Guillaume Rousseau, du Parti québécois, Geneviève Hébert de la Coalition avenir Québec, Christine Labrie de Québec solidaire, Mathieu Morin du Parti vert et Annie Godbout du Parti libéral ont participé à un débat électoral portant sur la santé, l’éducation et l’environnement jeudi en début d’après-midi.

Débat électoral au cégep : l'environnement à l'avant-plan

Plutôt tranquille jusque-là, le débat électoral organisé par le Cégep de Sherbrooke et son association étudiante a véritablement levé lorsque la question de l’environnement a été abordée. C’était l’enjeu le plus attendu par les quelque 400 spectateurs, en grande majorité des étudiants, présents jeudi à la salle Alfred Desrochers.

Guillaume Rousseau, du Parti québécois, Geneviève Hébert de la Coalition avenir Québec, Christine Labrie de Québec solidaire, Mathieu Morin du Parti vert et Annie Godbout du Parti libéral avait répondu à l’appel des organisateurs.

Mme Labrie a démarré les hostilités lorsqu’il a été question d’environnement en écorchant le PQ, la CAQ et le PLQ, ce qui lui a valu les applaudissements les plus soutenus du débat.

« On est en campagne depuis deux semaines et on est pratiquement les seuls à en parler, souligne la candidate de Québec solidaire. Le PQ s’est mouillé timidement. La CAQ et le PLQ ont des discours bien touchants, mais n’ont rien proposé d’assez audacieux pour faire face à la crise environnementale. Les belles paroles durent depuis trop longtemps. On est le seul parti qui est arrivé au 21e siècle et qui a compris qu’on doit s’attaquer de front à la crise environnementale. Avec Québec solidaire, c’est fini le pétrole et les hydrocarbures au Québec. On veut interdire la vente de véhicules à essence dès 2030. On veut aussi investir massivement dans le transport en commun en particulier dans une ville comme Sherbrooke ou l’offre est déficiente. »

Guillaume Rousseau, dont la fougue lui a valu plusieurs applaudissements nourris ainsi que des avertissements des modérateurs, a délaissé ses cibles préférées de l’après-midi, la CAQ et le PLQ, pour répondre directement à Mme Labrie.

« La sortie du pétrole, c’est un enjeu complexe, soutient-il. C’est trop facile de dire que dans tant d’années, c’est terminé. Il y a des pères et des mères de famille qui travaillent dans les usines de raffinement. Il faut s’asseoir avec ces gens-là. On ne peut pas faire ça par décret gouvernemental en décidant que c’est terminé à telle date. Il faut un plan sérieux avec des fonds de diversification économique. »

Dans l’action

Annie Godbout, qui a eu droit aux applaudissements les plus timides de l’après-midi, a également tenu à répondre directement à la flèche lancée par la candidate de Québec solidaire.

« Je suis surprise d’entendre les propos de ma collègue, a répliqué Annie Godbout. Le Parti libéral est déjà dans l’action par rapport à l’environnement. Nous avons lancé un ensemble de nouvelles politiques comme notre nouvelle stratégie de l’eau ou celle sur le développement durable. Il faut dire les vraies affaires. Mon petit côté de conseillère municipale embarque aussi, mais il faudrait travailler de façon plus serrée avec les municipalités. Les citoyens doivent adopter de nouveaux comportements. »

Quelque 400 spectateurs, en grande majorité des étudiants, étaient présents à la salle Alfred Desrochers jeudi.

Geneviève Hébert de la CAQ s’est tenue à l’écart des autres candidats pour la question de l’environnement en énonçant les principaux engagements de son parti.

« On doit rendre transparente la gouvernance du fonds vert, a-t-elle plaidé. On veut favoriser le transport par bateau, par train et le transport en commun. On veut plus de véhicules électriques. On a même pris un engagement ici à Sherbrooke de décontaminer les sols du centre-ville. Imaginons aussi si les entreprises voient des opportunités d’affaires dans la réduction des gaz à effets de serre, c’est tout le Québec qui serait gagnant. »

Mathieu Morin du Parti vert a finalement poussé la réflexion sur les automobiles électriques un peu plus loin. Il a d’ailleurs été chaleureusement applaudi à plusieurs reprises.

« Il ne suffit pas de prendre tous les véhicules à essence et de les remplacer par des véhicules électriques, résume-t-il. Ces dernières génèrent quand même une pollution assez importante notamment pour la conception des batteries. Le vrai problème dans le transport est l’utilisation solitaire des véhicules. On suggère entre autres la gratuité du transport en commun pour faire face à ce problème. »

Mathieu Morin a également énuméré la longue liste d’engagements en matière d’environnement de son parti dont notamment de lutter contre l’obsolescence programmée, de bannir les bouteilles d’eau et les sacs de plastique et de rendre obligatoire le compostage.