Jade Morin, Louise Gaboriau, Victor Dubreuil et Sarah Chuet se préparent à l’arrivée des abeilles. À notre passage, ils peinturaient les ruches qui seront installées sur les terrains de l’école des Enfants-de-la-Terre.

De petits apiculteurs aux Enfants-de-la-Terre

L’école des Enfants-de-la-Terre, à Waterville, aura elle aussi ses petits apiculteurs. Des ruches feront leur apparition dans les prochaines semaines sur les terrains de l’établissement.

L’école primaire ne partira pas de zéro dans cette aventure, puisqu’une dizaine de parents ont reçu une formation, tout comme une enseignante responsable du projet, Paule Desrochers. Certains ont même déjà des ruches à la maison. « On ne peut pas s’improviser apiculteurs du jour au lendemain, il y a quand même des défis et des choses à savoir... On a eu une formation de 40 heures, les parents et moi. Il y a une formation théorique et on a eu la semaine passée notre première formation pratique », commente Mme Desrochers.

Il s’agirait d’une première dans les écoles primaires de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS).

« Ce qu’on veut inculquer aux élèves, c’est d’abord une expérience directe et concrète de cette cohabitation-là avec les insectes, avec tout être vivant de la nature. On veut leur permettre d’observer les abeilles, de mieux les connaître. En les connaissant mieux, ça nous permet de mieux les aimer et une fois qu’on a ce lien-là, ça permet de les protéger. »

L’équipe ne veut pas mettre l’accent sur le déclin des colonies d’abeilles et le défi environnemental auquel font face ces essentielles pollinisatrices.

« Au secondaire, c’est autre chose, peut-être qu’on peut entrer dans ces éléments-là, mais le but est vraiment de donner une expérience concrète aux élèves et de les sensibiliser à l’importance d’offrir à ces insectes si précieux un environnement sain. »

« On a tout un programme de jardinage. C’est une belle synergie avec ce qu’on va monter avec les abeilles, comme de mettre des plantes mellifères », souligne Mme Desrochers.

Le monde des abeilles s’intégrera de différentes façons dans l’apprentissage des élèves, en fonction de leur âge et de leur niveau. La récolte du miel pourrait notamment servir aux activités de financement des enfants.

Des ruches sont installées à quelques pas du pavillon Saint-François sur un terrain appartenant au Centre Saint-Michel. Une première récolte de miel pourra être faite cet automne, indique Anne-Marie Bombardier, enseignante en sciences de la Montée et instigatrice du projet aux côtés de son collègue Jonathan Douville.

Les Enfants-de-la-Terre emboîtent le pas à l’école secondaire La Montée, où est née cette année l’initiative « La classe ouvrière ».

L’établissement watervillois a ainsi pu bénéficier de l’expertise développée dans cette école secondaire. Les deux groupes entendent collaborer, entre autres pour le prêt d’équipements.

Simon Gaboriau est père de deux élèves des Enfants-de-la-Terre et il a lui-même des ruches à la maison. Il avait entendu parler de l’initiative de La Montée, ce qui lui a donné envie de démarrer un projet semblable.

Plusieurs vérifications ont été faites avant de pouvoir aller de l’avant, que ce soit au niveau des allergies ou des assurances.

Les abeilles arriveront dans un peu plus d’une semaine, et leur ruche se trouvera assez loin des enfants. Une clôture sera aussi construite. Avec le cours suivi par les parents, ceux-ci pourront venir s’occuper de la ruche pendant la période estivale. « On va commencer avec une ruche, mais on veut en avoir deux », souligne-t-il. Le projet prendra donc officiellement son envol au retour des vacances. L’initiative a pu bénéficier d’une bourse de 1000 $ de la Fondation Monique-Fitz-Back.