Le Montréalais Alexandre Poirier-Charlebois, auteur de Ma vie avec l’Asperger, sera de passage à l’événement Mieux comprendre la diversité, qui se tiendra du 12 au 14 avril au Cégep de Sherbooke, le week-end prochain.

Contre vents et... l’asperger

Des obstacles, Alexandre Poirier-Charlebois en a surmonté plusieurs tout au long de son parcours. Mais au final, dans son livre Ma vie avec l’Asperger, c’est beaucoup l’espoir qui ressort de son témoignage. L’étudiant en création littéraire voulait ainsi donner un point de repère aux jeunes qui vivent la même chose que lui. Le Montréalais sera de passage à l’événement Mieux comprendre la diversité, qui se tiendra du 12 au 14 avril au Cégep de Sherbooke.

« Moi qui n’avais pas de référence ni de point de repère, si une personne se reconnaît, ça pourra la mettre sur une piste », lance celui qui a pu compter sur le soutien indéfectible de ses parents, au sein d’une famille unie de quatre enfants. « Je sais que j’ai de la chance d’avoir des parents qui se sont battus pour moi. » Son parcours scolaire a été rempli de petites batailles et de petites victoires, comme celle de pouvoir écrire à l’ordinateur plutôt que de devoir se concentrer à l’excès pour pouvoir écrire en droite ligne à la main. D’ailleurs, il espère que son récit pourra aider certains parents qui ont un enfant ayant un TSA. « J’étais le jeune à qui l’école disait qu’il ne se rendrait pas au bout du secondaire. Je suis rendu à l’université! (...) Si ça peut servir, à aider les parents à avoir des idées, à leur faire valoir qu’on peut leur donner l’aide dont ils ont besoin... »


«  Ce qui m’empêchait le plus d’avancer, c’est moi.  »
Alexandre Poirier-Charlebois

Alexandre a toujours su qu’il était différent. Son diagnostic de trouble du spectre de l’autisme (TSA) léger, un syndrome d’Asperger, l’a aidé à comprendre pourquoi. Le jeune auteur décrit cela comme l’un des grands moments de sa vie. « Cela peut sembler étrange, mais au vu et au su de ce que je suis devenu, depuis que je connais ma condition, je suis plus heureux, car je sais pourquoi », écrit-il. Les enfants asperger peuvent faire face à différents défis, soient une inaptitude à sensibiliser, un manque d’empathie ou encore une très grande sensibilité ou intolérance aux bruits, à la foule ou à la chaleur. Si certains ont pu croire qu’Alexandre ne terminerait pas son secondaire compte tenu des difficultés rencontrées, le jeune homme mène actuellement des études universitaires à l’UQAM. Il souhaite obtenir un baccalauréat qui sera composé de trois certificats, soit création littéraire, rédaction française et scénarisation.

Il aimerait publier une suite à son livre et partager son imagination débordante dans d’autres publications.

Quand il regarde ce parcours parsemé de plusieurs difficultés, il estime néanmoins que son manque de confiance en lui a été un frein. « Ce qui m’empêchait le plus d’avancer, c’est moi. Quand j’ai réalisé ça, j’ai revu dans ma tête le nombre de choses que j’aurais pu faire, mais que je n’ai pas faites parce que je n’avais pas confiance en moi. »

Mieux comprendre la diversité

Alexandre rencontrera les visiteurs de Mieux comprendre la diversité ce week-end. « L’idée, c’est de réunir en un seul endroit le plus de services possible, pour que les parents puissent trouver tous les services dans un seul et même endroit », résume-t-il.

Parmi les professionnels sur place, on retrouvera la professeure de l’Université de Sherbrooke Mélanie Couture, également chercheuse au Centre de recherche du CHUS, qui parlera de l’importance d’identifier un projet de vie chez les jeunes présentant un TSA et/ou une déficience intellectuelle. Parce qu’il s’agit d’un des défis qui attendent les parents : en plus de composer avec le quotidien, ils doivent aussi accompagner leur enfant dans la transition vers la vie adulte.

« On vise le grand public. On veut expliquer la TÉVA, la transition de l’école vers la vie active. On veut montrer aux gens à quoi ils peuvent s’attendre, et leur parler d’eux, ce qu’ils peuvent faire comme parents pour accompagner l’enfant », souligne-t-elle en précisant que dans certains milieux, ce programme est très peu connu. La conférence s’intéressera aussi aux ressources disponibles pour guider les jeunes vers le marché du travail.

L’admission générale est gratuite. À noter que des frais s’appliquent pour participer à un atelier, une conférence ou s’inscrire à la journée thématique du 12 avril.

Pour tous les détails et pour consulter la programmation complète: https://mieuxcomprendre.ca/