Un site de soins non traditionnels a dû être ouvert dans le département de psychiatrie de l’Hôtel-Dieu afin de répondre à la demande de la population. Une salle de réunion a été reconvertie en unité de débordement de six lits.

Débordement sans précédent à l’urgence psychiatrique

L’urgence psychiatrique de l’Hôtel-Dieu connait un achalandage sans précédent depuis une semaine, si bien que la direction du département de psychiatrie a dû ouvrir une unité de débordement de six lits supplémentaires sur un site de soins non traditionnels. « C’est du jamais-vu », soutient Annie Masson, coordonnatrice des services intra-hospitaliers en santé mentale et dépendance au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Le département de psychiatrie compte 105 lits et l’urgence psychiatrique peut, quant à elle, recevoir de 15 à 18 patients au maximum, selon leur état. « Pour l’instant, nous avons 16 lits de débordements ouverts en plus », soutient Mme Masson.

Car en plus de la nouvelle unité de débordement, on trouve aussi des lits de débordement sur chacun des étages.

« Ces lits de débordement sont en fait des salles d’isolement, que l’on utilise comme des chambres. Ces salles font partie des outils de travail de notre personnel », explique Mme Masson.

Ces salles sont en effet utilisées pour contrôler de façon sécuritaire des patients qui sont en crise et qui pourraient être violents envers eux-mêmes, le personnel ou d’autres patients.

« Malheureusement, depuis quelque temps, ces salles d’isolement sont souvent utilisées comme lits de débordement. On sait que l’on brime nos employés, que ça les prive d’un outil de travail », explique-t-elle.

Une salle de réunion convertie en chambre

C’est une salle de réunion qui a été reconvertie en unité de débordement, là où on peut recevoir six patients et un poste infirmier. Un espace de vie avec quelques tables a aussi été aménagé dans l’unité de débordement pour que les usagers puissent manger ailleurs que dans leur lit.

« Quand nous sommes allés voir avec les services techniques si c’était faisable de reconvertir cette salle en unité de débordement, les équipes sont aussi venues avec nous pour voir si ça répondait à leur standard, pour que ce soit à la fois sécuritaire pour nos employés et pour nos usagers », précise Annie Masson.

« La gestion des lits se fait presque d’heure en heure. Mon objectif est de fermer l’unité de débordement le plus rapidement possible », dit-elle.

Comme c’est toujours le cas quand des lits de débordement sont ouverts, le personnel est encore plus sollicité qu’à l’habitude. « Oui, nous avons du temps supplémentaire et du temps supplémentaire obligatoire, mais j’ai la chance de compter sur une équipe mobilisée et dédiée », soutient-elle.

Mobilisés à tel point que les équipes de jour ont commencé, le matin, à se faire des formations entre eux. Ils font des mises en situation pour savoir comment agir en cas de crise. « Ç’a comme impact que ça sécurise les équipes lorsqu’il y a des interventions physiques qui doivent être faites. C’est une solution qui a émergé du milieu », ajoute Mme Masson.

Pression à Granby aussi

Le département de psychiatrie de l’Hôpital de Granby vit aussi beaucoup de pression et fait aussi l’objet d’un suivi serré du côté de ses lits.

« À Granby, il n’y a pas d’urgence psychiatrique comme à l’Hôtel-Dieu; les patients sont hospitalisés à même l’urgence générale. Ce qui rend la situation plus compliquée, c’est qu’il n’y a que deux lits de débordement disponibles dans le département », précise Annie Masson.

Il n’a pas encore été nécessaire d’ouvrir un site de soins non traditionnels pour accueillir des patients.