Marc Denault

Denault veut garder les référendums

Marc Denault souhaite que la Ville de Sherbrooke se dote d'une plus grande flexibilité par rapport au dépôt éventuel de la loi 122, qui viendra renforcer les pouvoirs des municipalités.
Le conseiller du district Montcalm proposera aux élus sherbrookois en comité plénier cette semaine d'étudier la possibilité d'adopter des amendements et des résolutions afin que Sherbrooke adapte la loi à sa réalité, quitte à s'engager à ne pas se prévaloir de certains droits.
À l'étude depuis le 9 février en commission parlementaire, à l'Assemblée nationale, le projet de loi vise à reconnaître les municipalités comme gouvernements de proximité et à leur accorder des pouvoirs supplémentaires et plus d'autonomie. Il prévoit notamment de supprimer l'obligation de soumettre à l'approbation référendaire toute modification aux règlements d'urbanisme qui s'appliquent dans une zone de requalification délimitée par la municipalité à des fins de densification, de réhabilitation ou de rénovation urbaine, ce qui préoccupe grandement l'élu municipal.
« Le conseil municipal pourra être souverain de ses décisions, tandis qu'actuellement, les gens ont droit à des consultations publiques, à un registre et à un référendum. On l'a vu dans plusieurs dossiers que ç'a été intéressant d'entendre les gens. À partir du moment qu'on promoteur doit se présenter en consultations publiques, il doit s'attarder à ce que les gens leur disent pour éviter d'aller ensuite en registre ou en référendum. D'éliminer ça, même si je ne pense pas qu'il y aurait nécessairement des malversations, n'est pas souhaitable. Il faut maintenir les procédures locales et à partir du moment qu'on a franchi toutes les étapes, là on sera souverain de notre décision. »
Ce dernier donne en exemple les berges de la rivière Magog, qui pourraient faire l'objet d'une requalification incontestable pour faire place à l'exploitation commerciale ou pour y dresser des immeubles à logements.
« Si on requalifiait ces zones, les berges de lac des Nations ou même le terrain du Club de golf de Sherbrooke, sans consulter les citoyens, comment pensez-vous qu'ils se sentiraient? Il faut que le conseil réfléchisse et identifie tout de suite à des zones comme celles-ci qu'il serait impossible de requalifier », plaide Marc Denault.
En revanche, il se dit heureux des prédispositions qui permettront aux municipalités de délimiter la vitesse dans leur rue sans passer par le ministère des Transports.
« Nous sommes beaucoup mieux placés ici pour déterminer ce qui est le plus sécuritaire pour nos citoyens qu'un fonctionnaire de Québec », indique-t-il.
Il ne s'inquiète pas outre mesure du montant maximal des contrats de gré à gré autorisé aux municipalités, qui passera de 25 000 $ à 100 000 $.
« Quand tu regardes aujourd'hui le 25 000 $ d'il y a vingt ans et que le budget de la municipalité fait tout près de 450 M$, on va être en mesure de mieux gérer nos achats et c'est tout à fait productif », croit Marc Denault.