Euchariste Paulhus a été directeur de l’Institut Val-du-Lac de 1953 à 1963.

Décès d'un pionnier de la psychoéducation

Pionnier de la psychoéducation au Québec, monseigneur Euchariste Paulhus s’est éteint à l’âge de 94 ans le 15 juin. Directeur de l’Institut Val-du-Lac de 1953 à 1963, il a amorcé une carrière universitaire en 1957 et a fondé le premier programme de formation pour les enfants et les adolescents en difficulté d’adaptation à l’Université de Sherbrooke.

« Euchariste Paulhus s’est occupé presque toute sa vie des jeunes handicapés ou en difficulté. D’ailleurs, il écrivait à la main environ 2000 lettres par année à des jeunes qu’il avait rencontrés à travers le monde. Juste pour prendre des nouvelles et entretenir le lien. Il a fait la différence dans la vie de plusieurs », explique Jules Hébert, précisant que le travail en psychopédagogie de Mgr Paulhus a commencé en 1951 à la Société de réhabilitation de Sherbrooke.  

« C’est Euchariste qui a dit qu’on ne devait pas se contenter d’accueillir et de garder les jeunes orphelins qui arrivaient à la Société de réhabilitation. Il a fait en sorte qu’on les prépare également pour l’avenir. Et pour ce faire, il a décidé de former des éducateurs », ajoute le psychoéducateur Jean Gosselin.

« Sa chambre était tapissée de photos de jeunes rencontrés au cours de sa carrière », enchaîne le psychoéducateur Georges O’Neil.

« Il a baptisé ma fille et quand cette dernière avait 19 ans, elle a vécu des moments difficiles. Euchariste lui a offert d’aller faire du bénévolat au Brésil et ça l’a remise debout. C’était ce genre d’homme. Un héros pour moi », raconte avec émotion M. Gosselin.

Ordonné prêtre en 1949, Euchariste Paulhus a ensuite entrepris des études en psychologie appliquée à l’éducation et un doctorat en pédagogie des facultés catholiques de Lyon, en France. Responsable de la formation des psychoéducateurs à l’UdeS (1960-66), Mgr a été vice-doyen à la faculté des sciences de l’éducation (1961-68). Il a aussi été président du Conseil du Québec de l’enfance exceptionnelle (1966-68).

Sur la scène internationale, il participa à la Commission médico-pédagogique et psycho-sociale (MPPS) du Bureau international catholique de l’enfance (BICE) et il fut membre de la représentation permanente du BICE auprès de l’UNESCO (1972-80).

« Il était fréquemment invité comme personne-ressource dans de nombreux pays comme l’Inde, l’Argentine, le Mexique, Madagascar, l’Espagne, la France, la Suisse, la Colombie. Il était très connu à l’international. Peut-être moins ici », note M. Hébert, ajoutant que Mgr Paulhus a écrit des articles pour plusieurs revues spécialisées et qu’il est l’auteur de plusieurs livres, dont Enfants à risque, publié à Paris, et traduit en espagnol.

« Il était un homme simple et humble. Et il nous impressionnait beaucoup parce qu’il passait beaucoup de temps à l’étranger. On a eu des discussions sérieuses, il était très intéressant », souligne le père Gervais Giguère qui a habité avec Mgr Paulhus à la maison des missionnaires de Mariannhill.

« C’était un homme qui fonctionnait bien en tête-à-tête avec les jeunes », mentionne le psychoéducateur René Bergeron, ami de longue date.

L’Université de Sherbrooke lui décernait le titre de professeur émérite en 1996, en reconnaissance de tout le travail qu’il a accompli pour la rééducation des enfants et des adolescents en difficulté d’adaptation. De plus, en 1997, l’Association des diplômés de l’UdeS l’honorait du titre de Bâtisseur de l’Université. En plus, il fut animateur de professions de foi auprès de plus de 1700 jeunes depuis 1958.