Manuela Rolland a démystifié les notions de consentement et d’agressions sexuelles auprès d’élèves de l’école internationale du Phare.

Consentement sexuel : avec les mots d’une adolescente

C’est parce que des personnes ont été victimes d’agressions sexuelles autour d’elle que Manuela Rolland, une élève de cinquième secondaire de l’école internationale du Phare, a décidé de se pencher sur la notion de consentement dans le cadre de son projet personnel lié au programme d’éducation internationale. Devant une quarantaine d’adolescents, la jeune fille de 16 ans a démystifié les différentes formes d’agressions de même que la question du consentement.

« Plusieurs personnes autour de moi ont été agressées. J’ai essayé de les aider, de les faire parler, de dénoncer, mais elles n’ont pas voulu en parler. J’ai cru important de plus en parler... » a expliqué la jeune fille, qui en était à sa deuxième présentation du genre. L’adolescente estime que ses pairs en savent peu sur le sujet, d’où l’importance de les sensibiliser. « C’est important de leur rappeler qu’il faut que le consentement soit clair, volontaire, qu’il se donne et se retire à tout moment. Ce n’est pas quelque chose qu’on doit banaliser, c’est vraiment important... »

L’élève en éducation internationale a commencé à plancher sur ce sujet le printemps dernier, alors qu’elle était en quatrième secondaire. Elle s’est documentée et s’est plongée dans le sujet délicat... jusqu’à ce qu’elle rencontre ses camarades de quatrième année.


«  C’est merveilleux, l’impact. Ça ne passe pas toujours aussi bien avec des adultes.  »
Annie Glaude, psychoéducatrice

On entend de plus en plus parler de la notion de consentement dans la foulée de #moiaussi. Les cégeps et les universités ont leur campagne de sensibilisation sur le sujet, Sans oui c’est non. Qu’en est-il à l’école internationale du Phare?

Le thème du consentement est notamment abordé lors de tournées avec un responsable de l’encadrement disciplinaire (RED) et un policier ou encore avec une infirmière. Ce thème peut aussi susciter des discussions lors des cours d’éthique, explique Annie Glaude, psychoéducatrice. « Les enseignants sont à l’affût de l’actualité », lance-t-elle en citant notamment les discussions suscitées avec la série Fugueuse.

Le fait que ce soit une adolescente qui en parle à ses camarades ajoute au poids du message, commente Annie Glaude. « C’est merveilleux, l’impact. Ça ne passe pas toujours aussi bien avec des adultes », lance-t-elle en soulignant que les jeunes vont parler le même langage.

Lors de la conférence, les adolescents ont pu apprendre ce qu’était le « frotteurisme », un comportement non désiré qui peut survenir autant dans les transports publics que dans les bars. Un aspect de la présentation qui a suscité des réactions. Il faut parfois remettre les pendules à l’heure puisque certains comportements peuvent être banalisés, estime la psychoéducatrice en soulignant l’importance de remettre les choses en question. De telles interventions permettent aussi de responsabiliser les jeunes à l’aube de leur vie d’adulte.