L’ouverture du Strom Spa de Sherbrooke à l’utilisation des cellulaires fait réagir la clientèle de l’entreprise.
L’ouverture du Strom Spa de Sherbrooke à l’utilisation des cellulaires fait réagir la clientèle de l’entreprise.

Déconnecter avec son cellulaire... au spa ?

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
L’ouverture du Strom Spa de Sherbrooke à l’utilisation des cellulaires fait réagir la clientèle de l’entreprise. Alors que des clients le voyaient comme l’un des derniers lieux où l’on peut déconnecter, certains y voient une contradiction avec la philosophie de l’entreprise.

« Je l’ai découvert le week-end dernier. On a remarqué que ça avait décuplé (les gens qui utilisent leur cellulaire). Il y avait souvent des gens qui en avaient avec eux même si on n’avait pas le droit », raconte Erik Beck, un abonné du Strom Spa à Sherbrooke. Il a appris en parlant avec une employée que l’utilisation serait désormais permise, mais avec certaines restrictions. Érik Beck n’a pas apprécié voir un homme utiliser Skype à proximité (une application permettant d’avoir des conversations avec des gens partout sur la planète). « J’ai averti quelqu’un qui filmait. Même si on donnait des restrictions, on a vu toute la différence. Dimanche dernier, c’était n’importe quoi... » 

Le Sherbrookois insiste : son objectif n’est pas de dénigrer publiquement le Strom, qu’il affectionne comme endroit et où le personnel est courtois, dit-il. Il est cependant déçu de sa nouvelle approche et se demande si le commerce a cédé aux pressions de la clientèle. 

« C’est paradoxal : ils vont à l’encontre de ce qu’ils prônent (...) Je travaille dans le domaine du numérique. Je suis branché toute la journée. Si je vais là, c’est pour décrocher », dit-il en soulignant que cette nouvelle façon de faire survient alors que la société s’interroge de plus en plus sur l’omniprésence des écrans. « Regardez-vous deux minutes dans le miroir et dites-moi honnêtement que votre décision est en parfaite harmonie avec votre philosophie que vous mettez de l’avant dans vos stratégies de marketing? Navrant, vraiment... » a notamment écrit M. Beck sur une publication Facebook, en s’adressant à la direction du spa.

Plusieurs personnes ont commenté la publication et ont abondé dans le même sens. 

« Je suis allé à Québec en janvier. C’était merveilleux. Je peux pas croire que je pourrais aller relaxer là-bas avec des téléphones partout. Je vais me renseigner avant de réserver les prochaines fois s’il y a des téléphones », pouvait-on lire. Un autre a fait valoir qu’il ne renouvellerait pas son abonnement. 

Pourquoi avoir changé la politique? 

« La philosophie a toujours été la même. On encourage les gens à décrocher. On invite les gens à laisser leur cellulaire dans les casiers. On s’est rendu compte qu’il y a des gens pour qui ça les stresse de ne pas pouvoir avoir leur téléphone. Certains lisent des articles, consultent une application de méditation, attendent un appel important... On recevait des commentaires des deux côtés de la médaille », commente la vice-présidente des ventes marketing et communication au Strom, Émilie Morasse. Elle ajoute que les appareils sont tolérés dans les zones de détente et le restaurant, mais pas dans les bains. « Évidemment, parler au téléphone est interdit », note Mme Morasse, en soulignant que du personnel s’assure de faire respecter les règles.

Elle note que l’entreprise a toujours eu des « politiques assez flexibles, à la discrétion des quatre directeurs généraux des quatre Strom ». Cependant, avec la croissance du spa, l’entreprise planche sur des politiques communes, précise Mme Morasse. L’entreprise constate que plusieurs clients veulent prendre des photos en souvenir, notamment à Québec, où plusieurs viennent de l’international. « À l’ère des médias sociaux, d’Instagram, prendre une photo ça fait partie de l’expérience. » « On s’est dit qu’on allait tolérer, qu’on allait encadrer. On peut toujours s’ajuster. »

Selon elle, permettre l’utilisation des appareils est assez répandue au sein de cette industrie.