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Le premier ministre François Legault
Le premier ministre François Legault

COVID-19: un traitement-choc plus long que prévu [VIDÉO]

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Le Soleil
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La fin du traitement choc est reportée d’une semaine. Devant la récente explosion des cas, le gouvernement Legault maintient les mesures d'urgence jusqu’au 18 avril à Québec, Lévis, en Beauce et à Gatineau.

La situation, loin de s’être améliorée, s’est même détériorée au cours des derniers jours dans certaines régions, qui fracassent des records d’infections quotidiennes.

Évoquant initialement des «mesures temporaires pour une dizaine de jours» à Québec, Lévis et Gatineau, surtout en prévision du long congé de Pâques, le premier ministre François Legault prévoyait la levée de celles-ci le 12 avril. La Beauce s’y était aussi greffée pendant la fin de semaine.

Pas de miracle

L’évolution effrénée de la situation, alimentée par la présence accrue de variants, le pousse toutefois à faire autrement. L’horizon d’un éventuel retour en «zone rouge» traditionnelle s’éloigne dans ces sous-régions.

«Malgré les mesures qu’on a annoncées la semaine dernière, la situation reste difficile», a signifié M. Legault, en compagnie du ministre de la Santé Christian Dubé et du Dr Horacio Arruda, directeur national de santé publique.

C'était la deuxième fois en 48h que le trio s’adressait à la population, signe de la gravité des hausses récentes de cas.

Mardi, le Dr Arruda laissait pourtant savoir que la prolongation des mesures spéciales d’urgence n’était «pas visée» et que Québec, Lévis, Gatineau, une MRC de l’Outaouais et cinq en Chaudière-Appalaches avaient, «98 %» de chance de retourner en zone rouge.

Il aurait fallu un «miracle», pour permettre un passage en zone orange à partir du 12 avril, disait-il.

Le miracle ne s’est pas produit.

C'était la deuxième fois en 48h que le trio s’adressait à la population, signe de la gravité des hausses récentes de cas.

Scénario attendu, il faudra donc user de patience et attendre (au moins) après le 18 avril pour remettre le pied dans des commerces non essentiels comme les gyms ou les restaurants.

Statu quo pour le couvre-feu, il demeure interdit de mettre le nez dehors entre 20h et 5h sans raison valable pour une semaine de plus dans ce «mois de tous les dangers».

Les écoles resteront aussi fermées, l’enseignement continuera à distance, parce que la situation est «grave».

«On n’est pas à l’abri d’une explosion de cas dans les jours qui viennent. Il faut prendre conscience qu’il y a un danger, qu’on a affaire à un variant qui est plus vicieux», justifie le premier ministre Legault.

À elles seules, la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches cumulaient presque 40% des nouveaux cas confirmés, jeudi.

Stable à Montréal, l’Estrie sous surveillance

Plus à l’ouest, la «stabilité» des cas rapportés à Montréal et à Laval perdure. Mais la crainte d’une hausse prochaine «probable» incite quand même le gouvernement à implanter des mesures préventives.

Le couvre-feu de 21h30 aura duré le temps d’une rose, puisqu’il se voit ramené à 20h à partir de dimanche afin de «mieux suivre ce qui se passe dans les maisons». La Santé publique ne recommande par contre pas la fermeture des écoles dans ces régions «pour l’instant».

«Il n’est pas impossible qu’on réussisse à se rendre jusqu’au mois de juin, mais il n’est pas impossible non plus qu’on soit obligés de fermer les écoles pour contenir la troisième vague», met en garde M. Legault.

En Estrie, la «forte augmentation» récente des cas lui vaut le statut «sous haute surveillance». Actuellement orange, il n'est «pas exclu» que la région bascule au rouge la semaine prochaine, «si la tendance se maintient».

Quant à elles, les régions de Lanaudière, des Laurentides et de la Montérégie sont suivies de «très près».


« On n’est pas à l’abri d’une explosion de cas dans les jours qui viennent. Il faut prendre conscience qu’il y a un danger, qu’on a affaire à un variant qui est plus vicieux »
François Legault

Éviter le délestage

La troisième vague arrive tranquillement dans les hôpitaux québécois. Jeudi, 23 personnes de plus se sont retrouvées hospitalisées, dont 9 aux soins intensifs.

Les lits libres se font de plus en plus rares, mais le délestage de certaines activités a jusqu’ici été «évité», avance prudemment le ministre de la Santé. Les opérations fonctionnent toujours à 85% et il n'entrevoit pas non plus de devoir mettre de côté d’autres soins «à très court terme». «C'est ce qu'on veut éviter», répète-t-il.

Dans ses projections, l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) projetait jeudi une augmentation des hospitalisations à venir, devant la montée des cas de COVID-19 dans certaines régions.

En dehors du Grand Montréal, l’organisme prévoit que les unités de soins intensifs sont susceptibles d’être remplies d’ici les trois prochaines semaines. Chez les patients atteints du virus, 29% de plus nécessiteront un séjour aux soins intensifs. Parmi eux, 70% sont âgés de moins de 70 ans. L'impact des nouvelles restrictions n'est cependant pas encore visible et pourrait changer la donne.

«Vif succès» pour l’AstraZeneca

«Je ne pensais jamais que je verrais autant de files d’attente», s’est réjoui le ministre Dubé, constatant en fin de journée l’engouement pour le vaccin AstraZeneca.

Jeudi marquait la première journée où la Santé publique offrait sans rendez-vous le controversé vaccin aux volontaires de 55 à 79 ans. Un «vif succès», a encore dit Christian Dubé.

À compter de vendredi, il sera possible de s’inscrire via la plateforme Clic Santé, afin de recevoir le vaccin AstraZeneca.

Les premiers pôles de vaccination en entreprise, répartis dans huit régions, ont par ailleurs été dévoilés en fin de journée par le ministère de la Santé et des Services sociaux. D’autres s’ajouteront dans les prochaines semaines, pour un début de l’opération au mois de mai.

L’appel du ministre, lancé le 19 mars, a été entendu par 450 entreprises, qui ont levé la main pour contribuer à l’effort de vaccination.

L'objectif est d’administrer dans les entreprises au moins 500 000 doses.

FAITS SAILLANTS

  • Les mesures d'urgence sont prolongées d'une semaine, jusqu'au 18 avril inclusivement à Québec, Lévis, en Beauce et à Gatineau.
  • Le couvre-feu est donc maintenu à 20h et les commerces non essentiels comme les gyms et les restaurants demeureront fermés après le 12 avril, date préalablement fixée par le gouvernement pour le retour en «zone rouge» traditionnelle.
  • Des mesures préventives sont implantées dans les régions de Montréal et de Laval, où une hausse prochaine des cas est «probable». Le couvre-feu est ramené à 20h, à partir de dimanche afin de «mieux suivre ce qui se passe dans les maisons», mais les écoles demeurent ouvertes.
  • L'Estrie est «sous haute surveillance», en raison d'une forte augmentation du nombre de cas dans les derniers jours. Actuellement orange, il n'est «pas exclu» que la région bascule au rouge la semaine prochaine, «si la tendance se maintient». 
  • Quant à elles, les régions de Lanaudière, des Laurentides et de la Montérégie sont suivies de «très près». La situation demeure stable. 
  • Le ministre de la Santé Christian Dubé dit que le délestage a jusqu'ici été «évité». Les opérations fonctionnent toujours à 85%, il n'entrevoit pas non plus de délestage «à très court terme».