Les chefs Françoise David, François Legault, Pauline Marois et Philippe Couillard ont débattu jeudi soir.

Débat des chefs: quatre Estriens, quatre visions

Le débat électoral présenté jeudi soir sur les ondes de Radio-Canada aura eu le mérite d'accrocher l'intérêt des électeurs et de les informer. Mais qui en est sorti gagnant? Quel chef a perdu le plus de plumes? Quel a été le fait saillant de cet événement incontournable? La parole est offerte à quatre Estriens sans parti pris.
<p>Benoît Huberdeau</p>
Aux yeux de Lionel Lafrance, un retraité bien impliqué auprès de la FADOQ, la coporte-parole de Québec solidaire a clairement gagné plus de points que ses adversaires.
« C'est la seule qui apportait une touche d'humanité. Elle est suivie de Pauline Marois qui s'est bien défendue et ensuite du chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, qui a été pertinent et qui a bien répondu aux questions. »
Selon Benoît Huberdeau, coordonnateur de stages à l'Université de Sherbrooke, les quatre chefs ont bien su tirer leur épingle du jeu.
« Les quatre ont des raisons d'être satisfaits. Il n'y a pas eu de gagnants évidents »,
croit-il.
<p> Tery-Tanya Espin</p>
L'étudiante en psychologie à l'UdeS Raphaëlle Champoux-Couture n'est pas du même avis:
« Les grands gagnants ont été Françoise David par son calme et François Legault, qui a vraiment su me déconcerter durant le débat. »
Mère de deux enfants et étudiante en communication, Tery-Tanya Espin donne quant à elle la victoire à  François Legault.
« Il s'est montré plus clair et accessible pour l'auditeur moyen. Mais au lieu de vanter son parti, il a souvent dénigré les autres. Après Legault, je crois que Philippe Couillard a su gagner quelques votes par sa façon d'agir.»
<p>Raphaëlle Champoux-Couture</p>
Le perdant de la soirée
S'il demeure difficile de gagner une élection grâce au débat, l'histoire a prouvé qu'il est toutefois possible de la perdre lors de cette tradition électorale.
Selon les quatre téléspectateurs de la région, qui a raté davantage sa sortie?
« Pauline Marois, répond Raphaëlle Champoux-Couture. Elle avait une gestuelle de marionnette. »
« Le vrai perdant est le parti de l'Option nationale. Son absence au débat est regrettable. Il aurait dû être invité! »
considère Benoît Huberdeau.
« Le chef libéral était trop axé sur l'emploi et le référendum. Il a raté l'occasion d'aborder d'autres enjeux », pense Lionel Lafrance.
« Mme David n'a pas été très agressive. Elle avait pourtant tout à gagner et aurait dû foncer davantage », affirme Tery-Tanya Espin.
Le fait saillant
Décidément, tous sont d'accord pour dire que la question référendaire aura été le fait saillant du débat électoral 2014.
« La déclaration de la chef du Parti québécois a coupé l'herbe sous le pied des autres chefs, avance M. Huberdeau. Dire qu'il n'y aura pas de référendum durant le mandat de quatre ans tant que les Québécois ne seront pas prêts, c'était une bonne stratégie. »
La position sur l'intégrité des chefs a aussi attiré l'attention.
<p>Lionel Lafrance</p>
Surprises et déceptions
La qualité du spectacle et la pertinence des discussions ont finalement surpris les quatre auditeurs Estriens jeudi soir.
« Les discussions étaient franches, mais comme d'habitude, il y a eu plusieurs interruptions », constate M. Lafrance, déçu que le sujet des aînés n'ait presque pas été abordé.
« C'était un peu cacophonique, mais personne ne s'est crié de noms ou de bêtises. J'ai surtout été surprise par le fait que la venue de Pierre-Karl Péladeau n'ait pas pris plus de place dans le débat », souligne Mme Champoux-Couture.
« Mes attentes étaient basses, mais j'ai été agréablement surpris par la formule, admet M. Huberdeau. J'ai été accroché par le débat. M. Couillard s'est souvent fait ramener à l'ordre. Mais on n'a pas parlé de lutte contre la pauvreté. C'est décevant... »