Les commerçants devront encore se plier aux normes imposées par le gouvernement pour freiner la propagation du coronavirus au Québec.
Les commerçants devront encore se plier aux normes imposées par le gouvernement pour freiner la propagation du coronavirus au Québec.

De nouvelles normes contraignantes, mais nécessaires

Claude Plante
Claude Plante
La Tribune
 Les commerçants devront se plier aux nouvelles normes imposées par les autorités pour freiner la propagation du coronavirus dans la population.

Les mesures préventives annoncées mercredi par la vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault, viennent compliquer encore la vie des gens d’affaires en cette période des Fêtes, constate Louise Bourgault, vice-présidente et directrice générale de la Chambre de commerce de Sherbrooke.

« Il y a une hausse des cas et il faut qu’on arrête ça », réagit Mme Bourgault lors d’un entretien téléphonique accordé à La Tribune, quelques minutes après la sortie de la ministre.

« Ce que nous espérons, c’est que les gens vont aller plus vers les petits commerçants pour faire leurs emplettes. Ces gens d’affaires avaient déjà pris des mesures de protection pour la clientèle. On voit que c’est plein de gens en même temps dans les grandes surfaces. C’est moins évident pour faire respecter les mesures. »

Louise Bourgault

Mercredi matin, le gouvernement provincial a une fois de plus serré la vis aux commerces en cette période de magasinage de Noël. À compter de vendredi, un nombre maximal de clients sera admis dans les centres commerciaux, magasins à grande surface et autres commerces encore ouverts, selon la superficie du lieu.

Mme Guilbault a annoncé l’imposition d’une capacité limite pour chaque espace commercial, à compter du 4 décembre, selon une formule où la superficie en mètres carrés du centre commercial ou du magasin sera divisée par 20 pour obtenir le nombre maximal de clients. Ce qui donnera en principe un espace de 20 m2 par client. Les plus petits magasins dont la superficie est inférieure à 20 m2 devront s’en tenir à un seul client à la fois.

« 20 mètres carrés, c’est beaucoup d’espace dans un petit commerce… », constate Mme Bourgault. 

« Pour les grandes surfaces, ça veut dire beaucoup moins de monde en même temps dans le magasin aussi. »

Louise Bourgault répète que son organisation a demandé la semaine dernière qu’on puisse rouvrir les salles à manger des restaurants durant le temps des Fêtes pour sauver plusieurs de ces commerces de la fermeture définitive. Les mesures sanitaires sont plus faciles à respecter dans ces endroits que dans les maisons privées, dit-elle.

« Parce que c’est clair qu’on ne pourra fêter Noël normalement », renchérit Mme Bourgault.


« Les gens viennent pour acheter et repartent. »
Daniel Durand

Carrefour de l’Estrie

Au Carrefour de l’Estrie, on va continuer de « respecter les consignes comme depuis le début de la pandémie », assure Daniel Durand, directeur du marketing et des communications de la compagnie Mach.

« Nous avons fait nos calculs et nous estimons que les nouvelles normes nous permettront d’accueillir environ 4200 personnes en même temps dans le centre commercial. Nous n’avons pas atteint ce nombre lors du Vendredi fou. C’est gérable pour nous. Ça signifie juste de faire un peu plus de gymnastique. Nous devrons engager plus d’agents de sécurité. »

M. Durant ajoute que l’expérience magasinage a changé depuis quelques mois. « Il y a moins de monde, moins de lèche-vitrine », analyse-t-il. 

« Les gens viennent pour acheter et repartent. »

Pour sa part, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) est satisfaite de voir que, contrairement à certaines provinces qui ont décidé de fermer les petits commerces, le gouvernement Legault a choisi d’intégrer les détaillants de proximité à la solution. En effet, même si ces mesures risquent de causer des maux de tête supplémentaires aux propriétaires d’entreprise, des coûts additionnels et probablement une perte de clientèle, elles sont toujours préférables à une deuxième fermeture de leurs portes.

« Depuis le jour 1, les propriétaires de PME se sont mobilisés pour faire respecter les mesures sanitaires. Ils se sont équipés adéquatement pour protéger autant leurs clients que leurs employés. Plusieurs d’entre eux continuent aujourd’hui de s’adapter en proposant des alternatives comme la vente en ligne ou le ramassage en bordure de rue », déclare François Vincent, vice-président Québec à la FCEI.

« Même si ces mesures risquent de leur causer des maux de tête supplémentaires, des coûts additionnels et probablement une perte de clientèle, elles sont toujours préférables à une deuxième fermeture de leurs portes. Le magasinage des Fêtes est plus que vital pour nos commerçants. »