Plusieurs ménages ont profité de ce long week-end allongé par la fête du Canada pour déménager samedi.

Déménagements: comment prévenir les conflits

Quelques textos entre propriétaire et locataires pourraient éviter bien des conflits en ce long week-end de déménagements, avance le président du Regroupement des propriétaires d’habitations locatives (RPHL), Martin Messier. Déjà, la tension a commencé à monter à Sherbrooke alors que plusieurs ménages peinent encore à se trouver un logement adéquat.

Parmi les problèmes récurrents de cette période : l’entremêlement parfois peu harmonieux des locataires sortants et des nouveaux arrivants. « En principe, le locataire doit avoir quitté le logement le 30 juin à minuit, mais personne ne fait de magie. C’est justement pour cela que l’on conseille aux propriétaires de contacter leurs locataires, dès le début du mois de juin, pour bien orchestrer la journée. À quelle heure le camion arrive-t-il ? Quand auront-ils libéré les lieux ? », note l’avocat.

La bonne foi est de mise pour toutes les parties, note-t-il. « On peut essayer de libérer une pièce pour permettre à ceux qui arrivent de commencer à décharger. Le truc c’est vraiment de planifier et de parler à tout le monde à l’avance, ça permet de prévenir énormément de conflits. »

Il arrive également que, bien que les locataires actuels aient fait parvenir une lettre de non-reconduction du bail à leur propriétaire, ces premiers refusent simplement de partir. « On note déjà cette année une recrudescence de ces cas, avec la situation dans laquelle on vit actuellement. Le taux d’inoccupation est très faible à Sherbrooke, soit 2,6 %. Des locataires téléphonent déjà pour dire qu’ils ne pourront pas partir le premier juillet. C’est comme un effet domino et ça amplifie la crise du logement. On s’attend à en voir beaucoup le premier juillet » commente Me Messier. 

Lorsque ce genre de situation survient, le RPHL tente de trouver des arrangements d’hébergement temporaire pour les personnes à qui l’entrée dans le logement est refusée. « Le temps de faire une demande à la Régie du logement, explique Me Messier. En général, c’est assez rapide. C’est triste, mais comme ça arrive beaucoup, la Régie se réserve toujours des journées d’audiences à cet effet en période de déménagement. »

Ne pas jeter les objets trouvés

Lorsqu’un logement est déserté, des biens laissés derrière peuvent cependant toujours occuper les lieux. S’il s’agit parfois de déchets, Me Messier souligne que la loi interdit de mettre à la poubelle tout bien de valeur laissé derrière. « Dans le cadre du déménagement, le locataire doit partir avec tous ses effets personnels, dit-il. Mais ce n’est pas toujours le cas. Le propriétaire va essayer de les contacter et de leur demander de venir récupérer ce qui a été laissé. Si ce sont des biens de valeur, il doit ensuite les entreposer et leur faire parvenir un avis de 60 jours pour passer les chercher. »

Il est donc important pour un nouveau locataire d’aviser son propriétaire s’il fait la découverte d’effets qui ne lui appartiennent pas dans son nouveau loyer.

Coordination gagnante 

Le propriétaire du nouveau logement de la Sherbrookoise Stéphanie Joly, qui emménageait sur la rue Brooks samedi, avait pour sa part pris tous les arrangements nécessaires pour lui faciliter la vie. Comblée, elle a partagé avoir vécu sa meilleure expérience de déménagement depuis plusieurs années. « Je n’ai pas eu cette chance avec mes deux anciens logements, partage Mme Joly. On avait le numéro de l’ancien locataire pour connaître quand il partirait. À 10 h ce matin, il avait libéré le logement. Le propriétaire est passé juste après pour s’assurer que tout était dans l’ordre et il a même bouché les trous dans les murs. C’était incroyablement propre. »