Congés forcés: la CSRS ne regrette pas ses décisions

Souvent critiquée dans le passé pour ses décisions de fermer ses écoles, la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) ne regrette pas d'avoir intimé les élèves de rester à la maison pour les deux dernières journées.
Si certains ont pris d'assaut les médias sociaux pour remettre ce choix en question avant le début des précipitations mardi, ils étaient moins nombreux à douter en fin de journée.
« Nous n'avons pas eu de plaintes formelles, mais en matinée, sur les réseaux sociaux, certains ne comprenaient pas notre décision », rapporte Donald Landry, secrétaire général et directeur adjoint du Service des communications à la CSRS.
« Avec les années, avec la procédure que nous avons mise en place pour structurer nos décisions, notre bulletin s'améliore. En concertation avec la Ville et la Société de transport de Sherbrooke, nous avons une collecte de données plus large. Nous prenons la décision en conférence téléphonique avec les autres commissions scolaires de la région entre 5h30 et 6h le matin. Ça nous permet de prendre une décision commune et plus objective. »
Les commissions scolaires tiennent compte des données de Transport Québec et des données météorologiques disponibles sur plusieurs sites internet. « Il y a quelqu'un de la CSRS qui fait une tournée le matin et nous consultons les transporteurs scolaires. Notre analyse s'est raffinée et est plus objective. »
Il reste que les autorités impliquées doivent composer avec des données changeantes et des probabilités. « Mardi, si les différentes dépressions qui s'annonçaient étaient passées plus à l'est ou plus à l'ouest, ç'aurait été une dynamique complexe d'expliquer notre décision. Mais quand nous conjuguions toutes les données, il y avait une tendance. »
Donald Landry ajoute que la sécurité des élèves demeure la première préoccupation. « Nous basons notre décision sur le transport scolaire. Si le transport scolaire ne se rend pas, nous fermerons. Nous avons un milieu urbain avec beaucoup de côtes, mais plusieurs parcours proviennent du milieu rural. Ça peut arriver qu'on ferme alors que les routes sont belles à Sherbrooke, mais qu'il est impossible de se rendre en milieu rural. »
M. Landry est conscient qu'en desservant plus de 15 000 élèves, les décisions de la CSRS touchent quotidiennement plus de 40 000 personnes, en incluant les parents. « Il est normal que certains d'entre eux pensent qu'ils auraient pris des décisions différentes des nôtres. De plus en plus d'élèves voyagent en voiture et pensent que si eux sont capables de se rendre à l'école, elle devrait être ouverte. »
Donald Landry précise qu'il serait impensable de retourner des élèves à la maison en courant de journée, si la météo se dégradait. « Il faudrait s'assurer qu'il y a quelqu'un à la maison pour accueillir les élèves. Il serait presque impossible de mobiliser les chauffeurs, qui ont peut-être un autre emploi. Il faut vivre avec la décision en espérant que nous ne nous sommes pas trompés. »
Si l'annulation des cours, mercredi, survient alors qu'il ne reste plus de journées de reprises au calendrier, la CSRS a mentionné que cette journée ne sera pas ajoutée à la fin de l'année.
Les journées de classe du 24 janvier, du 8 février et du 14 mars qui ont été annulées en raison du mauvais temps seront reprises respectivement les 28 avril, 31 mars et 2 juin. Le calendrier comptera donc 179 jours de classe.
« La norme est de 180 jours, mais il arrive des situations particulières liées à la météo, à un incendie, à une grève, qui font qu'il faut retrancher des journées. Il faut tenir compte des impondérables. Je ne pense pas que ça mettre la diplomation des élèves en péril. » Les cours devraient reprendre normalement jeudi matin. - Avec Isabelle Pion