La Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke boucle son année financière 2018-2019 avec une déficit de 171 254 $.

Déficit de 171 000 $ à la CSRS

La Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke boucle son année financière 2018-2019 avec un déficit de 171 254 $.

Sur un budget de 275 millions $, cela revient pratiquement à parler d’équilibre budgétaire, se réjouissent le président de l’organisation, Gilles Normand, et son directeur général Christian Provencher.

« Après un déficit de 1,7 M$ en 2017 et d’environ 500 000 $ en 2018, c’est la démonstration que nos exercices de suivi budgétaire et la rigueur qu’on y met sont en train de se mettre en place. Après avoir passé une période vraiment difficile, on réussit enfin à créer ce mouvement-là de prendre l’argent nécessaire pour nos services aux élèves en gardant en bout de ligne l’équilibre dans nos dépenses et nos revenus », met en perspective M. Normand.

« L’objectif n’est pas de créer des surplus, l’objectif c’est d’utiliser tout l’argent qu’on génère à cause de notre clientèle pour la redistribuer en services de qualité à nos élèves dans tous nos établissements. L’objectif c’est d’arriver à zéro », renchérit M. Provencher.

« Quand on est en contrôle budgétaire, c’est plus facile de faire des choix et de planifier, continue-t-il. On est plus dans un esprit de développement et d’amélioration continue plutôt que dans un esprit de compressions budgétaires. »

Alors que quelque 80 % du budget de la CSRS va en salaires conventionnés et qu’un autre 10 à 15 % est assigné à des investissements, on comprend facilement que la marge de manœuvre de l’organisation n’est pas très grande.

« Un déficit de 2 M$ sur un budget de 275 M$, ce n’est pas si énorme, mais quand il faut récupérer cette somme l’année suivante, ça fait plus mal », illustre M. Provencher.

« Notre priorité »

Ces états financiers étaient adoptés mardi soir en séance ordinaire du conseil des commissaires, en même temps qu’on adoptait une résolution pour s’opposer au projet de loi 40 visant à remplacer les commissions scolaires par des centres de services et à donner plus de pouvoirs décisionnels aux directions d’écoles et aux parents.

Le directeur général ne s’avance pas sur l’impact appréhendé de cet engagement du gouvernement Legault.

« Projet de loi ou pas, qu’il soit adopté ou pas dans le modèle présenté, demain matin les élèves seront au rendez-vous. (...) C’est notre priorité et c’est pour eux qu’il faut prendre nos décisions pour s’assurer qu’on met en place les meilleurs services », dit-il.

Gilles Normand se fait pour sa part plus incisif, rappelant que le conseil des commissaires est déjà constitué majoritairement de parents et qu’il permet à la CSRS d’être bien branché sur son milieu.

Pointant un bilan financier presque en équilibre, conjugué avec un taux de décrochage en baisse et un taux de diplomation en avance de deux ans sur les cibles ministérielles, il défend avec vigueur son organisation. « Et on nous dit que le travail n’est pas fait comme il faut? (...) Alors que dans le projet de loi, ce n’est pas clair du tout s’il y a encore quelque chose qui va donner autant de représentativité. Et puis pourquoi est-ce que ça doit aller aussi vite? On n’est qu’à l’an Un d’un mandat de quatre ans. À mon avis, il faudrait plutôt mettre en place une grande réflexion collective sur ce qu’on veut pour notre école publique. »

Dans les autres commissions scolaires de l’Estrie, notons enfin que celle des Hauts-Cantons a terminé l’année 2018-2019 avec un déficit de 370 123 $, alors que des Sommets et Eastern Townships ont déposé des excédents respectifs de 293 343 $ et de 78 162 $.