Le directeur général de la Ville de Sherbrooke, Daniel Picard, a obtenu sa permanence malgré l’opposition de quatre élus. M. Picard assistait comme à l’habitude à la séance du conseil municipal lundi soir.

Daniel Picard confirmé comme DG jusqu’en 2024

Le directeur général de la Ville de Sherbrooke, Daniel Picard, a obtenu la confirmation qu’il demeurera en poste jusqu’en 2024. Malgré l’opposition de quatre élus, le directeur général obtient sa permanence.

Dans une approximative confusion sur la durée du contrat de M. Picard, quatre élus, soit Pierre Tremblay, Pierre Avard, Annie Godbout et Paul Gingues, ont inscrit leur dissidence. Évelyne Beaudin, elle, s’est absentée au moment de débattre de cette résolution.

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La présidente du conseil, Nicole Bergeron, a indiqué qu’il était impossible, au sens de la loi, de modifier le terme du contrat. Il semble que ce soit la raison qui a poussé Mme Godbout et M. Gingues à se prononcer contre la résolution.

Leur collègue Marc Denault a suggéré que l’échéance du contrat d’un directeur général devrait être cinq ou six mois après le début du mandat d’un nouveau conseil municipal.

Une fois la résolution adoptée, la séance du conseil a été ajournée pour répondre aux questions des journalistes. Tous les élus, à l’exception des dissidents, se sont rassemblés autour du maire Steve Lussier alors qu’il s’adressait aux médias.

Steve Lussier

« Je confirme que lorsque le DG est entré en poste, c’était un contrat de six ans. Il sera respecté en date de maintenant. Il faut respecter l’entente de départ. Nous n’avons pas eu de plainte depuis qu’il est en poste. [...] Je peux vous dire que ça travaille très bien avec M. Picard actuellement. [...] M. Picard est respecté à l’hôtel de ville », a résumé le maire Steve Lussier.

« De l’amélioration à faire », dit Lussier

M. Lussier a par ailleurs été questionné sur le fait qu’il ne s’était pas exprimé dans la controverse entourant le directeur général la semaine dernière. « Je n’avais pas à sortir immédiatement. Je voulais en parler avec le conseil municipal. La présidente du comité exécutif a parlé en mon nom. Ce sont les mêmes propos que je tenais de mon côté. »

Le maire indique que tout le monde a « de l’amélioration à faire ». « On va tous travailler ensemble dans la même direction. J’ai entendu que les gens vont quand même vouloir travailler avec M. Picard dans l’avenir. Ils n’auront pas le choix : il est là M. Picard. »

Annie Godbout estime qu’elle n’avait pas assez de données objectives pour prendre sa décision. « J’aurais préféré qu’on s’en tienne à la proposition initiale de consulter les élus et les directeurs qui travaillent avec M. Picard. Je voulais qu’on regarde froidement ce dossier-là. J’étais prête à faire un compromis dans la mesure où le mandat ne dépassait pas d’un an l’arrivée d’un nouveau conseil municipal. »

Mme Godbout croit que la décision a été devancée pour des raisons humaines. « Pour moi, on ne devrait pas traiter de dossiers de ressources humaines sur la place publique. »

Évelyne Beaudin a justifié son absence à ce moment précis du conseil en disant qu’elle était aux toilettes. « Les gens sont au courant des insatisfactions que j’ai eues avec M. Picard dans le passé, mais il a présenté ses excuses et je les ai acceptées. Peu importe la personne en poste, on devrait faire coïncider le mandat du directeur général avec celui du conseil municipal pour voir s’il y a une chimie. »

Mme Beaudin admet qu’il y a un malaise au conseil, mais que la source n’est pas le directeur général. « Il y a eu des fuites. Il y a des gens qui s’expriment dans les médias. Certains perçoivent ça comme une trahison. Oui il y a des tensions au conseil municipal. »

La conseillère se dit rassurée pour la suite des choses avec le directeur général et assure ne pas entretenir de ressentiment à son endroit malgré l’épisode tumultueux entre eux.