Le Dr Huy-Hao Dao  était professeur adjoint à la faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) de l’Université de Sherbrooke et enseignait au campus de Longueuil, mais aussi à Sherbrooke.
Le Dr Huy-Hao Dao  était professeur adjoint à la faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) de l’Université de Sherbrooke et enseignait au campus de Longueuil, mais aussi à Sherbrooke.

Décès du Dr Dao, un médecin humble… et admiré

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Sherbrooke — Le Dr Huy-Hao Dao était un médecin extrêmement dévoué, qui démontrait un grand souci pour les personnes vulnérables et les exclus. En dépit de sa grande expertise et de ses connaissances, il était à la fois très humble et très discret. « Il pensait très peu à lui. »

C’est ainsi que le décrit son collègue et ami, David-Martin Milot, médecin spécialiste en santé publique et en médecine préventive à la Direction de la santé publique de la Montérégie. M. Milot est aussi professeur adjoint à la faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) de l’Université de Sherbrooke, comme l’était aussi le Dr Dao. Les deux professeurs enseignaient ensemble au campus de Longueuil, mais aussi à Sherbrooke, et covoituraient parfois pour s’y rendre. Ils se connaissent depuis environ sept ans. Dr Milot a accepté de parler du Dr Dao à La Tribune pour lui rendre hommage, sans s’attarder à la cause du décès. Dr Dao est le premier travailleur de la santé décédé de la COVID-19 au Québec.

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« Les personnes les plus vulnérables, les exclus, il voulait voir comment les intégrer, leur donner de l’empowerment. Il avait un souci de justice sociale. » Le Dr Dao s’est démarqué en obtenant une bourse des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) avec un projet de détection des opioïdes, afin de « prévenir les surdoses chez les personnes qui consomment seules à la maison », selon un document des IRSC.

 « On avait une passion commune, la toxicomanie », dit-il en rappelant, encore une fois, la préoccupation de son ami envers les gens plus vulnérables. 

Dr Milot souligne l’admiration pour son collègue. « Il se tenait à jour même sur les dossiers où il n’était pas mobilisé. Il était extrêmement curieux et très savant. » Ainsi, raconte-t-il un sourire dans la voix, Dr Dao pouvait arriver dans son bureau bien au fait de nouvelles informations dans des dossiers sur lesquels le Dr Milot travaillait… mais pas lui. 

Dr Milot est l’un des cofondateurs de Jeunes médecins pour la santé publique, une organisation qui a dénoncé les coupes dans ce secteur en 2015. « Dès le départ, il n’a pas été cofondateur : il était dans l’ombre. Il écrivait des lettres ouvertes, il regardait des vidéos, pour voir comment il pouvait faire comprendre l’importance de la santé publique. » 

Dr Dao était spécialisé dans le secteur de la santé environnementale; il s’est penché sur de grands dossiers comme la contamination au plomb. Il s’intéressait à la promotion de la santé. Ses intérêts étaient multiples.

« C’est une grande perte d’un point de vue académique et humanitaire », souligne Dr Milot en ajoutant également que l’homme était tout aussi dévoué comme professeur.