Les trampolines sont trop souvent la cause de blessures chez les enfants, déplore un médecin urgentiste de Sherbrooke.
Les trampolines sont trop souvent la cause de blessures chez les enfants, déplore un médecin urgentiste de Sherbrooke.

Dangereux trampolines

 « L’été, j’ai affaire à au moins un enfant blessé dans un trampoline par quart de travail. »

Le Dr Nicolas Elazhary est l’un des médecins des urgences de l’Hôtel-Dieu et de Fleurimont du CIUSSS de l’Estrie – CHUS. Il en a long à dire sur les accidents causés chez des enfants s’étant fait mal en sautant dans un trampoline dans l’arrière-cour de la maison familiale.

« Il y a un problème de surveillance et un problème d’installation des trampolines », résume-t-il lors d’un entretien accordé à La Tribune.

« Les parents ne surveillent pas assez les enfants qui sautent dans les trampolines. En plus, souvent ils ne sont pas installés de façon sécuritaire. »

Ces appareils à rebonds doivent minimalement être équipés d’un filet pour protéger les utilisateurs d’une chute au sol. L’environnement devrait être matelassé, de même que les ressorts servant à tendre la toile.

On devrait aussi limiter le nombre d’utilisateurs à un ou deux, ajoute le Dr Elazhary. « Souvent, quand il n’y a pas de parent pour surveiller, le nombre augmente. Les enfants se retrouvent à quatre et cinq sur le trampoline. C’est trop. Ce n’est pas une gardienne d’enfants! »

« En plus, la nouvelle mode c’est d’ajouter des ballons. Ce n’est pas fait pour ça. »

Il est difficile de déterminer la proportion de patients se présentant aux urgences du CIUSSS après un accident de trampoline. Les traumatismes sont inscrits au même registre sans distinction des causes.

« Ça arrive plus souvent qu’on pense. Je dirais même que c’est sous-estimé », dit-il.

« Mais il n’y a pas vraiment de statistique officielle à ce sujet. »

Blessures multiples

Les blessures sont multiples : des poignets et des avant-bras cassés, des entorses, des fractures aux jambes, des commotions et des traumatismes crâniens même.

Les adultes se présentant à l’urgence après un accident de trampoline sont rares. Les cas rencontrés s’étaient produits dans des centres spécialisés, souligne-t-il. 

Le Dr Nicolas Elazhary n’est pas contre les trampolines. Il en a même acheté un pour ses filles. « C’est un bon divertissement, mais il faut que ça soit bien installé et les règles doivent être claires », déclare-t-il.

« Je me suis assuré que notre trampoline soit bien installé. J’ai même installé un cadenas dans l’ouverture du filet. Comme ça, mes filles n’y ont accès que lorsque je suis là. Ce n’est pas sans risque, c’est ce qu’il faut retenir. »

Nicolas Elazhary s’attend à un été occupé à ce chapitre. Comme les possibilités de sortie pour les familles seront limitées en raison de la lutte contre la pandémie, on se tournera vers les activités à faire à la maison. « Les trampolines se vendent énormément », note-t-il.

« On dirait que tout le monde en veut. J’ai fait des recherches pour en trouver un pour des amis. C’est très rare. »