Pierre Saint-Jacques avait entamé sa carrière à La Tribune en mai 1973

Décès d'un journaliste à la plume exceptionnelle

Un journaliste qui a marqué Sherbrooke par sa plume d’exception pendant plus de trois décennies s’est éteint à l’âge de 71 ans.

Pierre Saint-Jacques avait entamé sa carrière à La Tribune en mai 1973, alors que les locaux étaient situés sur la rue Dufferin au centre-ville de Sherbrooke.

Il a signé son dernier texte dans le cahier souvenir du 100e anniversaire de La Tribune en 2010.

« Il a été mon voisin de bureau pendant toute ma carrière. Ce n’était pas le plus bruyant, mais l’un des plus, sinon le plus talentueux journaliste que j’ai côtoyé », soutient le chroniqueur Mario Goupil.

Selon lui, Pierre Saint-Jacques avait une façon d’écrire la nouvelle qui le plaçait dans une classe à part.

Le 1er avril était d’ailleurs une façon de s’amuser, alors qu’il a pris quelques libertés avec l’actualité en faisant descendre le légendaire Memphré jusqu’à l’usine d’épuration de Sherbrooke ou façonné la légende de monstre du lac Aylmer capté par un photographe de La Tribune.

« Il signait des billets sous le pseudonyme de Coquille. Ces textes étaient des bijoux. On le dégustait tous les jours », signale le journaliste retraité.

Mario Goupil se rappelle que Pierre Saint-Jacques faisait les choses à sa façon. Attitré aux affaires policières, puis aux affaires judiciaires Pierre Saint-Jacques effectuait chaque matin la tournée des corps de police municipaux, de la Sûreté du Québec et des casernes de pompiers de Sherbrooke.

« Il aimait aborder l’aspect humain des faits divers. Selon moi, il aurait pu pousser davantage son talent. C’est un grand journaliste qui s’est effacé trop vite. Il ne voulait pas se faire connaître ou être à l’avant-plan », souligne Mario Goupil.

Porte-parole à la Sûreté du Québec dans les années 90, Tom McConnell côtoyait au quotidien Pierre Saint-Jacques.

« C’était le seul journaliste à qui je faisais confiance à 114 pour cent. Il était présent dans mon bureau vers 8 h 15. Il avait accès à tous les dossiers. Il était intègre et comprenait les opérations policières », se souvient Tom McConnell.

Tout comme Mario Goupil, Tom McConnell est resté marqué par le talent de Pierre Saint-Jacques.

« Il pouvait décrire sur une demi-page, un événement qui avait duré trois minutes. Il avait une plume extraordinaire. C’était un journaliste d’exception », signale le policier retraité de la Sûreté du Québec.

Pierre Saint-Jacques est décédé le 22 janvier dernier entouré de ses proches à la Maison Aube-Lumière.