Le réalisateur et scénariste Anh Minh Truong s’est prêté au jeu de Littérature contre la montre, un défi consistant à créer un court-métrage en seulement 48 heures à partir du texte écrit par un auteur invité.

Créer un film... en 48 heures

Un épineux marathon créatif. Voilà dans quoi se sont lancés cinq auteurs et cinq réalisateurs, jeudi soir, dans le cadre du défi Littérature contre la montre en marge du Salon du livre de l’Estrie. Alors que cinq lettres de rupture ont été couchées sur papier à coups de machine à écrire lors de la soirée spéciale Littérature et autres niaiseries tenue jeudi, les textes ont été immédiatement remis à des équipes de cinéastes, qui tenteront de leur donner vie en moins de 48 heures.

Francine Ruel, Marie Demers, Sébastien Dulude, VioleTT Pi (Karl Gagnon) et Olivier Sylvestre ont prêté leur plume pour l’exercice, alors que Anh Minh Truong, Mik Landry, Marie-Lou Béland, Marc-Antoine Chantal et Julian Lieutenant-Duval exploitent activement leurs talents cinématographiques en vue de la projection officielle de leur œuvre respective, qui aura lieu samedi à 19 h, à la Maison du Cinéma. 

Pour arriver à leurs fins, les réalisateurs ont dû faire appel à leur réseau et à des bénévoles, tant pour les assister d’un point de vue technique que pour apparaître à l’écran. Toute la production est à leurs frais. 

Alors qu’il s’apprêtait à tourner une bonne partie de la nuit dans une maison louée en campagne avec seulement « 30 minutes de sommeil dans le corps », Anh Minh Truong a accordé quelques minutes à La Tribune pour discuter de son court-métrage guidé par le texte de Francine Ruel. 

« J’ai terminé d’écrire le scénario à 8 ou 9 h ce matin, raconte-t-il. Pour moi, la question n’était pas vraiment si on allait pouvoir rendre un film : je suis confiant, c’est mon métier. C’était plutôt de pouvoir écrire un film en quelques heures, alors que d’habitude, ça représente des mois. Je n’ai pas voulu le faire seulement pour le trip, j’aimerais pouvoir rendre un film dont je suis fier. »

« Je reviens au type de réalisation que je faisais quand j’avais vingt ans. J’appelle les gens pour leur demander “Viens-tu triper avec nous?”, parce qu’il n’y a pas de chèque de paie au bout. Le défi de tourner dans un endroit comme l’Estrie, c’est surtout de trouver de la main-d’œuvre, on est quand même cinq équipes à tourner en même temps », indique celui qui compte sur l’aide de 12 bénévoles. 

Comme l’explique la directrice générale du Salon du livre de l’Estrie, Émilie Pinard, cette nouvelle activité vise à donner naissance à des créations multidisciplinaires exclusives au Salon, en collaboration avec Kino Sherbrooke. « C’est une expérience, dans le sens de “test”, mais aussi dans le sens de faire vivre quelque chose. Les contraintes techniques étaient vraiment multiples, tant pour les réalisateurs que pour les auteurs, qui devaient composer avec des machines à écrire à la noirceur, en plein spectacle, alors que les gens du public venaient leur demander d’inclure certains éléments », partage Mme Pinard, qui précise que le défi n’a rien d’une compétition.

Les billets pour la projection seront vendus aux tarifs habituels de la Maison du Cinéma. Une relecture des textes ainsi qu’une conversation entre les auteurs et les réalisateurs se grefferont à la présentation des courts-métrages.