Les travaux de construction prévus dans la future partie du site d’enfouissement de Coventry s’amorceront sans tarder.

Coventry: la compagnie déjà prête à lancer les travaux

Sans grande surprise, la compagnie New England Waste Services of Vermont a bien réagi à la décision de la commission environnementale. « On est très heureux d’avoir obtenu le feu vert », lance John Gay, un ingénieur œuvrant pour cette filiale de Casella Waste Systems.

Selon les informations transmises par M. Gay, les travaux de construction prévus dans la future partie du site d’enfouissement de Coventry s’amorceront sans tarder. « Nous ne sommes pas en avance. Il faut qu’on commence les travaux rapidement pour être prêt à temps », lance-t-il.

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Coventry: le Vermont donne le feu vert à l’agrandissement du site

« L’épée de Damoclès écartée »

S’il témoigne de sa satisfaction, le représentant de New England Waste Services soutient cependant que la décision relative au lixiviat ne s’appuie pas sur les connaissances scientifiques liées aux matières résiduelles. « La science démontre que le traitement de notre lixiviat à l’usine de Newport n’a pas d’impact sur la qualité de l’eau dans le lac Memphrémagog », affirme-t-il.

À ce sujet, il note que la commission environnementale pourrait réviser sa décision au sujet du lixiviat, advenant que l’usine d’épuration des eaux de Newport soit mieux équipée et plus performante.

« On a embauché une personne qui a pour mandat d’analyser la question du traitement de notre lixiviat de façon globale. On envoie notre lixiviat à plusieurs endroits et on peut se passer de l’usine de Newport. Mais c’est pratique de faire appel aux installations là-bas parce qu’elles sont moins loin. Alors une des possibilités, c’est qu’on travaille avec cette municipalité pour améliorer son usine. On verra. »

Une perte financière

Maire de Newport, Paul Monette se montre solidaire de New England Waste Services. « Je suis content que le permis ait été donné à l’entreprise », déclare-t-il.

Selon toute vraisemblance, l’usine d’épuration des eaux de Newport continuera à traiter du lixiviat provenant du site d’enfouissement de Coventry durant encore 90 jours, tel que permis par les autorités vermontoise. « Après ces 90 jours, je ne sais pas exactement ce qu’on fera. On va évaluer nos options », révèle M. Monette.

Pour la municipalité, l’arrêt du traitement du lixiviat représenterait une perte financière d’environ 200 000 $ par année. « On sera obligé d’augmenter les taxes municipales. Au minimum, je crois que chaque propriétaire devra payer 100 $ de plus par an à cause de cette diminution de revenus », souligne le maire.

Paul Monette assure toutefois qu’il n’entretient pas de rancœur envers les intervenants de l’Estrie qui se sont mobilisés pour contrer le projet d’expansion de New England Waste Services. « Tout le monde a le droit à son opinion. »


+ DUMP poursuivra sa lutte

Le groupe américain Don’t Undermine Memphremagog Purity (DUMP) n’a pas l’intention de lancer la serviette même si les autorités du Vermont ont autorisé l’agrandissement du site d’enfouissement de Coventry.

Porte-parole de DUMP, Henry Coe révèle que le groupe auquel il appartient tente d’obtenir le rejet pur et simple du projet d’expansion de la compagnie New England Waste Services of Vermont. Le tribunal doit d’ailleurs se pencher sur une requête déposée par ce regroupement d’opposants l’hiver prochain.

« Au Vermont, ce genre de projet d’expansion est analysé à partir de deux points de vue, celui environnemental et un second plus administratif. Nous, pour contester l’agrandissement, on a soumis une demande d’appel pour l’aspect administratif. Ce qu’on déplore en fait, c’est la décision favorable de la Natural Resources Agency dans ce dossier. Nous serons entendus en février 2020 », explique M. Coe.

Lorsqu’on le questionne sur la décision de la commission environnementale, le porte-parole de DUMP affirme qu’elle a provoqué des sentiments partagés parmi les gens de son groupe.

« On est très content pour ce qui est de l’arrêt du traitement du lixiviat à Newport et dans tout le bassin versant du lac Memphrémagog. Par contre, on est vraiment déçu que l’agrandissement soit autorisé », avoue-t-il.

Henry Coe rappelle que le site d’enfouissement reçoit non seulement des matières résiduelles en provenance du Vermont, mais également d’autres États environnants. L’importance du lieu est d’autant plus grande qu’il s’agit du seul dépotoir sur tout le territoire du Vermont.

« On ne pense pas qu’on devrait être la dump de plein de monde au Vermont et à l’extérieur. Si c’était un site public, on pourrait mettre des balises. C’est cependant une entreprise privée qui est la propriétaire de l’endroit alors on a moins de prise sur elle. »

M. Coe admet craindre que des contaminants provenant du lieu d’enfouissement se retrouvent en quantité importante dans la nature un jour. « Ils prétendent que les membranes renfermant les déchets ne coulent jamais, mais je ne crois pas à ça », lance-t-il.