L’animatrice Isabelle Racicot qui a perdu sa mère à cause du cancer du sein et qui a elle-même subi une mastectomie préventive, sera porte-parole de la Course à la vie CIBC pour une deuxième année, en plus d’y participer avec ses deux garçons.

Courir pour combattre le cancer

Isabelle Racicot, qui vient notamment de terminer la première saison de l’émission Merci de partager diffusée à Canal vie et que l’on peut occasionnellement entendre à Plus on est de fous, plus on lit!, était de passage à Sherbrooke lundi pour promouvoir la Course à la vie CIBC, un événement organisé par la Société canadienne du cancer qui aura lieu le dimanche 6 octobre à Montréal, Québec, Sherbrooke, Val-d’Or et Saguenay. Celle qui en est à sa deuxième année en tant que porte-parole de l’activité rappelle l’importance d’amasser des fonds pour la recherche, elle qui a vu la maladie de trop près, trop souvent.

« Ma mère décédée en 1985 d’un cancer du sein. Elle avait 37 ans. J’ai le souvenir de l’avoir vu souffrir énormément des traitements de chimiothérapie, de radiothérapie... Ce que j’ai vécu avec mes frères, ça a été probablement l’événement le plus traumatisant de notre vie. À l’époque, je me rappelle que je disais ‘‘je ne souhaiterais pas ça à mon pire ennemi’’ », se remémore Isabelle Racicot.

Quelques décennies plus tard, l’ombre de la maladie se profile de nouveau dans la vie de l’animatrice alors qu’elle se découvre une bosse au sein droit lors d’un auto-examen. Une mammographie, une échographie et deux biopsies plus tard, on la rassure : il s’agit d’une masse bénigne, non cancéreuse. Par contre, les chances que celle-ci se développe éventuellement en cancer sont très élevées.

On lui donne alors le choix : garder la masse et la surveiller ou bien l’enlever préventivement. Pour Isabelle Racicot, il était évident qu’il valait mieux ne courir aucun risque et se faire opérer immédiatement, mais cette décision a pourtant surpris sa chirurgienne oncologue : « Elle m’a dit qu’un grand pourcentage des femmes attendent, par crainte de l’opération — et c’est libre à chacun, mais c’est pour ça que j’ai voulu raconter mon histoire [notamment dans l’article Un bout de sein en moins, publié sur son site Picoum.com], parce que ça s’est tellement bien fait... C’est une opération qui était rapide et qui m’a soulagée de toute inquiétude. Je ne me pose pas la question de si ça va se développer et quand, et puis qu’au moment où ça se développe, je voudrais me faire opérer hier! »

Même si la maladie s’est immiscée dans la vie de l’animatrice par deux fois, cette dernière garde une attitude confiante.

« Je suis convaincue que si [ma mère avait eu son diagnostic] aujourd’hui, les choses seraient complètement différentes, qu’elle serait ce qu’on appelle ‘‘une survivante’’, parce que depuis ce temps-là, le taux de mortalité a diminué de 44 %... De savoir qu’aujourd’hui, plein de jeunes enfants n’ont plus à passer au travers de cette expérience douloureuse là me réjouit, mais il y a encore beaucoup de chemin à faire! On parle maintenant de 87 % de taux de survie après 5 ans pour un cancer du sein, mais l’idée, la lumière au bout du tunnel, c’est qu’on va se rendre à 100 % un jour », espère Isabelle Racicot.

Mais pour y arriver, rappelle-t-elle, il faut financer la recherche, d’où l’importance d’amasser des dons.

Elle a d’ailleurs eu la chance de voir les bénéfices concrets des fonds amassés lors de la Course à la vie, puisqu’elle a récemment visité le Centre de recherche sur le cancer Goodman, à Montréal, pour se faire montrer une imprimante 3D payée grâce à l’événement. « C’est fascinant, ce qu’ils sont en train de faire — ils sont en train de recréer des tumeurs de patients en 3D et ils sont capables après ça de l’utiliser pour tester des médicaments! Le but, c’est de voir quel médicament va le mieux fonctionner sur le patient sans avoir à l’essayer sur la personne. C’est très innovateur et ça se fait chez nous! J’ai été vraiment emballée et surprise de voir tout ce qui se faisait, et de voir aussi les nombreux chercheurs qui travaillent sur plusieurs solutions... C’est le fun de savoir que, quand on fait un don, ça fait vraiment concrètement une différence! », lance avec enthousiasme Isabelle Racicot.

Solidarité familiale

La porte-parole se réjouit en outre de prendre part à la Course à la vie avec ses deux garçons de 13 et 16 ans, qui en seront à leur deuxième participation.

« Je trouvais ça important qu’ils puissent être là et marcher au nom de leur grand-mère, et ils ont beaucoup aimé ça; ils ont trouvé que c’était très festif et ils ne s’attendaient pas à ça. Ils ont aussi été marqués par certaines femmes qui ont pris la parole cette journée-là. Ils ont trouvé ça inspirant et ils étaient beaux à entendre après, ils étaient fiers d’avoir participé et d’avoir posé un geste concret », se remémore-t-elle avec plaisir.

Elle invite donc le Québec à se joindre à eux en visitant le www.lacoursealaviecibc.com pour faire un don ou pour s’inscrire aux parcours de 1 km ou 5 km, qui peuvent autant se faire à la course qu’à la marche.