Patricia Gauthier, présidente-directrice générale du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, et Stéphane Tremblay, président-directeur général adjoint (PDGA), assurent que les changements à la direction générale du CIUSSS seront positifs pour l’établissement qui gère 17 000 employés et 1000 médecins.

De nombreux changements à la direction du CIUSSS

De nombreux changements s’annoncent à la direction générale ainsi qu’au conseil d’administration du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Il y aura au total 12 départs à la direction générale et chez les cadres supérieurs de l’établissement.

Et ce sera positif, assure Patricia Gauthier, présidente-directrice générale (PDG) du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. « Il faut voir ça comme une opportunité. Lors de la fusion des 14 ex-établissements et de l’Agence le 1er avril 2015, il fallait replacer tout le monde dans l’organisation sur la meilleure chaise possible. Là dans cette deuxième vague, nous avons l’occasion de choisir la meilleure personne possible pour combler les besoins dans une organisation que l’on connait beaucoup mieux. C’est un beau mouvement, qui nous permet de développer le potentiel de nos employés. Ça démontre aussi que les jeunes cadres peuvent progresser dans notre organisation », ajoute Mme Gauthier.

Les 12 cadres quittent pour la retraite ou pour obtenir une promotion au sein de l’établissement ou ailleurs, ce qui représente 22 % des cadres supérieurs et des hors cadres.

Notons que le CIUSSS compte trois niveaux d’encadrement : les hors cadres (les deux PDG et les deux directeurs généraux), les cadres supérieurs (51 directeurs et directeurs adjoints) et les cadres intermédiaires (chefs de service notamment).

Passation des expertises

Les cadres qui quittent pour la retraite doivent avoir laissé des dossiers en ordre et des processus ont été mis en place pour que leur expertise puisse être communiquée à leurs successeurs. « Après la création du CIUSSS, 60 % des cadres ont changé de chaises et on avait dû s’organiser pour que les expertises se transmettent », ajoute-t-elle.

Dans le contexte de rareté de la main-d’œuvre, les cadres de tous les niveaux ont aussi ont connu des moments difficiles, notamment ceux qui travaillent à la direction du programme soutien à l’autonomie des personnes âgées (SAPA). « Les situations problématiques vécues dans les CHSLD ont eu des impacts aussi sur nos cadres. Quand il manque 100 préposés aux bénéficiaires dans l’organisation et qu’on gère les ressources avec les anciennes conventions collectives locales, on ne pouvait pas leur envoyer les ressources qui leur manquaient et ç’a été difficile », ajoute Mme Gauthier.

Actuellement, il y a 23 gestionnaires sur 539 qui sont en absence maladie soit 5 % des heures travaillées.

« La situation a été plus difficile dans certaines directions », ajoute Stéphane Tremblay, président-directeur général adjoint (PDGA) du CIUSSS de l’Estrie-CHUS depuis le 1er octobre.

La relève au rendez-vous

Malgré ça, il y a de la relève. Et de ça, l’organisation en est extrêmement fière.

« Le ministère de la Santé et des Services sociaux a mis en place un programme pour former la relève et nous avons actuellement dix personnes en formation pour devenir des cadres supérieurs d’ici les deux prochaines années », se réjouit Mme Gauthier.

Mieux encore : 173 employés ont levé la main pour devenir des aspirants cadres dans le cadre d’un programme de formation de la relève mis en place par le CIUSSS en juin dernier.

« Nous avons été surpris, on ne pensait pas qu’autant de gens seraient intéressés par ces postes-là. On avait l’impression que les postes de cadres étaient peu attractifs, mais nous avons reçu une indication contraire », se réjouit-elle.

Patricia Gauthier est maintenant la seule hors cadre à occuper la même chaise que lors de la création du CIUSSS en 2015. Stéphane Tremblay, qui était alors directeur général adjoint, est maintenant président-directeur général adjoint (PDGA). Les deux directeurs généraux adjoints sont là depuis peu.

Après bientôt 45 ans dans le réseau de la santé québécois, Mme Gauthier n’est pas sans penser à son éventuel départ. Quittera-t-elle sa chaise de PDG à la fin de son mandat le 1er avril prochain?

« J’ai toujours dit que je prenais ça une année à la fois. Mon objectif était de préparer la relève et c’est réussi, avec l’arrivée de Stéphane (Tremblay) comme PDGA et de Rémi Brassard et Robin-Marie Colemen comme directeurs généraux adjoints. Je ne tiens pas à avoir un record de longévité. Mais est-ce que je quitterai? Je suis encore dans ma quatrième année, je ne suis pas rendue à penser à ça », soutient Mme Gauthier.

Conseil d’administration

Un vent de changement a aussi soufflé au conseil d’administration (C.A.) du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, alors qu’il y aura huit nouveaux membres sur vingt aux termes des mandats de trois ans qui se terminaient en septembre.

« Nous avons un c.a. paritaire hommes et femmes, et nous avons aussi une présence du multiculturalisme. Bien que les postes indépendants soient attribués selon des compétences, il y a six réseaux locaux de service représentés sur les neuf de notre territoire », ajoute-t-elle.

Jacques Fortier demeure président du c.a., lui qui a vu son mandat de deux ans renouvelé l’an passé.

« Le pire est passé », dit Mme Gauthier

La structure organisationnelle du CIUSSS de l’Estrie-CHUS commence à être payante pour la population : Patricia Gauthier est formelle sur la question. « Le pire est passé », ajoute la présidente-directrice générale (PDG) du CIUSSS.

« Il nous faut encore travailler sur la promotion de la santé en milieu de travail pour avoir plus de gens disponibles pour le travail. Il nous reste encore 1000 choses à faire, mais on va y arriver », promet-elle.

« Avec les deux conventions collectives que nous venons de négocier, et avec les deux autres qui viendront avec l’aide des processus de médiation et d’arbitrage, nous visons la stabilité du personnel avec une certaine flexibilité. Avec ces ententes, il n’y a pas de raisons que ça ne fonctionne pas », ajoute-t-elle.


« Malgré ça, nous avons quand même réussi à diminuer le temps d’attente dans les salles d’urgence. »
Stéphane Tremblay

Un exemple? « L’été passé a été difficile du côté des ressources humaines. Malgré ça, nous avons quand même réussi à diminuer le temps d’attente dans les salles d’urgence et à passer sous la cible ministérielle des 12 heures pour la première fois depuis très longtemps », cite Stéphane Tremblay, président-directeur général adjoint (PDGA).

« Et je le dis et je le répète : dans certains domaines, les besoins progressent de façon importante, comme en cancer, en chirurgie et en soutien à domicile. Malgré la pénurie de personnel, nous réussissons à donner plus de services chaque année », ajoute le Dr Tremblay.