Selon le professeur Alex Carignan, le coronavirus est très sensible aux désinfectants comme l’alcool et les gels hydroalcooliques.

Coronavirus: de bonnes habitudes à adopter

Avec le coronavirus qui risque de faire son entrée au Québec, le microbiologiste-infectiologue et professeur à l’Université de Sherbrooke Alex Carignan, pense que le temps est idéal pour appliquer la base : tousser dans son coude, éviter de se présenter en public lorsqu’on est malade et se désinfecter les mains.

« C’est le moment de prendre ces bonnes habitudes avant que le virus se répande chez nous », considère celui qui est également chercheur à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke et médecin au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

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« À Sherbrooke, la menace principale est encore l’influenza, assure cependant le scientifique. C’est une raison de plus pour tousser dans son coude, éviter de se présenter dans un lieu public en étant malade. Cette base va également s’appliquer s’il y a une transmission soutenue du coronavirus à Sherbrooke. »

Selon lui, le coronavirus très sensible aux désinfectants comme l’alcool et les gels hydroalcooliques. « Les désinfectants comme l’eau de Javel et le peroxyde d’hydrogène sont très efficaces pour éliminer le virus assez rapidement. Il semble y avoir des ruptures de stock, mais c’est assez simple à produire, ce qui est une bonne nouvelle », pense le Pr Carignan, qui est chercheur-boursier clinicien du Fonds de recherche santé Québec.

Le principal danger est l’être humain, dit le Pr Carignan. « Il est démontré que le coronavirus persistera sur des surfaces inanimées, mais il y a plusieurs éléments qui entrent en ligne de compte. De façon générale, on parle de quelques heures à huit ou neuf jours maximum dans des conditions relativement idéales. »

« Ce qu’on ne sait pas, c’est la concentration du virus quand on touche une surface, enchaîne-t-il. Est-ce que le transfert sur nos mains sera efficace? Quelle proportion des germes sur le milieu sera transférée vers nos mains? Pour l’instant, on entend beaucoup parler de l’augmentation des infections dans les endroits publics. Le message à retenir, c’est un virus qui se transfère par de fines gouttelettes. Lorsque les gens toussent ou éternuent, on peut en avoir sur nous ou sur nos mains. En moyenne, un humain va se toucher le visage quelques centaines de fois par jour. L’important, c’est l’hygiène des mains, beaucoup plus que la stérilisation de l’environnement. »

Contagions

Le professeur s’attend que des transmissions aient lieu dans la communauté éventuellement. « Ce qu’on veut, c’est de la repousser le plus possible pour que le système de santé soit capable de digérer ces patients, précise le scientifique. Lorsqu’il y aura de la transmission, des travailleurs de la santé seront malades. Il y aura de l’absentéisme relié à ça. C’est l’ensemble qui est inquiétant. »

« On ne doit pas être paniqués, mais réalistes. Il faut savoir que ça s’en vient et se préparer du mieux qu’on peut. »

Cependant, le virus n’est pas banal pour le Pr Carignan. « On parle de deux à trois pour cent de mortalité. Cependant, il y a un haut potentiel d’avoir beaucoup d’hospitalisation. En Italie, les systèmes de santé sont complètement submergés. Ils ne sont pas tous extrêmement malades, mais plusieurs d’entre eux auront besoin d’oxygène, dans certains cas, des soins intensifs ou des supports de respiration. Au-delà de la mortalité, il y a l’effet potentiel sur le système de santé qui est inquiétant », résume M. Carignan.