancs d’église.

Plusieurs ornements bénis trouveront un nouveau lieu de résidence, comme les deux toiles accrochées tout près de l’autel. « Les toiles ont été peintes par l’abbé Guy Beauregard. Il avait signé une lettre comme quoi il voulait que les toiles soient transférées à l’église Saint-Roch si l’église de Notre-Dame-de-Liesse fermait ses portes. Ce sera fait », souligne Mme Turgeon.

Quelques bancs d’église sont aussi à vendre.

Regroupement des églises

Depuis quelques années, la chapelle Notre-Dame-de-Liesse avait été jumelée à l’église Résurrection-du-Christ (Rock Forest) et à celle de Saint-Élie-d’Orford pour créer la paroisse Saint-Paul. À la fin de l’été, l’église Saint-Roch (Rock Forest) rejoindra aussi la paroisse Saint-Paul. « Nous devons profiter de l’occasion pour consolider nos forces », soutient l’abbé Guy Boulanger.

Céline Turgeon invite tous les paroissiens, anciens ou actuels, à venir célébrer l’une des deux dernières messes à la chapelle avant sa fermeture définitive pour avoir une dernière occasion de se remémorer des souvenirs chers. Les célébrations ont lieu le dimanche à 9 h « La messe du 28 juillet sera vraiment très belle, très vivante. Il y aura un goûter à la fin pour fraterniser. Nous espérons que les gens vont répondre à notre invitation », soutient la grande bénévole.