Caroline Boivin est professeure au département de marketing à l’Université de Sherbrooke et cofondatrice de l’Observatoire de la consommation responsable.

De plus en plus d'adeptes de la consommation responsable

L’Observatoire de la consommation responsable mène chaque année une enquête pour décrypter les attentes, les sensibilités et les comportements des Québécois en matière de consommation responsable et de responsabilité des marques et des organisations. Sa cofondatrice, la professeure en marketing de l’Université de Sherbrooke Caroline Boivin, a dévoilé jeudi les résultats de la 10e édition du Baromètre de la consommation responsable.

« Les Québécois semblent clairement réaliser qu’il reste du chemin à parcourir pour se considérer comme des consommateurs tout à fait responsables. Plus de 4 sur 10 sont à la recherche de moyens pour réduire leur impact environnemental. En outre, seulement 15,6 % des citoyens considèrent qu’ils en font déjà assez pour réduire leur impact environnemental », indique Caroline Boivin.

« Il y a des écogestes qui sont faits, mais pour en arriver à des changements profonds, il y a encore une transition à faire », ajoute la professeure.

Cela dit, des pas importants ont été faits depuis dix ans, des pas qui ont tout leur poids dans la balance.

« Il y a des pratiques qui sont de plus en plus ancrées dans les habitudes des consommateurs, comme le recyclage. Les gens s’y sont habitués », indique la professeure en marketing.

Ces dernières années, de nouveaux comportements se sont installés, comme la consommation de viande rouge qui est en diminution. « On a 50 % des gens qui nous indiquent avoir diminué leur consommation de viande rouge dans la dernière année. Ça c’est un effort qui peut avoir un impact important sur notre planète », indique-t-elle.

La préoccupation pour l’environnement était bien présente chez les Québécois il y a 10 ans, et elle est là encore aujourd’hui. « Mais pour pouvoir passer à l’action, ça prend souvent des incitatifs supplémentaires. Quand on facilite la vie aux consommateurs, quand il y a des réglementations, ça les aide c’est certain. Les comportements qui ont pris le plus d’ampleur sont d’ailleurs ceux pour lesquels on a mis en place des moyens qui les facilitent », précise la chercheure.

Prenons des exemples. Il y a le sac de plastique bien sûr. « C’est devenu la norme de le refuser dans les magasins. Le mouvement est là et va continuer », ajoute-t-elle.

D’autres pratiques ont changé : réutiliser les emballages cadeaux et trainer une gourde pour éviter les bouteilles en plastique.

Le compostage a aussi pris de l’ampleur au Québec, notamment parce que davantage de municipalités ont fait l’effort de fournir des bacs destinés à cet usage.

En se tournant vers l’avenir, quels sont les prochains défis?

« Quand on regarde ce qui reste dans notre poubelle, c’est le plastique. Ça va demander une collaboration aussi de la part des entreprises pour pouvoir le réduire à la source », indique Mme Boivin.

Les entreprises suivent le courant 

L’entreprise collective experte en développement durable ADDERE a remis jeudi l’accréditation « On s’engage en développement durable » à quatre nouvelles entreprises, en plus de souligner le renouvellement de l’accréditation à 11 autres organisations de la grande région de l’Estrie.

Qu’est-ce que signifie donc cette accréditation? « On remet des certifications à des entreprises qui souhaitent structurer une démarche en développement durable », indique Jean-Pierre Gouin, directeur général d’ADDERE.

L’accréditation est donc remise aux entreprises au terme d’un processus rigoureux qui les a amenées à produire un plan d’action et à s’engager dans des actions concrètes. Les entreprises qui renouvellent leur accréditation doivent, quant à elles, démontrer d’une part la réalisation d’actions figurant à leur plan initial et ensuite présenter un plan d’action actualisé.

Les quatre nouvelles entreprises à recevoir la certification sont Aliments Saint-Germain, la Savonnerie des Diligences, Industries 3R et Jardins Pro.

Que feront donc ces entreprises dans la prochaine année pour réduire leur empreinte environnementale? Voici des exemples. « Parmi les engagements pris par ces quatre entreprises, on note entre autres la réduction des impacts environnementaux des emballages, la mise en place d’un système performant de gestion des matières résiduelles et la réduction de la consommation d’eau par la mise en place d’un système en circuit fermé », indique M. Gouin.

Les entreprises qui ont choisi de renouveler leur accréditation sont les Industries PEB, Tardif Diesel, la SADC du Haut-Saint-François, Alegria, Bio-Bon, Camping Aventure Mégantic, Cocher Capella, Créations Jade, Coop Alentour, Jean Coutu Asbestos et Trèd’si.

« Ces entreprises ont déjà mis en place des actions en développement durable concluantes. Par exemple, le remplacement de machinerie à essence par de la machinerie électrique pour réduire la consommation de carburant et les émissions de GES et la mise en place d’un système à biomasse pour le chauffage à partir de rejets de bois », indique M. Gouin.

Ces projets déjà réalisés permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre de plus de 65 tonnes par année.