Dès lundi, les campings, les hébergements touristiques, les marinas et les pourvoiries pourront recommencer leurs activités en Estrie.
Dès lundi, les campings, les hébergements touristiques, les marinas et les pourvoiries pourront recommencer leurs activités en Estrie.

Déconfinement touristique dans les campings: «C’est la folie!»

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
La Tribune
Grand soulagement pour les propriétaires de campings et d’hébergements touristiques de l’Estrie, qui pourront recommencer leurs activités dès lundi. Un sentiment partagé par un grand nombre de vacanciers, qui se sont empressés de réserver leur séjour dès qu’ils ont appris la nouvelle.

Des vacanciers qui ont réussi à réserver leur séjour au Parc national de Frontenac ont rapporté une attente d’une heure en ligne pour accéder à la plateforme transactionnelle des Sépaq, mercredi, quelques minutes après l’annonce de la ministre du Tourisme. 

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Camping et Cirque du Soleil: du petit et du grand déconfinement

Au Camping Plage McKenzie, le téléphone ne dérougit pas depuis mardi, alors que l’annonce du déconfinement d’une partie du secteur touristique avait fuité dans les médias.

« C’est la folie! Les gens avaient extrêmement hâte, même beaucoup d’impatience! » témoigne Geneviève Goulet, gestionnaire dans ce camping de Racine.

Le coup a été grand pour l’entreprise, qui a vu sa saison amputée de 25 %. « Mais on va prendre le 75 % qu’il reste! On fait notre gros possible, le délai est un peu court. On était déjà un peu prêts, mais il reste quelques détails flous à nous donner, je trouve. On finalisera le reste en cours d’ouverture », commente Mme Goulet.  

Les campeurs saisonniers, qui représentent 75 % de la clientèle de ce terrain camping, pourront ainsi finalement regagner leur résidence secondaire lundi. La cinquantaine de sites voyageurs pourra également être occupée dès cette date.  

Au Vertendre, une entreprise d’Eastman offrant la location de 35 refuges et chalets en nature, les réservations se font également nombreuses depuis deux semaines, puisque l’entreprise avait rouvert ses plages horaires dans un vent d’optimisme. Alain Chagnon, le président, ne se réjouit pas trop vite : de nombreuses demandes de remboursement ont également dû être traitées, sans compter l’équivalent de 300 000 $ de ventes perdues depuis le début du confinement. 

Mais même si la demande se fait sentir, les défis seront nombreux pour les entreprises comme celles-ci cet été, avec une obligation de laisser s’écouler 24 heures entre les locations de chalets de cinq personnes et plus, et la limite d’une cellule familiale par hébergement. « Les grands chalets à 10 ou 14 personnes seront sûrement plus difficiles à louer. On a beaucoup de demandes pour de la location à long terme, peut-être qu’on en fera un peu plus au mois pour essayer de limiter les dépenses. On a besoin de plus d’employés pour appliquer les mesures, et on doit mettre trois fois plus de temps pour nettoyer. En gros, on a besoin de plus d’employés, mais on a moins de ventes », résume M. Chagnon, qui se dit tout de même prêt à accueillir des invités dès lundi. 

Ni M. Chagnon ni Mme Goulet ne se montrent inquiets quant à la visite d’habitants de la Communauté métropolitaine de Montréal dans leurs établissements, qui comptent habituellement parmi leur clientèle. 

Francine Patenaude, directrice générale de Tourisme Cantons-de-l’Est

« Une expérience différente » 

Comme pour bon nombre de secteurs qui sont déjà passés par le déconfinement, on ne pourra pas s’attendre à un retour du tourisme tout à fait à la normale.

« Ce sera une expérience différente, c’est certain, on n’a qu’à aller à l’épicerie pour s’en rendre compte », exprime Francine Patenaude, directrice générale de Tourisme Cantons-de-l’Est, qui affirme la nouvelle de mercredi étant grandement attendue, mais que l’impatience se fait toujours sentir pour certaines entreprises touristiques. 

Néanmoins, les possibilités sont grandes pour ceux qui veulent visiter la région cet été, fait-elle remarquer. « Il y a quand même toute la partie plein air qui est ouverte actuellement. Il y a la randonnée, et tout ce qui concerne le vélo est ouvert. Puis, on a également des expériences qui sont des routes signalisées thématiques, comme la Route des vins, la Route des sommets ou le circuit historique. C’est déjà une richesse pour la région. On peut faire le roadtrip et, par exemple, arrêter au restaurant prendre sa boîte à lunch, puis aller la manger dans un parc. »

La majorité des touristes dans les Cantons-de-l’Est proviennent habituellement de la région du Grand Montréal, de la Montérégie, ou de la Ville de Québec, tandis que 15 à 20 % sont de l’extérieur de la province. Même si les déplacements entre régions ne sont pas « interdits », comme l’a souligné la ministre du Tourisme Caroline Proulx lors de son point de presse, Tourisme Cantons-de-l’Est prévoit diriger ses efforts de séduction vers la population locale pour les prochains mois. 

« On veut inciter les gens à redécouvrir leur région, et qu’on devienne d’excellents ambassadeurs pour l’an prochain », affirme Mme Patenaude.  

Les entreprises travaillent déjà depuis quelques semaines avec le guide sanitaire conçu spécialement pour leur relance, et se montrent prêtes à affronter ce moment « test », dit-elle, faisant remarquer qu’il est de la responsabilité sociale de chacun, touriste ou entrepreneur, de faire en sorte que l’expérience demeure sécuritaire.