Des classes virtuelles seront données à des élèves de sixième année en anglais intensif pour l’apprentissage des matières de base.
Des classes virtuelles seront données à des élèves de sixième année en anglais intensif pour l’apprentissage des matières de base.

De l’anglais intensif... mais peu de matières de base

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
SHERBROOKE — Des élèves de sixième année en anglais intensif commenceront des cours en ligne dès lundi pour l’apprentissage du français et des mathématiques. Certains « finissants » de ce programme se retrouvent dans une drôle de position, alors qu’ils ont commencé avec l’apprentissage de l’anglais en début d’année. Or, c’est à cette période-ci qu’ils devaient voir des matières comme les mathématiques et le français.

Par exemple, des élèves de l’école primaire Champlain ont commencé à voir en classe les matières de base vers la fin janvier, soit la portion académique.  

Les écoles ont dû fermer leurs portes le 13 mars dernier en raison de la crise de la COVID-19. Il n’a pas été possible, dans ce cas, d’aller chercher suffisamment d’évaluations pour produire le bulletin du 6 avril. La Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) a décliné notre demande d’entrevue, en indiquant attendre des précisions du ministère de l’Éducation à ce sujet. La même situation est vécue à travers la province. 

Elle a ensuite précisé que les écoles « peuvent effectivement commencer à enseigner » pour la portion académique qui se fait en français. C’est ce que fera l’école Champlain à compter de lundi. Il a été impossible de savoir combien d’écoles ou d’élèves sont touchés par cette situation particulière. 

La situation inquiète néanmoins des parents, dont la mère d’un élève de sixième année. « Si on fait le calcul, mon fils a eu un mois, un mois et demi de matières de base, donc très peu. Il n’a même pas eu de bulletin pour ces matières-là. Ça nous inquiète. Ça va faire en sorte que pour commencer le secondaire, ces élèves vont être encore moins prêts que les autres élèves. Ceux qui ont commencé avec la portion académique (les matières de base), c’est moins stressant : ils peuvent écouter de l’anglais à la maison. Mais l’inverse est plus compliqué », s’inquiète la mère de famille.

Avant d’apprendre que des cours en ligne commenceraient lundi, elle et son conjoint ont reçu différents exercices de l’enseignante, entre autres en mathématiques. La Sherbrookoise souligne d’ailleurs qu’elle a eu toute la collaboration de l’enseignante et de la direction, qui doivent s’ajuster dans ce contexte difficile. Les parents se sont aussi tournés vers des ressources comme des dictées de Télé-Québec, mais la mère rappelle qu’ils doivent se débrouiller à leur façon, en pleine période de télétravail.

« Si jamais il y a un retour progressif à l’école, pourrait-on privilégier ces enfants-là, ces élèves de sixième année qui ont une fin d’étape et qui en plus s’en vont au secondaire? » se demande la mère de famille. La question demeure pour le moment sans réponse.