Le CPE <em>Les amis du globe </em>doit composer avec cinq enfants qui ont contracté la COVID-19. Au cours des sept derniers jours, 84 Estriens ont été déclarés positifs à la COVID-19.
Le CPE <em>Les amis du globe </em>doit composer avec cinq enfants qui ont contracté la COVID-19. Au cours des sept derniers jours, 84 Estriens ont été déclarés positifs à la COVID-19.

COVID-19 : une première éclosion dans un CPE de l’Estrie

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
L’Estrie fait face à sa première éclosion dans un CPE depuis le début de la pandémie. Le CPE Les amis du globe doit composer avec cinq enfants qui ont contracté la COVID-19.

« Les enfants et le personnel qui étaient considérés comme des risques élevés ou modérés ont été retirés de leur milieu de façon préventive », a indiqué lundi après-midi le directeur de la Santé publique de l’Estrie, le Dr Alain Poirier, dans un point de presse visant à faire le point sur les nombreuses éclosions en cours en Estrie.

« Le premier enfant était symptomatique. Il toussait un peu. Mais les quatre autres enfants qui ont été testés positifs étaient asymptomatiques », indique Manon Picard, directrice générale de ce CPE de 57 places situé sur la rue Thibault, en milieu défavorisé et multiethnique.

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Pour le moment, 23 enfants et deux éducatrices sont retirés de leur milieu par prévention. Le taux de fréquentation de l’installation a chuté de façon importante, plusieurs parents préférant garder leur enfant avec eux.

« La Santé publique est très présente pour nous soutenir et assurer un suivi quotidien, et c’est rassurant », mentionne Mme Picard.

La directrice se félicite d’être extrêmement stricte, depuis le début de la pandémie, sur les mesures de protection qui sont prises à l’intérieur de son CPE, par exemple sur l’exigence de porter des équipements de protection individuelle ou en faisant l’accueil des enfants à la porte afin d’éviter que les parents se promènent à l’intérieur du CPE.

« Malgré toutes les mesures que nous avons prises, nous avons quand même des cas! », se désole-t-elle.

Il faut toutefois noter que ce CPE est situé dans le quartier d’Ascot, où le nombre de personnes confirmées positives continue d’augmenter : il était à 56 personnes lundi après-midi.

Pour Manon Picard, une seule directive reste incompréhensible : lorsqu’un enfant a été en contact avec un enfant atteint de la COVID, son frère ou sa sœur peut venir au CPE même si un des enfant est retiré par mesure de prévention par la Santé publique pour 14 jours, alors que la période d’incubation peut pourtant varier grandement d’une personne à l’autre.

« Voir des frères et sœurs d’enfants d'enfants retirés a choqué plusieurs de nos parents. Je l’ai nommé à la Santé publique plusieurs fois. Mais ce n’est pas ici, en Estrie, qu’ils ont le pouvoir de changer une telle directive », ajoute la directrice du CPE.

56 résidents positifs dans Ascot

Dans le quartier d’Ascot, le dépistage va bon train. Lundi, la Santé publique avait déniché 56 personnes positives sur des centaines de résidents testés.

« Les résidents du secteur répondent très bien à notre appel au dépistage, d’ailleurs. Encore ce matin au Centre de dépistage désigné de la rue Murray, il y avait une longue file d’attente et on me dit que ce sont principalement des gens de ce secteur qui viennent encore se faire tester. On regarde les possibilités pour faire d’autres cliniques mobiles de dépistage au cours des prochaines jours », a expliqué le Dr Poirier.

Il n’est pas question pour le Dr Poirier de parler de « situation hors de contrôle » dans le secteur d’Ascot. « On pourrait dire ça si les résidents du secteur ne s’en préoccupaient pas, ne venaient pas se faire tester, s’ils ne répondaient pas aux appels de la Santé publique, mais ce n’est pas le cas », a-t-il insisté.

En plus de cette nouvelle éclosion dans le CPE et de l’agrégat de cas dans le secteur d’Ascot, des éclosions sont toujours en cours mais stables chez BRP à Valcourt, au Centre Saint-Michel, au CHSLD de Lambton et au CHSLD d’Youville.

L’éclosion au CHSLD de Lambton continue de susciter une très grande attention de la part du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Une éclosion dans un CHSLD est préoccupante, car on sait que nos aînés sont vulnérables. On intervient dans ce genre de situation avec beaucoup d’énergie », souligne le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie.

Jusqu’ici, quatre employés et six résidents ont été déclarés positifs. Les résidents atteints du coronavirus ont été transférés dès samedi vers la « zone chaude du centre de confinement de Sherbrooke ».

En chiffres

Le nombre de personnes malades par le coronavirus a fait un bond de 40 personnes en deux jours en Estrie, ces personnes malades habitant principalement les réseaux locaux de services (RLS) de Sherbrooke (26 personnes) et du Granit (11 personnes).

Bonne nouvelle toutefois : aucune nouvelle hospitalisation n’est à souligner dans la région. Alors qu’on comptait vendredi deux personnes hospitalisées dans les lits de soins réguliers et deux personnes aux soins intensifs, il ne reste plus qu’une personne hospitalisée et une aux soins intensifs. Le bilan de 26 décès demeure quant à lui inchangé depuis le 23 juin.

Au cours des sept derniers jours, 84 Estriens ont été déclarés positifs à la COVID-19. Cette augmentation, bien que préoccupante, n’est pas si surprenante en raison des événements survenus dans le quartier d’Ascot, a signalé en entrevue jeudi la Dre Geneviève Petit, médecin-conseil à la direction de la Santé publique de l’Estrie. « C’est normal que le nombre de cas confirmés grimpe parce qu’on teste beaucoup, et dans des populations qui ont été possiblement infectées, donc c’est normal qu’on trouve des cas », avait-elle déclaré.

Le bilan total pour l’Estrie est maintenant de 1249 personnes testées positives, 26 décès et 1099 personnes considérées comme guéries.