Geneviève Hébert (CAQ), Charles Poulin (PLQ), Solange Masson (PQ), et Kevin Côté (QS) ont débattu à la Salle du Parvis, mercredi soir.

Débat dans Saint-François : la CAQ et QS tombent d'accord

Est-ce que la CAQ et QS ont plus de points en commun qu’on puisse le penser? La candidate pour la Coalition avenir Québec, Geneviève Hébert, et celui de Québec solidaire, Kévin Côté, ont été parfaitement d’accord sur deux dossiers lors du débat organisé par la Chambre de commerce de Sherbrooke à la Salle du Parvis, mercredi soir.

Interrogée par son adversaire solidaire qui proposait de passer une loi contre l’obsolescence programmée, Geneviève Hébert, qui était visiblement la plus à l’aise durant ce débat, a semblé en surprendre plusieurs en affirmant son ouverture. « À la Coalition avenir Québec, nous sommes une coalition. Nous sommes prêts à travailler en collaboration pour la réussite du Québec. Si l’on veut faire une nouvelle politique, il faut arrêter de se chicaner. Je pense que ça pourrait être une bonne idée. Il va falloir la regarder ensemble, discuter, collaborer et l’on pourra peut-être faire un bout de chemin ensemble », a assuré la caquiste.

Les deux politiciens se sont exprimés un peu plus tard sur leur politique d’achat local, avouant qu’ils étaient également d’accord sur ce point. Cependant, lorsqu’est venue la question sur le salaire minimum de 15 $ l’heure, les mésententes se sont fait sentir entre les deux formations.

C’est justement sur cet aspect que Mme Hébert a gagné le plus de points, partageant son expérience personnelle. « Je comprends que pour certains, ce serait un monde idéal d’avoir 15 $ de l’heure. Cependant, j’ai eu un commerce de détail durant plus de 14 ans. Je suis à même de vous dire qu’il faut être prudent avec une règle trop restrictive sur le délai. Cela aurait pu compromettre des emplois et même la pérennité de mon entreprise. [...] Je suis pour un salaire minimum de 15 $ l’heure, mais il faut user de prudence et le faire graduellement. J’encourage les entreprises qui peuvent le faire à le faire. »

Kevin Côté à son aise

Kévin Côté a semblé plus à l’aise dans ce débat, dirigeant quelques attaques notamment vers Charles Poulin, du Parti libéral du Québec (PLQ), qui a été la cible de la majorité des questions. « Nous avons souvent vu le PLQ offrir des subventions aux grandes entreprises, par exemple, un milliard en subvention à Bombardier sans aucune garantie. À QS, on aurait préféré soutenir les PME plutôt que de signer un chèque en blanc à l’une des familles les plus riches du Québec. Nous, on propose d’instaurer un ratio d’un pour 30, ce qui veut dire que les dirigeants ne peuvent s’octroyer un salaire plus haut que 30 fois le salaire de l’employé le moins bien payé. À Bombardier, c’était 300 fois le salaire », a-t-il rappelé.

De son côté, Solange Masson du Parti québécois (PQ), en plus de mettre son grain de sel dans quelques discussions, a su se positionner sur le dossier de l’aéroport de Sherbrooke. « L’aéroport de Sherbrooke pourra se justifier par des avantages économiques. Encore faut-il s’entendre sur une vocation, une stratégie et un montage financier. En plus, il faut obtenir la désignation nécessaire de l’administration canadienne de la sûreté du transport aérien [NDLR c'est Transport Canada qui prend la décision qui est appliquée par l'administration canadienne de la sûreté du transport aérien¸]  [...] Je note que Sherbrooke est la seule région au Canada de 200 000 habitants qui n’a pas sa désignation », a-t-elle mentionné, ajoutant que le gouvernement fédéral devrait aussi faire sa part.  

Charles Poulin, lui, a contredit son chef en parlant de l’épicerie à 75 $ par semaine. « Nous avons raison de dire que de faire l’épicerie au coût de 75 $ par semaine, ce n’est pas assez. Bien sûr, beaucoup de personnes méritent plus », a-t-il acquiescé. Le libéral a dû se défendre une bonne partie du débat et a paru moins habile que ses adversaires.