La vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique du Québec Geneviève Guilbault a annoncé mercredi le resserrement des mesures de santé publique dans les commerces en prévision de la période achalandée du magasinage des Fêtes.
La vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique du Québec Geneviève Guilbault a annoncé mercredi le resserrement des mesures de santé publique dans les commerces en prévision de la période achalandée du magasinage des Fêtes.

COVID-19: Québec resserre la vis pour le magasinage de Noël [VIDÉOS]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Le gouvernement Legault serre un peu plus la vis pour le magasinage de Noël. À compter de vendredi, un nombre maximal de clients sera admis dans les centres d’achats, magasins à grande surface et autres commerces encore ouverts, selon la superficie du lieu.

Avec encore neuf jours pour sauver ce qu’il reste des Fêtes et les indicateurs de la pandémie de COVID-19 qui continuent de grimper, Geneviève Guilbault a annoncé de nouvelles mesures sanitaires plus restrictives, mercredi matin.

«L’achalandage et le magasinage du temps des Fêtes sont bel et bien commencés, et c’est tout à fait normal. Par contre, il y a une tendance dans la propagation du virus qui peut nous inquiéter et on veut éviter [que le magasinage] devienne un facteur aggravant», a expliqué la vice-première ministre, ministre de la Sécurité publique et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, en mêlée de presse distanciée.

Mme Guilbault a donc annoncé l’imposition d’une capacité limite pour chaque espace commercial, à compter du 4 décembre, selon une formule où la superficie en mètres carrés du centre commercial ou du magasin sera divisée par 20 pour obtenir le nombre maximal de clients. Ce qui donnera en principe un espace de 20 m2 par client.

Les plus petits magasins dont la superficie est inférieure à 20 m2 devront s’en tenir à un seul client à la fois.

Affichage obligatoire

Le propriétaire ou commerçant se voit ensuite dans l’obligation d’afficher cette capacité maximale à l’entrée, bien à la vue, et bien sûr de la faire respecter.

La distanciation de 2 m entre les personnes dans le commerce et dans la file d’attente à l’extérieur, s’il y a lieu, devient aussi obligatoire et de la responsabilité du commerçant de s’en assurer.

Le port du couvre-visage dans les lieux fermés demeure aussi obligatoire.

Des constats d’infraction de 1000 $ à 6000 $ pourront être distribués aux commerçants ou aux clients, selon la faute, et la possibilité de faire fermer un commerce sur ordre de la Santé publique s’avère réelle.

La surveillance sera de plus accrue de la part des inspecteurs de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) et des policiers, surtout à des moments d’achalandage important comme aux soldes d’Après-Noël.

«La chance d’être encore ouverts»

«Ces commerces ont la chance d’être encore ouverts, alors c’est le compromis qu’on leur demande», affirme la ministre Guilbault, soulignant une recrudescence des cas de COVID-19 dans la tranche d’âge des 45 à 64 ans, clientèle cible de beaucoup de commerces.

«On ne veut pas les fermer, alors c’est pour ça qu’on ajoute une couche de mesures aujourd’hui, pour rendre ces lieux les plus sécuritaires possible», poursuit la vice-première ministre.

Elle insiste sur l’importance d’établir des «balises claires auxquelles il est facile de se référer pour les commerçants, les clients et les policiers».

Plusieurs magasins contrôlent déjà le nombre de clients présents sur le plancher, comme à la SAQ avec un nombre maximal de paniers. Mais à partir de vendredi, tous seront obligés de le faire ou s’exposeront à des amendes.

Les musées? Les patinoires?

Les partis d’opposition sont unanimes à dire que le gouvernement ne remplit pas sa part du «contrat moral» proposé le 19 novembre par le premier ministre François Legault, lors de la première annonce d’un plan de rassemblements sur quatre jours aux Fêtes.

Mardi, M. Legault a remis en doute la viabilité de ce plan, à la lumière de la hausse des cas et surtout des hospitalisations à cause de la COVID-19, se donnant jusqu’au 11 décembre pour statuer.

Co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois se demande pourquoi on garde les centres commerciaux ouverts, mais pas les musées et les rayons des bibliothèques publiques.

Au Parti québécois, le porte-parole en matière de santé Joël Arseneau parle d’un «faux suspense» d’ici au 11. Tandis que le chef, Paul St-Pierre Plamondon, se questionne sur le fait qu’«on préfère que nos enfants se rassemblent au centre d’achats plutôt qu’à la patinoire du coin», puisque les parties de hockey sont interdites.