Des militants de Solidarité populaire Estrie ont procédé à une distribution de coqulicots blancs, jeudi, midi, au centre-ville de Sherbrooke, afin de sensibiliser la population au sort des victimes civiles lors des conflits armés.

Coquelicot blanc, pour ne pas oublier les victimes civiles

SHERBROOKE — Il y a le coquelicot rouge, que l’on voit partout, et qui vise à honorer la mémoire des soldats morts au combat. Et il y a le coquelicot blanc, qui tente de faire sa place, en voulant rappeler que les guerres font aussi de nombreuses victimes parmi les civils...

À quatre jours du jour du Souvenir, des militants de Solidarité populaire Estrie ont procédé à une distribution de coquelicots blancs, jeudi midi, près du cénotaphe de la rue King Ouest ainsi qu’au centre-ville de Sherbrooke, dans l’espoir de sensibiliser la population au sort que subissent les populations civiles lors de conflits armés.

Pendant que certains membres de Solidarité populaire Estrie distribuaient des coquelicots blancs aux passants du centre-ville, d’autres s’étaient installés sur le terre-plein devant le cénotaphe de la rue King Ouest, arborant des signes de paix à l’endroit des automobilistes.

Présent au pied du cénotaphe, le coordonnateur de Solidarité populaire Estrie, Jimmy Foirgues, a tenu à dissiper les interprétations qui entourent le port du coquelicot blanc par rapport au coquelicot rouge.

« Le coquelicot blanc est en fait un ajout au coquelicot rouge, a-t-il souligné. Ce n’est pas contre le coquelicot rouge. C’est principalement pour se rappeler des victimes civiles qui sont faites durant les guerres.

« Lors des premières guerres, les armées se préparaient (à se battre) sur un certain territoire, ce qui fait que les victimes civiles étaient beaucoup moins présentes, rappelle-t-il. Aujourd’hui, le nombre de victimes civiles se compte par millions, alors qu’elles n’ont pas choisi ces guerres-là. Et lorsqu’on parle de victimes, on parle autant de personnes qui sont décédées, blessées, victimes de viol, d’enlèvement, etc. »

Le coquelicot blanc ne vise pas à antagoniser le coquelicot rouge, dit-il. « C’est pour se rappeler que, oui il y a des victimes parmi les militaires, mais le coquelicot blanc ajoute les victimes civiles. Les civils sont souvent oubliés lorsqu’on parle des victimes de guerres. L’idée n’est pas du tout d’antagoniser les vétérans et tous ceux et celles qui sont allés au front. »

Dans le trac que Solidarité populaire Estrie a remis aux passants, on indique que la première campagne du coquelicot blanc fut lancée en Angleterre, en novembre 1933, par la Co-operative Women’s Guild (CWG). À l’époque, dit-on, la CWG « voulait non seulement commémorer toutes les victimes de la guerre, mais également proclamer son rejet de la guerre et se dissocier des commémorations faisant subtilement l’apologie de la force militaire. »

Selon le Collectif Échec à la guerre, les guerres du 20e siècle ont causé la mort de plus de 200 millions de personnes, majoritairement des femmes et des enfants, sans parler des blessures physiques, psychologiques et des nombreux réfugiés.