Il y a 42 IPS en soins de première ligne et 3 IPS en soins aux adultes en poste au CIUSSS de l’Estrie-CHUS en ce moment; les effectifs pourraient grimper à 123 IPS d’ici 2015.

De 45 à 123 infirmières praticiennes spécialisées d’ici 2025

PRIMEUR / Les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) sont appelées à apporter un grand soutien dans le réseau de la santé. Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS en emploie 45 en ce moment; ce nombre pourrait grimper à 123 d’ici 2025 selon le plan de déploiement du ministère de la Santé et des Services sociaux. En même temps, elles sont chaque année un peu plus nombreuses à s’inscrire à cette exigeante formation de maîtrise à l’Université de Sherbrooke (UdeS), l’une des cinq universités québécoises à les former.

Les IPS, aussi appelées les « superinfirmières » dans le langage populaire, peuvent se spécialiser dans cinq domaines, soit néonatalité, pédiatrie, santé mentale, soins aux adultes et soins de première ligne. L’UdeS forme pour l’instant les IPS spécialisées en soins de première ligne, chaque université ayant sa ou ses spécialités.

Pour le moment, il y a 42 IPS de première ligne en poste au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Les IPS de première ligne sont dans les groupes de médecine de famille (GMF). Elles ont une charge de patients, comme les médecins de famille, jusqu’à 700-750 patients chacune », soutient Stéphanie Charest, chef de service des IPS au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Plan de déploiement

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a préparé un plan de déploiement des IPS du Québec jusqu’en 2025. Si le CIUSSS en embauche 45 au total en ce moment, ce nombre pourra grimper à 123 d’ici 2025.

Allons-y par spécialité. Le CIUSSS n’emploie pour le moment aucune IPS spécialisée en santé mentale, en pédiatrie et en néonatalité. « Nous pourrons en embaucher 14 en santé mentale, 3 en pédiatrie et 3 en néonatalité », précise Stéphanie Charest.

Le saut sera plus marqué du côté des IPS spécialisées en soins aux adultes. Elles ne sont que trois pour le moment à travailler au CIUSSS; elles pourront être jusqu’à 41 d’ici la fin de 2025.

Du côté des IPS de première ligne, le CIUSSS de l’Estrie pourra en embaucher jusqu’à 62 IPS d’ici 2025, soit 20 de plus qu’en ce moment.

Le CIUSSS se dit quand même assez satisfait de la réponse du ministère aux besoins que l’organisation avait fait valoir dans ses représentations. « Nous avions demandé 70 IPS de première ligne, nous en avons eu 62. Nous en avons demandé 28 en santé mentale, nous en avons eu 14... Mais nous avons eu plus de postes que demandé pour les IPS en soins aux adultes », soutient Mme Charest.

De 12 à 32 admissions en quatre ans

Est-ce que le nombre d’IPS formées dans les universités québécoises sera suffisant pour permettre au CIUSSS de l’Estrie-CHUS de pourvoir tous ses postes? Il n’y a évidemment pas que le CIUSSS de l’Estrie-CHUS qui tentera d’embaucher ces finissantes...

« Nous sommes très fiers de la qualité des IPS que nous formons et du travail qu’elles font sur le terrain. Nous avons pratiquement triplé le nombre d’admissions entre 2015 (12) et 2019 (32). Le MSSS nous a partagé un plan de déploiement des IPS et nos IPS en première ligne vont pouvoir combler les besoins du CIUSSS de l’Estrie », soutient Patricia Bourgault, vice-doyenne aux sciences infirmières à l’UdeS.

Il y avait 12 infirmières praticiennes spécialisées (IPS) en formation à l’école des sciences infirmières de l’UdeS en 2012. À la rentrée de l’automne, elles seront 32, soit 20 au campus de Longueuil et 12 au campus sherbrookois.

« Il y en avait 24 l’an passé; on suit une progression constante », soutient Patricia Bourgault.

Il faut savoir que la maîtrise qui mène au poste d’IPS est très exigeante. Les critères pour l’admission sont sévères. « C’est une maîtrise de 45 crédits, en plus d’un diplôme d’études spécialisées de 30 crédits. Il y a des stages en plus à travers ça, et le tout est sur deux ans. C’est une formation de haute voltige », fait savoir Mme Bourgault.