jasmine.rondeau@latribune.qc.ca Illustration(s) : Photo Spectre Média, Michelle Boulay Plus de 115 personnes perdront leur emploi au sein des Filles de la Charité du Sacré-Coeur de Jésus, conséquence du déménagement de la congrégation vers une résidence pour aînés à l'automne 2019

Déménagement des communautés religieuses: 155 postes seront supprimés

SHERBROOKE - Si les membres de trois communautés religieuses apprenaient la semaine dernière qu'ils seraient relocalisés dans une résidence pour aînés, 155 employés apprenaient du même coup que leurs postes seraient supprimés. Plongés dans l'incertitude, ces derniers pourront cependant tenter leur chance au sein du Groupe Lokia, le promoteur de la nouvelle demeure.

Actuellement, les Filles de la Charité du Sacré-Cœur de Jésus (FCSCJ) emploient un peu plus de 115 personnes, à temps plein et à temps partiel (infirmières, gardiens de sécurité, préposés aux bénéficiaires, personnel d'entretien). À la suite de l'annonce du déménagement, la congrégation a eu la lourde tâche d'annoncer à ses salariés qu'ils seraient sans emploi dès le 15 novembre 2019.

Lire aussi: Début des travaux pour le nouveau toit des communautés religieuses

Trois communautés religieuses sous un même toit

« Aujourd'hui, parce que nous vivons une décroissance constante et persistante, nous devons conclure que le maintien de nos services sous la forme actuelle ne convient plus à nos besoins. Pour cette raison, nous avons pris, à contrecœur, la décision de mettre fin aux activités du campus et par voie de conséquence, le licenciement des salariés occupant les postes nécessaires au fonctionnement des unités [au couvent actuel] », annonce l'avis de cessation d'emploi remis aux employés des FCSCJ et dont La Tribune a obtenu copie.

Chagriné, un membre anonyme du personnel a tenu à commenter la chose. « Ce que je trouve dommage, c'est qu'on nous dit qu'on aura la chance d'appliquer sur les postes de la nouvelle résidence, mais qu'il n'y a rien de garanti. On se fait montrer la porte, même après plusieurs années en poste », a confié cette personne en entrevue.


« Nous avons nos propres critères de sélection basés sur la philosophie du Groupe Lokia. »
Dr Guy Tremblay

En effet, le Groupe Lokia, le promoteur du nouveau projet immobilier, procédera lui-même à l'embauche du personnel qui travaillera auprès des résidents.

« Nous avons nos propres critères de sélection basés sur la philosophie du Groupe Lokia. Si on constate que les candidats correspondent à nos critères et qu'en plus, ils travaillaient déjà auprès des communautés qui emménagent, nous ferons bien évidemment mousser leur candidature », assure Dr Guy Tremblay, président du Groupe Lokia. 

Ce dernier ajoute que, par expérience, les employés des communautés religieuses possèdent généralement les compétences et les qualités recherchées.

Au total, entre 75 et 80 postes seront à combler, ce qui ne représente que la moitié du nombre de mises à pied causées par le déménagement des trois communautés religieuses.

Chez les sœurs Missionnaires de Notre-Dame des Anges (MNDA), ce sont une vingtaine de salariés qui devront trouver un nouveau travail. Chez les Missionnaires d'Afrique (Pères Blancs), le compte est identique.

Les employés compensés

Selon le document remis aux employés des FCSCJ, une prime de loyauté leur sera versée en fonction de leur ancienneté (de 750 $ à 1500 $). Si ceux-ci demeurent en poste jusqu'à la toute fin, ils pourront également toucher une prime de rétention représentant entre 2 et 3,5 semaines de salaire, toujours selon les années de service.

Chez les sœurs MNDA, tout comme chez les Pères Blancs, des compensations similaires seront offertes. Les primes sont fixées selon les recommandations d'avocats spécialisés en matière d'emploi.