Le CSI souhaite encourager les services de proximité en entrepreneuriat comme ici avec le karité dans la brousse malienne.
Le CSI souhaite encourager les services de proximité en entrepreneuriat comme ici avec le karité dans la brousse malienne.

Coup d'État: l’Estrie invitée à ne pas oublier le Mali

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Avec le coup d’État de mardi dernier au Mali qui s’est ajouté à la crise politique, économique et sanitaire, le Carrefour de solidarité internationale (CSI) de Sherbrooke invite la population estrienne à ne pas oublier sa population.

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a été renversé par un coup d’État militaire après une mutinerie qui a été acclamé par des manifestants. 

Dans une déclaration télévisée dans la nuit de mardi à mercredi, le président Keïta, arrêté quelques heures plus tôt par des militaires, a annoncé sa démission, la dissolution du gouvernement et celle de l’Assemblée nationale.

Le directeur général du CSI, Étienne Doyon, explique que la relation entre la région et ce pays d’Afrique de l’Ouest remonte à près de 30 ans en collaboration avec l’ONG malienne Kilabo.

« J’ai parlé tous les jours avec notre partenaire à Bamako depuis le coup d’État. Cette crise découle d’un mécontentement de plusieurs années et de plusieurs mois de manifestations de la population. Selon notre lecture de la situation avec Kilabo, ce n’est pas surprenant, mais c’est le reflet d’un échec de la gouvernance. Le problème djihadiste au nord du pays depuis 2012 est toujours présent et s’étend de plus en plus sans compter la crise économique qui n’a jamais été réglée. Les gens ont peine à manger trois fois par jour et à répondre à leurs besoins fondamentaux », explique Étienne Doyon qui rappelle que le Mali n’est pas non plus épargné par la crise sanitaire liée à la pandémie de la COVID-19.

Depuis 2012, le nord du pays est sous le contrôle de groupes armés djihadistes, dont Al-Qaïda au Maghreb islamique.

Même si aucun stagiaire du CSI n’a pu se rendre au Mali depuis 2015, la collaboration avec les fédérations paysannes et les associations de femmes de la brousse malienne se poursuit par les interventions de l’ONG Kilabo.

« À court terme, le Mali doit rétablir la paix et la démocratie. À moyen et à long terme, il faut travailler sur les problèmes de pauvreté qui est à la base de cette crise », estime Étienne Doyon.

C’est à partir d’une programmation visant les femmes et les jeunes que le CSI travaille en partenariat avec Kilabo pour aider les populations vulnérables des régions rurales du Mali.

« Miser sur les jeunes permet aussi de lutter contre la radicalisation afin de leur offrir des opportunités d’envisager un certain avenir plus positif », estime Étienne Doyon.

Le CSI contribue au soutien de la population malienne par le programme de santé des mères, des enfants et des nouveau-nés financé par Affaires mondiales Canada qui vient de prendre fin et le récent programme de soutien à l’entrepreneuriat parrainé par le ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec.

« L’Estrie a toujours été mobilisée par rapport au Mali. Plusieurs personnes de la région s’y sont attachées au fil des ans. Il est important de maintenir cette solidarité surtout à travers cette crise politique, mais aussi la crise sanitaire. Nous sommes tous dans le même bateau, mais nous n’avons pas tous les mêmes moyens. Il ne faut pas oublier notre ouverture à l’autre à travers tout ça », estime Étienne Doyon.

Le nouveau projet de services de proximité en entrepreneuriat au Mali vise à offrir un encadrement afin de permettre aux initiatives de réussir.

« Un support et un accompagnement sont offerts à divers niveaux. On parle de petites entreprises du domaine agricole et de services. On pense à des produits du maraîchage, de petits élevages, de petits commerces ou de la transformation du moringa ou du karité. Des petites entreprises pour démarrer le cycle de sortie de la pauvreté », indique Étienne Doyon du CSI.