Bruno Vachon (CAQ), Luc Fortin (PLQ), Guillaume Rousseau (PQ) et Christine Labrie (QS) ont débattu devant environ 120 personnes, mardi soir, au Théâtre Granada.

Débat dans Sherbrooke : Fortin passe à l'attaque

Luc Fortin a sorti une performance digne de mention, mardi, lors du débat des candidats de la circonscription de Sherbrooke, organisé par la Chambre de commerce de Sherbrooke. Devant un peu plus d’une centaine de personnes au Granada, Fortin a tiré sur tout ce qui bougeait, rossant à quelques reprises son adversaire de la Coalition avenir Québec Bruno Vachon.

M. Vachon a semblé à l’aise au début du débat, rappelant aux entrepreneurs dans la salle qu’il était également commerçant et qu’il connaissait la réalité du milieu, Luc Fortin, du Parti libéral du Québec, n’a pas mis trop de temps à l’ébranler, y allant d’attaques ciblées.

Abordant la question du prix de l’essence à Sherbrooke et de la taxe sur l’essence demandée par M. Vachon et son ancienne organisation, la Société de transport de Sherbrooke, le ministre sortant a rappelé le changement d’idées du candidat caquiste. En effet, la CAQ refuse cette taxe. « Je suis content, M. Vachon, de voir que vous avez changé d’idée. Car c’était la position de votre administration et je vous rappelle que vous étiez le numéro 2 de l’administration, vous étiez président de la STS et c’était une demande formelle. Je constate que vous avez changé d’idée, vous êtes une vraie girouette, vous êtes devenu un vrai caquiste », a analysé M. Fortin.

Le député sortant a également profité de l’occasion pour écorcher le Parti québécois et son candidat, Guillaume Rousseau. « Vous parlez, M. Rousseau, des 15 dernières années [libérales]. Il y a quatre ans, j’ai battu un député péquiste qui était membre d’un gouvernement péquiste. Je comprends que vous essayez d’oublier le gouvernement Marois, car même Nicolas Marceau disait que vous n’aviez pas été bons et c’est pourquoi on vous a battu après 18 mois. [...] Nous, on a un bilan, vous, vous n’en avez pas », a-t-il martelé, plongeant la salle dans un silence de quelques secondes.

Bruno Vachon a aussi pu être clair et concis, notamment sur le dossier sur l’immigration. Dans une question formulée par Christine Labrie de Québec solidaire par rapport à la pénurie de main-d’œuvre, le candidat de la CAQ a su répondre.

« Le 1er janvier 2018, dans la catégorie économique, il y avait 26 000 demandes de certificats qui étaient en attente et 91 % concernaient des travailleurs qualifiés. Il faut éliminer les obstacles dans la reconnaissance de diplômes. Présentement, c’est l’enfer. C’est lourd, c’est interminable. La journée où l’on sera capables de traiter les demandes que les gens nous font, qu’on est capables de les garder, les intégrer et de les traiter, on remontera le seuil, il n’y a aucun problème. Je peux inviter 50 personnes à manger, s’il y a six places à ma table, ça ne donne rien », a-t-il imagé.

Fidèle à son habitude, le péquiste Guillaume Rousseau a maîtrisé ses dossiers, étant toujours capable de répondre aux questions de ses adversaires. M. Rousseau a aussi rappelé sa priorité.

« Ma priorité est de créer une clinique de superinfirmières. À Sherbrooke, 13 000 personnes n’ont pas de médecin de famille et ont donc très difficilement accès au système de santé autrement qu’aller à l’urgence. [...] Une clinique de superinfirmières coûte beaucoup moins cher qu’une clinique avec médecin, donc on peut donner plus de soins de santé sans que ça nous coûte plus cher de taxes. Notre grande ligne au PQ, c’est d’investir dans les services publics, sans que ça coûte plus cher », a-t-il affirmé, ajoutant qu’un meilleur service de santé pourrait retenir les immigrants au Québec.

Christine Labrie, qui a été plus effacée, ne s’est pratiquement jamais fait attaquer. La seule candidate a posé quelques questions et s’est démarquée par rapport à sa position dans le dossier de l’aéroport. « À mes yeux, ce ne serait pas une saine gestion des finances publiques que de financer un aéroport à Sherbrooke. C’est un projet que’on n’appuiera pas à Québec solidaire. Je comprends parfaitement le besoin des entrepreneurs d’ici de mieux réseauter avec les autres grandes villes de l’Amérique du Nord [...], nous, on est en faveur d’une desserte ferroviaire rapide entre Montréal et éventuellement Boston et Québec. »