Mélanie Ouellet dénonce le manque d’encadrement pour aider sa fille atteinte de troubles de l’apprentissage.
Mélanie Ouellet dénonce le manque d’encadrement pour aider sa fille atteinte de troubles de l’apprentissage.

Cours en ligne : un casse-tête pour les élèves à besoins particuliers

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
Inquiète pour la réussite scolaire de sa fille, Mélanie Ouellet souhaite dénoncer le manque d’encadrement auprès des élèves en difficultés au secondaire.

Selon Mme Ouellet, il est difficile de concevoir un apprentissage en ligne pour les parents d’enfants à besoins particuliers. « Ma fille a un TDA avec dyslexie sévère et une dyscalculie en mathématique. Elle pleure tous les jours depuis la reprise des cours à distance », confie la mère d’une élève de l’école secondaire du Triolet.

« J’ai été témoin de certaines rencontres en ligne qui manquent de sérieux. Les jeunes manquent de respect envers les professeurs, mais aussi envers les élèves qui veulent se concentrer. On entend de la musique, des niaiseries... [...] c’est vraiment problématique ».

Conditions « peu propices à l’apprentissage »

Après avoir partagé ses craintes à la direction de l’école, Mélanie Ouellet a été rassurée d’apprendre qu’il était impossible pour un élève d’échouer les cours qui étaient en voie de réussite avant la crise pandémique. Par contre, en mathématique, sa fille devra redoubler d’efforts dans des conditions qu’elle qualifie de « peu propices à l’apprentissage ».

« Ça fait trois jours qu’elle est laissée à elle-même et elle est complètement découragée. C’était déjà difficile en temps normal avec un plan d’intervention, maintenant j’ai l’impression qu’on va devoir lui enseigner nous-mêmes », raconte la mère désemparée.

Situation d’échec « grandement plausible »

Selon l’orthopédagogue Marie-Anne Lachance, « plus un élève porte des difficultés d’apprentissage avec lui, plus grande est sa tâche. Particulièrement en contexte d’autonomie, les jeunes doivent s’organiser seuls devant leur ordinateur. Pour plusieurs d’entre eux, la situation d’échec est grandement plausible malheureusement ».

Elle ajoute que les parents ne sont pas outillés pour encadrer certains défis d’apprentissage. « Ils ne savent pas nécessairement comment ça fonctionne et ce ne sont pas des spécialistes. De plus, il est difficile d’avoir le soutien d’un orthopédagogue dans les écoles en ce moment, le service en ligne n’existant pratiquement pas ». 

Mme Lachance conseille aux parents de ne pas hésiter à demander de l’aide. « Pour ceux qui en ont les moyens, un suivi personnalisé peut être offert par des orthopédagogues au privé. Autrement, ils doivent en parler avec les enseignants et la direction de l’école. La collaboration ici aura toujours sa place », explique-t-elle.

Circonstances exceptionnelles

Mme Ouellet comprend que la situation actuelle est exceptionnelle. Elle souhaite cependant que des démarches soient entreprises afin de favoriser la réussite scolaire des élèves à besoins particuliers. « Lorsque ma fille a demandé pour avoir le temps supplémentaire habituellement alloué lors d’un examen, son professeur a refusé. Il me semble que ce serait la moindre des choses », dénonce-t-elle. 

Par courriel, la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke indique avoir mis en place une offre de service d’accompagnement d’enseignement à distance aux élèves des écoles secondaires. 

« Un enseignant répondant est mandaté pour communiquer de façon hebdomadaire avec les élèves et des appels téléphoniques sont prévus pour ceux qui sont plus vulnérables. Des professionnels effectuent aussi un suivi avec les élèves sur le plan affectif et social. Bien sûr, cela demande de l’adaptation et des ajustements », a-t-on mentionné.