Propriétaire du Pizzicato, Alexandre Côté mettra à profit la grandeur de son resto afin de répondre aux nouvelles normes de capacités en restauration exigées par le gouvernement Legault.
Propriétaire du Pizzicato, Alexandre Côté mettra à profit la grandeur de son resto afin de répondre aux nouvelles normes de capacités en restauration exigées par le gouvernement Legault.

Créativité et gros bon sens dans les restaurants

Sonia Bolduc
Sonia Bolduc
La Tribune
La réflexion sur la poursuite de leurs activités et les conditions à mettre en place afin d’y arriver était déjà amorcée depuis quelques jours chez la plupart des restaurateurs et tenanciers de bars. La directive du gouvernement Legault de fermer les bars et de diminuer de moitié la capacité des restaurants aura facilité le processus décisionnel de plusieurs d’entre eux.

« On était en réunion ce matin (dimanche) pour décider de ce qu’on allait faire, ça facilite notre décision. C’est là où on s’en allait de toute façon pour assurer la santé de la clientèle et du personnel, pour diminuer le stress et pour être conséquent avec ce qui se passe en ce moment. C’est le gros bon sens qui parle », s’entendent les copropriétaires du bistro Les Loubards, Mario Coulombe, Christian Fournier et Marc Thibault.

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Le taux de fréquentation de la dernière fin de semaine était d’à peine 25 pour cent de ce qu’elle est habituellement dans cet établissement de la rue Frontenac, au centre-ville de Sherbrooke.

Une baisse semblable à celle enregistrée au restaurant Auguste, sur Wellington Nord. La propriétaire Anik Beaudoin a ainsi décidé de fermer l’établissement pour les dix prochains jours, et ce avant même l’invitation de François Legault à réduire la capacité d’accueil.

« On était à 20 pour cent de notre taux de fréquentation habituelle en fin de semaine, note-t-elle. Je respecte le choix de chaque restaurateur. De notre côté, on décide de mettre la santé de notre personnel en priorité et de ne pas réduire leurs heures de travail. Les employés auront ainsi accès à des meilleures prestations d’assurance emploi », explique celle qui a avisé son personnel en soirée, dimanche.

D’autres restaurateurs du centre-ville ont décidé de poursuivre leurs activités en réduisant les heures d’ouverture et en procédant à des mises à pied temporaires, comme chez Pizzicato, en mettant en place un service de livraison bonifié, comme à la taverne américaine O Chevreuil, ou en gérant l’espace pour répondre aux exigences, comme au Tapageur.

« On travaille sur un système de repas et livraison durant les semaines plus difficiles pour aider les gens », note d’ailleurs Maxime Saumier Demers, copropriétaire du O Chevreuil.

« Notre grande capacité d’accueil nous permettra de passer au travers de cette situation, croit quant à lui Alexandre Côté, propriétaire du Pizzicato. Je suis solidaire de mes compatriotes restaurateurs qui ont des plus petits locaux et qui dépendent de la rentabilité de chacune de leurs places. »

François Legault a annoncé la fermeture et la réduction de la capacité des restaurants lors de son point de presse de dimanche.

La Maison du cinéma inquiète pour le portefeuille de ses employés

La Maison du cinéma n’a pas traîné pour appliquer les directives du gouvernement Legault, dimanche. Les enjeux logistiques reliés à l’arrêt des projections peu après l’annonce ont été bien surmontés, mais plusieurs inquiétudes au sujet de la précarité des employés demeurent, affirme le propriétaire et directeur général Alexandre Hurtubise. 

« C’est quelque chose qui n’est pas facile, de fermer son entreprise. C’est assez unique la situation qu’on vit tous. Mais, après la santé et la sécurité de nos clients et de notre équipe, la principale préoccupation que nous avons depuis plusieurs jours, c’est la situation financière de notre personnel », explique M. Hurtubise, qui emploie près de 50 personnes, dont une dizaine à temps plein.

Même si le gouvernement Legault a annoncé des compensations financières pour les entreprises et les travailleurs dans cette situation, M. Hurtubise affirme qu’un flou demeure quant aux montants disponibles et aux délais de versement. 

« On va devoir user d’un petit peu plus de créativité. On a prévu une rencontre demain [lundi] avec l’ensemble des membres du personnel pour répondre à leurs questions et les supporter du mieux qu’on pourra pour les jours et les semaines à suivre. Ce sera du cas par cas. » Jasmine Rondeau