Une manifestation anti-masque à Québec.
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COVID-19 : les Canadiens affichent un niveau de confiance plutôt élevé envers les autorités

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
SHERBROOKE - Les Canadiens affichent un niveau de confiance « plutôt élevé envers les diverses autorités impliquées dans la gestion de la pandémie actuelle ». Selon une enquête internationale dirigée par l’Université de Sherbrooke, 89 % de la population canadienne fait confiance aux experts en santé publique, autant à l’égard des médecins et des scientifiques que des organisations nationales internationales.

La professeure Marie-Ève Carignan, l’une des instigatrices de ce projet de recherche, estime que ces résultats sont rassurants.

Le niveau de confiance au Canada se révèle plus grand qu’aux États-Unis, mais aussi plus grand d’une manière générale, qu’en Angleterre, en Suisse, à Hong Kong, aux Philippines, en Nouvelle-Zélande et en Belgique. 

À titre comparatif, 79 % des Belges, 77 % des Américains et 68 % des Hongkongais font confiance aux experts en santé publique.

Le sondage a été mené auprès de 8800 personnes, dont 1500 Canadiens, en juin dernier. Le coup de sonde s’inscrit dans le cadre d’un projet de recherche sur la réponse psychologique et comportementale face à la pandémie. Il s’intéresse aussi à l’influence des stratégies de communication et du discours dans les médias, piloté par une équipe de l’UdeS. 

« Bien que nous soyons préoccupés par l’adhésion très rapide à certaines idées conspirationnistes en lien avec la COVID-19 et par la présence de ce phénomène au Canada et au Québec, ces nouvelles données révèlent que la situation semble plus préoccupante ailleurs dans le monde. Nos prochaines analyses nous permettront de valider ces résultats et de voir si cette tendance se maintient avec la naissance de mouvements anti-masque et libertariens qui ont été fortement exposés médiatiquement au cours des derniers mois », indique la professeure Marie-Ève Carignan, également directrice du pôle Média de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents, qui s’intéresse aussi à ces questions.

« Comme nos études préliminaires ont révélé que l’adhésion aux thèses complotistes était particulièrement marquée chez les plus jeunes répondants, nous entreprenons en ce moment même en parallèle avec la Chaire un nouveau projet qui permettra de mieux comprendre l’étendue du phénomène chez les jeunes Canadiens. » 

L’institution soulève que les fausses nouvelles rencontrent un faible niveau d’adhésion au pays. 

« Les Canadiens semblent généralement avoir bien identifié les énoncés erronés que nous leur avons présentés, mentionne la professeure Marie-Ève Carignan. Néanmoins, un nombre important estime que le virus infecte principalement les personnes de plus de 55 ans. C’est préoccupant puisque ces répondants pourraient être moins enclins à se protéger, ne s’estimant pas dans la population à risque. » 

La confiance envers les politiciens est plus basse. Ainsi, 60 % de la population canadienne indique leur faire confiance. Le sondage fait aussi ressortir que les répondants ayant le plus fort sentiment d’insécurité face au coronavirus sont aussi ceux qui adhèrent le plus aux théories du complot.