Les travaux de déboisement derrière les Promenades King ont débuté le 22 juin. Ce projet, mené par Immex Société Immobilière, suscite la colère de plusieurs citoyens.
Les travaux de déboisement derrière les Promenades King ont débuté le 22 juin. Ce projet, mené par Immex Société Immobilière, suscite la colère de plusieurs citoyens.

Construction d’un stationnement derrière les Promenades King : début du déboisement

Lilia Gaulin
Lilia Gaulin
La Tribune
SHERBROOKE — Le projet de construction d’un stationnement menant à la destruction d’un boisé derrière les Promenades King a débuté lundi. 

Dans les dernières semaines, un groupe de citoyens s’était formé dans l’optique de trouver un terrain d’entente avec Immex Société Immobilière afin d’éviter la destruction de l’ensemble du boisé longeant les rues Farwell et De Rouville. Toutefois, une résidente du secteur, Isabelle Courval, soutient que le déboisement a débuté plus tôt que prévu.

« On s’est fait prendre par surprise. Les travaux se font extrêmement rapidement. Ils étaient supposés débuter seulement au début du mois de juillet. »

Éric Le Couédic est propriétaire d’un immeuble sur la rue Farwell. Il soutient que le groupe n’a pas pu discuter avec la société immobilière. « Dans notre tête, nous avions jusqu’au 1er juillet pour nous asseoir et discuter avec Immex. Aujourd’hui, nous étions devant le fait accompli. Nous nous sentons lésés, car nous n’avons jamais été capables de négocier avec eux. »

Il souligne que les propriétaires n’ont pas été avertis avant le début des travaux. 

« Ils auraient dû logiquement prévenir tous les propriétaires pour les avertir que les travaux de déboisement allaient débuter lundi. Le type de machine qu’ils utilisent coupe une quantité d’arbres astronomiques à la seconde. C’est très dangereux pour les enfants des propriétaires. Nous n’avons pas été informés et je déplore ça », estime M. Le Couédic.

Isabelle Courval croit que la Ville de Sherbrooke n’aurait pas dû octroyer le permis entourant la construction d’un nouveau stationnement, et par le fait même, la destruction du boisé. 

« La Ville de Sherbrooke a obtenu une subvention pour reverdir la ville, mais elle laisse passer la destruction du boisé. Je vois une aberration là-dedans. Je ne vois pas la logique de couper des arbres pour en replanter d’autres. La Ville doit mettre en action un plan pour protéger la verdure. »  

La dame souligne également que le boisé protégeait le secteur d’un grand îlot de chaleur urbain.


« On voulait sauver le plus d’arbres, car sinon ce soir tout aurait été rasé. »
Éric Le Couédic

Rappelons que selon le conseiller municipal Marc Denault, le projet ne nécessitait pas de consultations citoyennes comme aucun changement de zonage n’a été effectué. Il soulignait également que le boisé est une zone commerciale.

M. Le Couédic mentionne que la personne responsable du déboisement a été avertie le 20 juin que les travaux allaient débuter deux jours plus tard. « Ça été décidé de manière précipitée, un peu comme si Immex ne voulait pas que cela se sache. C’est vraiment l’impression que ça me donne. » 

Certains propriétaires ont tenté de négocier une ligne à ne pas franchir. 

« On voulait sauver le plus d’arbres, car sinon ce soir tout aurait été rasé. Avec quelques propriétaires, on s’est mis devant les arbres par rapport à la lisière qu’on voulait garder pour empêcher les travaux », avoue-t-il.  

Une rencontre entre le groupe de citoyens et Immex Société Immobilière pourrait avoir lieu mardi.  

Le groupe de citoyens souhaite envoyer une mise en demeure à la société immobilière. Certains délais ont fait en sorte qu’elle n’a pas encore été envoyée. « Finalement, la mise en demeure n’a pas encore été envoyée, car il y a une longue procédure comme ça concerne la prescription acquisitive. Il faut justifier qu’on occupe le terrain. »

Immex réagit 

L’ingénieur chez Immex Société Immobilière, Jean-François Beaulieu, souligne que la compagnie a respecté les règlements mis en place par la Ville de Sherbrooke. 

« On a respecté la règlementation de la ville. Comme c’est un terrain commercial, on est en mesure de faire un stationnement afin d’accommoder les bâtiments qui sont là. » 

La société immobilière dit être actuellement en discussion avec les propriétaires du secteur. 

« Certains terrains empiétaient sur celui des Promenades King. Dans cette phase-ci, on respecte cet empiètement, parce qu’on est en discussion avec ces propriétaires. On a plusieurs ententes de réglées, il nous reste peut-être quatre propriétaires avec qui conclure. On essaie de voir comment on peut s’entendre pour cette zone », souligne M. Beaulieu. 

Jean-François Beaulieu souligne qu’Immex Société Immobilière ne s’était pas engagé à débuter les travaux au mois de juillet. « Dans les ententes au départ, on donnait jusqu’au 30 juin pour déménager les structures qui se trouvaient sur le terrain d’Immex. Toutefois, ça ne voulait pas nécessairement dire qu’on n’allait pas débuter les travaux ailleurs que sur les terrains. »