Malorie Darveau, 14 ans, déplore les commentaires de quelques clients du dépanneur auquel elle travaille depuis environ un mois et demi.
Malorie Darveau, 14 ans, déplore les commentaires de quelques clients du dépanneur auquel elle travaille depuis environ un mois et demi.

Dépanneurs : insultes à visage découvert

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
SHERBROOKE — Malorie Darveau a 14 ans. Depuis quelques semaines, elle travaille à l’Accomodation Marbleton, à Dudswell. Dimanche, après son premier quart de travail depuis que le masque est obligatoire dans les endroits publics fermés, la jeune femme a déploré les insultes qu’elle a reçues de la part de certains clients de l’établissement. 

« Tu as 13 ans, tu ne vas pas me dire quoi faire. Rentre-toi-le où je pense ton masque. C’est cave ton affaire. T’es qui pour m’obliger ça? Tu te prends pour François Legault. On s’en criss de ton masque. » 

Ces commentaires ont été reçus par l’adolescente, qui a dénoncé la situation sur le Babillard Dudswell, un groupe Facebook. 

« Dimanche, c’était ma première journée et j’ai reçu plusieurs commentaires vraiment méchants, déplore la jeune femme en entrevue téléphonique avec La Tribune. Des collègues ont aussi reçu des commentaires méchants. Un collègue a même reçu un masque en pleine face. »

Seuls cinq ou six clients déplaisants ont nargué la commis. « Tous les autres respectent le règlement et font très attention », assure-t-elle. 

« C’est difficile sur le moral, témoigne Malorie Darveau. C’est difficile pour la confiance, j’ai 14 ans, je ne suis pas censée faire la police. Je respecte ce que ma patronne m’a dit. »

« J’aime mon travail et je ne lâcherai pas demain matin à cause de ces commentaires, poursuit-elle. Mais si c’est comme ça à long terme, ce sera fatigant. Un jour, les gens prendront l’habitude. Je ne pense pas qu’il y aura des commentaires si méchants dans un mois. »

Les clients qui entrent sans leur masque dans le dépanneur peuvent en acheter un à 1,25 $. Sinon, le client ne peut entrer dans l’établissement. 

Sous la publication de la jeune femme, de nombreux commentaires ont été écrits par la communauté de Maberleton. « Bravo pour ton message. Malheureusement, c’était prévisible que certaines personnes allaient chialer », écrit Hélène Petit. 

« Que l’on soit pour ou contre, le respect de l’autre prime. Ceux contre peuvent le signaler tout en restant dans le respect de ceux qui n’ont pas de pouvoir sur la situation. Le message n’en passera que mieux », mentionne quant à elle Nancy Jean. 

« Je trouve moi aussi insensé le port du masque obligatoire dans les commerces, indique Eric Darveau dans une autre publication. Mais vous qui insultez et sacrez après les étudiants qui travaillent au salaire minimum et qui maintiennent les petits commerces ouverts, vous ne savez pas vivre! Prenez-vous-en aux bonnes personnes, soit les décideurs de cette loi! Mais c’est bien plus facile (lâche) de se défouler sur des étudiants qui ont peut-être la même opinion que vous [...]. »

Sherbrooke

À l’Accomodation Domon de Sherbrooke, Kelly Soucy, une commis, a également eu quelques commentaires négatifs. « On s’est fait dire qu’on faisait des scènes et que ça n’avait pas d’allure. Ce n’est pas de notre faute. Ce n’était rien de super méchant, mais les gens ne comprenaient pas. Ils riaient dans notre face », explique la jeune femme de 17 ans. 

« En général, tout le monde porte le masque. Sinon, on leur dit qu’ils sont contre la loi et ils comprennent », résume-t-elle.