Marcel Rodrigue a contribué de près à l'érection de la croix du mont Bellevue alors qu'il était à l'emploi de Métallurgie moderne en 1950.

Croix du mont Bellevue: « C'est mon ouvrage, ça! »

Le Sherbrookois Marcel Rodrigue a découpé soigneusement, lundi, une chronique de la Société d'histoire de Sherbrooke parue dans La Tribune et qui rappelle l'installation de la croix lumineuse du mont Bellevue en 1950.
« C'est mon ouvrage, ça! » lance fièrement l'homme de 91 ans qui a grimpé dans la structure à l'époque pour en assembler les trois sections.
M. Rodrigue était soudeur de métier, employé de Métallurgie moderne quand l'entreprise sherbrookoise a obtenu le contrat d'ériger une croix de 33 mètres de hauteur sur le mont Bellevue, pour souligner l'Année sainte.
Cette année-là, le pape Pie XII lançait l'invitation au monde d'ériger une croix dans leur communauté en symbole de paix. À Sherbrooke le projet a coûté 10 000 $, dont 8000 $ ont été recueillis en souscription populaire.
Métallurgie moderne comptait alors trois employés, selon les souvenirs de M. Rodrigue, mais il était le seul à pouvoir travailler à une telle hauteur.
« J'étais habitué, relate M. Rodrigue, puisque j'avais travaillé sur les chantiers maritimes à Sorel auparavant. Ça ne me dérangeait pas du tout les hauteurs. »
En plus, le patron de Métallurgie moderne, M. Blais, avait offert un petit bonus pour cette tâche peu commune.
Peu enclin au vertige, le jeune soudeur de 25 ans a néanmoins suggéré au patron un système d'attache avec des câbles pour assurer sa sécurité. « Si je tombais, je ne serais pas tombé bien loin », raconte-t-il en riant.
Construite en trois sections, la structure de la croix lumineuse a été transportée sur le mont Bellevue pour être assemblée et soudée par M. Rodrigue directement sur place.
L'homme natif de Stanstead, qui est devenu soudeur pour s'exempter de la guerre en 1939, ressent encore aujourd'hui une grande fierté quand ses yeux s'attardent sur la croix qui continue de veiller sur la ville depuis 66 ans. 
Quelques années plus tard, se souvient-il également, il est remonté dans un chantier en hauteur pour souder des éléments du clocher de l'église Sainte-Thérèse.
« C'est de beaux souvenirs que je garde en mémoire », conclut le sympathique nonagénaire.