Le bris d’une conduite d’eau du système de gicleurs au CHSLD Saint-Vincent a causé de lourds dommages et forcé l’évacuation de 26 résidents, en plus du déplacement de plusieurs services du Centre de jour du CIUSSS de l’Estrie–CHUS au sein du même bâtiment toutefois. Les travaux pourraient durer de six à huit semaines au moins.

Dégât d’eau monstre à St-Vincent

Le bris d’une conduite d’eau dans le système de gicleurs au quatrième étage du Complexe Saint-Vincent a causé de lourds dommages au CHSLD Saint-Vincent dans la nuit de lundi à mardi. Ce sont 26 résidents du CHSLD qui ont dû être évacués de leur chambre en pleine nuit et ils ne pourront pas réintégrer leur chambre avant plusieurs semaines. Le Complexe Saint-Vincent abrite aussi le Centre de jour du CIUSSS de l’Estrie-CHUS et le Centre de réadaptation de l’Estrie.

« Le système d’alarme s’est déclenché lors du bris de la conduite. C’était un gros tuyau, le débit était extrêmement fort. Rapidement, on a eu jusqu’à trois pouces d’eau sur le plancher du quatrième étage. L’eau coulait dans l’escalier, dans la cage d’ascenseur, partout où elle pouvait trouver une façon de s’infiltrer. Le bris a eu lieu au quatrième étage et il y a eu de l’eau jusqu’au sous-sol de l’édifice », souligne Mario Rhéaume, chef de service aux installations matérielles au CIUSSS de l’Estrie–CHUS.

Très vite, les résidents ont été mis en sécurité et du personnel du CIUSSS de l’Estrie–CHUS est arrivé en masse pour prêter main-forte, tout comme une dizaine de pompiers de deux casernes du Service de protection contre les incendies de la Ville de Sherbrooke.

« Les mesures d’urgence ont fonctionné de façon exceptionnelle », ajoute Caroline Gadoury, coordonnatrice de l’hébergement dans la zone est du CIUSSS de l’Estrie–CHUS.

« Encore aujourd’hui, on n’a même pas besoin de demander aux membres du personnel de rester : ils s’offrent d’eux-mêmes pour faire du temps supplémentaire. Le jour du bris, plusieurs sont rentrés à 5 h et ont quitté à 23 h le soir. Les gens voulaient vraiment être là pour aider. La solidarité a été exceptionnelle », se réjouit Mme Gadoury.

« Du jamais vu »

Très rapidement dès les premières heures de la nuit, toutes les directions du CIUSSS ont été mobilisées dans deux objectifs. D’abord, il fallait relocaliser tous les usagers de façon sécuritaire et dans des conditions de vie qui soient acceptables.
Ensuite, il était nécessaire d’arrêter les dommages, d’assécher l’eau dans les délais sécuritaires de 48 heures et d’entreprendre très vite les travaux de reconstruction, le tout sans causer de bris de service.

« En période de débordement, il nous est arrivé de devoir localiser un ou deux résidents de plus dans notre installation. Mais là, nous avions 26 résidents à relocaliser en même temps, c’était du jamais vu », ajoute Mme Gadoury.

« Nous avons décidé de garder tous les résidents à l’intérieur du CHSLD Saint-Vincent pour les sécuriser et pour garder les liens avec le personnel soignant. C’est apprécié des résidents et de leurs familles », mentionne Stéphanie Dubreuil, chef de service à l’hébergement au CHSLD Saint-Vincent, en ajoutant que les familles ont été jointes très vite après l’événement pour les mettre au courant.

Anxiété et stress

Les résidents d’une chambre double ont eu peur puisque c’est dans leur chambre que le déluge s’est d’abord déclenché comme un torrent tombant du plafond, ce qui a entraîné le départ du système d’alarme.

« Ces résidents ont été évacués de leur chambre avec leur lit très rapidement. Les autres résidents ont aussi été évacués très vite, mais c’était par mesure préventive et parce qu’il y avait de l’eau au sol. Ça s’est quand même bien passé, même s’il est certain qu’il y a eu des réactions d’anxiété et quelques crises », précise Stéphanie Dubreuil.

Une intervenante psychosociale a rapidement été rendue disponible pour assurer un suivi auprès des résidents qui ont été ébranlés. « La direction des ressources humaines a aussi accepté de nous allouer davantage de personnel de soins que normalement », souligne Caroline Gadoury.

Dès vendredi matin, un certain nombre de résidents seront installés dans des locaux réaménagés du Centre de jour, qui sera lui-même réaménagé au cours des prochains jours dans d’autres locaux du complexe. D’autres résidents se trouvent dans des salons ou des salles d’activités, qui ont été installés avec des rideaux, des paravents et des salles de désinfection comme dans une chambre régulière.

« Le Centre de jour a été fermé jeudi et vendredi, le temps de tout réaménager. Le Service d’aide à domicile a pris le relais pour les besoins urgents. Ce sera le seul bris de service que nous aurons eu dans tout ça », mentionne Caroline Gadoury, coordonnatrice de l’hébergement.

Enquête en cours pour connaître l’origine

Il est encore trop tôt pour dire combien coûtera le dégât d’eau au CHSLD Saint-Vincent et tous les aménagements qu’il suscitera. Les assureurs feront enquête pour déterminer la cause exacte de cette fuite d’une ampleur sans précédent dans les établissements du CIUSSS de l’Estrie–CHUS.

« Nous savons que c’est un gicleur qui a brisé, mais nous voulons savoir ce qui s’est passé exactement pour que ça cause autant de dommages. Ce n’est pas impossible que ce soit attribuable à la période des grands froids que nous avons connue, mais c’est sous enquête », soutient Mario Rhéaume, chef de service aux installations matérielles au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Chose certaine, les travaux prendont plusieurs semaines.

« On parle déjà de travaux qui pourraient s’échelonner sur six à huit semaines et on n’a pas encore fini de trouver jusqu’où l’eau s’est infiltrée », ajoute Mario Rhéaume.

Avec l’urgence de faire les travaux et de pouvoir rouvrir les unités d’hébergement, des entrepreneurs en construction privés se sont bien sûr joints aux équipes du CIUSSS de l’Estrie–CHUS.

« Nous avons fait des appels dans la nuit et les entrepreneurs étaient là à 8 h le matin », illustre M. Rhéaume.