L’UdeS prévoit un déficit de 16 M $ pour son budget 2020-2021, un déficit qu’elle explique par la situation exceptionnelle causée par la pandémie.
L’UdeS prévoit un déficit de 16 M $ pour son budget 2020-2021, un déficit qu’elle explique par la situation exceptionnelle causée par la pandémie.

Déficit record de 16 M $ à l’UdeS causé par la COVID

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
C’est du jamais vu à l’Université de Sherbrooke : l’institution prévoit un déficit de 16 M $ pour son budget 2020-2021, marqué à l’encre rouge par les impacts de la pandémie. La vice-rectrice à l’administration et au développement durable, Denyse Rémillard, rappelle le caractère exceptionnel de la situation.

Au départ, l’établissement avait estimé les impacts financiers entre 4,6 M $ et 21 M $. 

« La COVID est une situation exceptionnelle qui a amené des mesures exceptionnelles. Le budget a été fait avec une orientation visant à maximiser l’enseignement en présentiel. Il a été fait en donnant des marges de manœuvre aux directions, aux facultés et aux services pour déployer les campus et rencontrer les orientations qu’on s’était données », précise Mme Rémillard, qui est aussi rectrice adjointe.

Le printemps dernier, l’institution a notamment fait le choix d’ouvrir des salles de classe en plein air, en plus de louer différents espaces à l’extérieur du campus pour accueillir ses étudiants en présentiel le plus possible. 

« On a un déficit de 16 M $, mais on a un impact COVID de 18 M $. On n’est pas en dérive financière. Ce sont des investissements pour soutenir notre orientation. »  

« On s’est pratiqué à vivre avec la COVID », image Mme Rémillard. 

Pour la première fois depuis longtemps, l’institution prévoit une baisse de son effectif étudiant, qui s’explique en grande partie par la baisse des étudiants internationaux.

Elle prévoit des pertes de l’ordre de 3,5 M $ pour les services autofinancés. On pense aux stationnements qui se sont vidés, au Centre culturel ou encore au service des sports et de l’activité physique.

L’institution avait déposé un budget provisoire le printemps dernier, moment où elle avait annoncé qu’elle mettrait en place des mesures de redressement de l’ordre de 4 M $. 

Les universités avaient demandé au ministère de pouvoir déposer un budget provisoire en raison de la COVID et ensuite effectuer une mise à jour à l’automne. Elles devaient le faire au plus tard le 16 novembre.

Exceptionnellement cette année, le ministère de l’Enseignement supérieur a garanti un financement basé sur l’effectif étudiant de 2018-2019. 

« Nous on avait projeté de la croissance. Cela a eu un impact de 7 M $ par rapport à notre budget provisoire », note Mme Rémillard. L’UdeS s’attend à une baisse de l’effectif étudiant de 0,8 % par rapport à l’année dernière. 

Dans un document, l’établissement justifie le déficit par des pertes de financement et des dépenses nettes additionnelles reliées à la pandémie de l’ordre de 18 M $, dont 11 M $ qui pourront éventuellement être reconnus par le ministère à des fins de déficit. 

Dans ce contexte exceptionnel, peut-on lire, le MES a partiellement suspendu les exigences en lien avec la subvention conditionnelle pour l’année 2020-2021. L’UdeS pourra donc toucher quand même à cette subvention conditionnelle, qui est d’un peu plus de 29 M $. 

Comment l’UdeS compte récupérer ce déficit? « C’est certain qu’on n’aura pas le choix de le financer si on n’a pas de support du gouvernement. On ne sait pas encore s’il va compenser ou aider les universités à éponger leur déficit. Ce sont des choses que l’on ne connaît pas encore. »

L’établissement s’attend à un rehaussement du financement universitaire de l’ordre de 4,8 M $ pour 2020-2021. 

Québec donne aussi un coup de pouce financier spécifique de 3,4 M $ pour le soutien aux étudiants en raison de la crise sanitaire. L’UdeS est aussi allée chercher des enveloppes pour promouvoir la réussite en enseignement supérieur et pour créer des créneaux d’expertise, note Mme Rémillard.

Le budget prévoit des revenus de 436 M $ et des dépenses de 452 M $.

L’augmentation des octrois de recherche pour 2019-2020 est de 40,9 M$.