Environ 250 manifestantes ont parcouru les rues de la Ville de Sherbrooke, vendredi.

CPE : les éducatrices de l'Estrie sortent dans les rues

Armées de pancartes et de slogans, environ 250 éducatrices des 13 Centres de la petite enfance (CPE) de l’Estrie membres de l’Association patronale nationale des CPE (APNCPE) se sont mobilisées dans les rues de Sherbrooke, vendredi. Les conditions de travail sont les principaux enjeux des négociations.

Le président de la CSN Estrie, Denis Beaudin, a évoqué que les éducatrices ne se battent pas pour leur salaire. « Vous ne vous battez pas pour avoir plus d’argent. Vous vous battez pour pouvoir conserver ce que vous avez. Vous ne voulez pas avoir de diminution dans les conditions de travail à l’intérieur de vos CPE. Vous voulez avoir la même chose que les trois quarts des autres travailleuses en Estrie », a-t-il rappelé aux éducatrices sous les applaudissements de celles-ci.

De son côté, la présidente du syndicat des travailleuses en CPE de l’Estrie — CSN, Stéphanie Vachon, explique que les 22 autres CPE de l’Estrie ont déjà une entente. « On se bat parce que nos travailleuses membres de l’APNCPE sont sans contrat de travail depuis trois ans. On a déjà une entente avec 22 autres de nos CPE qui inclut la Table nationale. L’APNCPE ne veut pas inclure l’entièreté de la Table nationale donc il faut la négocier d’un bout à l’autre.

Points d’achoppement

« Les points cruciaux qui achoppent, ce sont les clauses locales, poursuit-elle. C’est le quotidien des travailleuses. L’APNCPE veut avoir une seule clause qui représenterait les 13 CPE, mais qui enlève les couleurs locales, qui ne répond pas aux demandes des travailleuses et qui amène un texte super large, ce qui fait que l’employeur peut faire ce qu’il veut. »

Denis Beaudin, lui, comprend les travailleuses d’être fâchées. « Ce sont des travailleuses exceptionnelles. Oui elles sont en colère, mais elles sont toujours dans la bonne humeur. Je les comprends d’être en colère, car demain (samedi), dans le même syndicat, il y aura 550 filles qui vont se rassembler pour entériner une entente de principe. Tout le monde est content, sauf les 250 qui sont ici », martèle-t-il.

Les éducatrices en grève ne veulent pas faire partie d’une classe seconde, selon M. Beaudin. « Le but de l’APNCPE, on le voit, c’est de faire des travailleuses d’une deuxième classe et des gens qui ne sont pas traités de la même façon que les autres. Il n’y a pas une travailleuse qui va accepter ça sans raison valable et aucune raison valable n’a été mentionnée à la table des négociations », plaide-t-il.

La porte-parole de l’APNCPE, Chantal Bellavance, affirme que les négociations ont commencé tard. « Le syndicat est au courant qu’on ne ferait pas partie de la table nationale depuis le début de l’année 2017. Nous avons demandé de commencer les négociations et ça ne s’est pas fait, nous avons commencé à l’automne. Nous avons dû forcer les choses pour commencer les négociations », assure-t-elle.

Les négociations avancent

Malgré les désaccords, les négociations vont bien selon la porte-parole de l’APNCPE, Chantal Bellavance.

« Difficile de dire si l’entente surviendra avant le 31 mars, mais l’objectif est de régler le conflit le plus rapidement possible. Actuellement, les négociations se passent bien. On espère que la grève n’envenimera pas la suite des choses », a-t-elle commenté lors d’une entrevue téléphonique avec La Tribune.

Le son de cloche est le même pour la présidente du syndicat des travailleuses en CPE de l’Estrie — CSN Stéphanie Vachon. « On avance. Il y a beaucoup de travail, on termine très tard le soir de part et d’autre. Ils partaient avec 386 demandes, donc c’est à eux de faire le plus gros du travail. On a beaucoup de textes à analyser paragraphe par paragraphe. C’est excessivement long », analyse-t-elle.

« Pour la suite, on a déjà des dates de fixées, poursuit-elle. Nous reprendrons lundi et mardi. L’objectif est d’avoir une entente le 31 mars. On a quatre jours de négociations pour avancer le plus possible. » Le syndicat a encore trois jours de grève en banque.