Des problèmes de sollicitation par des itinérants ont été relevés le long de la rue King, notamment aux intersections des rues Grandes-Fourches, Bowen et 7e Avenue.

De plus en plus de mendiants au centre-ville de Sherbrooke

La sollicitation de personnes itinérantes auprès d’automobilistes à plusieurs intersections de la rue King inquiète certains élus, qui demandent au Service de police de Sherbrooke (SPS) et au comité de la sécurité publique d’étudier la question. Bien que la sécurité du public n’ait pas été compromise jusqu’ici, le SPS confirme que le problème s’est intensifié cette année.

« J’ai été à même de constater qu’à certaines intersections, entre autres King et Bowen, et King et Grandes-Fourches, les gens sont sollicités pour ramasser de l’argent. De voir des itinérants qui ramassent de l’argent, comme carte touristique, ce n’est peut-être pas ça qu’on veut avoir comme souvenir. Il serait intéressant que le comité de la sécurité publique et le SPS travaillent à trouver une solution. Il y a des gens qui ont été témoins d’événements assez particuliers », a soulevé Marc Denault au conseil municipal la semaine dernière. 

Son collègue Rémi Demers, élu dans le district particulièrement touché par le problème, affirme avoir entendu les préoccupations de ses concitoyens. « C’est un irritant majeur pour les automobilistes, mais aussi pour les personnes âgées qui se sentent profondément affectées dans leur sentiment de sécurité. On a un règlement qui existe. On supporte des organisations qui aident ces gens-là. On pourrait faire appliquer de façon un peu plus serrée notre réglementation », dit-il.

Le porte-parole du SPS, Martin Carrier, explique que les policiers peuvent délivrer des constats d’infraction de 50 $ pour avoir contrevenu au règlement municipal qui interdit de mendier dans un endroit public. En 2015, 45 constats avaient été attribués contre 75 l’année suivante. Après une légère baisse en 2017, avec 60 billets, ce sont 128 contraventions qui ont été distribuées jusqu’à maintenant en 2018.

« Ce sont souvent les mêmes individus. Ils refont le même manège de façon quasi quotidienne. Dans certains cas, il y a une problématique de santé mentale. Ces individus sont transportés à l’hôpital pour une évaluation et ils reviennent par la suite. Quand on dit que notre tâche est alourdie par les problèmes de santé mentale, c’en est un exemple. C’est rare que la sécurité des gens est compromise par contre. »


« Les gens quêtent réellement parce qu’ils ont faim. »
Danielle Berthold

Cette situation aurait aussi été observée au coin de la 7e Avenue, de même qu’au coin de la 10e Avenue. Rémi Demers explore des pistes de solution. « À l’arrondissement, nous avons reçu des représentants du SPS et des travailleurs de rue pour savoir ce qu’ils pouvaient faire. Ça m’a rassuré. Nous avons voulu lancer le message que le sentiment de sécurité des personnes est important. C’est un non-sens qu’un organisme comme la Chaudronnée, par exemple, n’ait pas les moyens d’être ouvert les fins de semaine. Les gens moins nantis doivent manger aussi les fins de semaine. On s’est posé la question sur le support à ces organismes. Oui, il doit y avoir une répression des comportements qui ne respectent pas nos règlements, mais ce serait une erreur de penser que c’est la seule façon d’adresser le problème. »

Selon M. Demers, aucune agression physique n’a été recensée. « Mais verbalement, il y a eu des comportements agressifs. »

La présidente du comité de la sécurité publique à la Ville de Sherbrooke, Danielle Berthold, confirme que le sujet sera abordé au comité le 12 septembre. « Nous avons une base de données qui nous démontre que les gens quêtent réellement parce qu’ils ont faim. Ce n’est pas seulement pour prendre un verre comme certains pourraient le croire. Nous étudierons le problème dans son ensemble. Nous n’y arriverons pas à coups de contraventions. Il faut s’attaquer au nerf de la guerre, qui est plus profond. Est-ce que ce sera le centre de jour? Est-ce que ce sera de financer davantage les organismes comme la Chaudronnée? Quoi qu’il en soit, les citoyens qui se sentent intimidés doivent continuer d’appeler le SPS. »

Danielle Berthold