L’entreprise Oneka Technologies a reçu récemment lnnovation dans le cadre du concours « Inventer le monde de demain ». On voit ici quelques membres de l’équipe : Émilie Couture-Brière, au développement des affaires, Jean-Luc Michaud, ingénieur junior, Dragan Tutic, président et fondateur, et Gilbert Perron, ingénieur. 
L’entreprise Oneka Technologies a reçu récemment lnnovation dans le cadre du concours « Inventer le monde de demain ». On voit ici quelques membres de l’équipe : Émilie Couture-Brière, au développement des affaires, Jean-Luc Michaud, ingénieur junior, Dragan Tutic, président et fondateur, et Gilbert Perron, ingénieur. 

Concours « Inventer le monde » : l'Estrie se démarque

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Après cinq ans d’existence, l’entreprise sherbrookoise Oneka Technologies s’est distinguée au concours Inventer le monde de demain en recevant le prix Innovation. D’autres projets de la région se sont aussi démarqués.

Maintenant installée au 400 rue Marquette, Oneka Technologies termine la mise au point d’une bouée de dessalement qui permettra à des populations d’accéder à de l’eau potable de manière écoresponsable. 

« On a complété le développement de la cinquième génération de bouées avec un système autonettoyant à l’intérieur. Notre produit suscite beaucoup d’intérêt au niveau du marché, surtout dans les Caraïbes où l’eau est vraiment critique. C’est une zone où, essentiellement, la population s’est toujours appuyée sur les nappes phréatiques et la pluie. Depuis plusieurs années, vu que la consommation augmente, que les cycles de l’eau se sont altérés, ils ont recours à de nouvelles alternatives en termes de sources d’eau, dont le dessalement. Quand c’est fait dans ces régions-là, c’est très énergivore; ça prend beaucoup d’électricité qui coûte cher localement. Tout le pétrole importé là-bas, on en fait de l’électricité et après, elle est utilisée pour prendre l’eau de la mer et la pomper à travers des membranes et obtenir de l’eau. Essentiellement, quand on regarde ça, c’est de convertir du carburant en eau potable, ce qui n’est pas une solution durable, en plus d’être coûteuse », explique Dragan Tutic, cofondateur et président de l’entreprise. 

10 000 litres d’eau par jour

L’option proposée par Oneka Technologies permet de remplacer le carburant en convertissant les vagues en eau potable directement. 

La bouée permet de produire 10 000 litres d’eau quotidiennement. Oneka s’occupe de l’assemblage et du contrôle de la qualité des unités. 

« Depuis qu’on a fondé l’entreprise, l’industrie de dessalement a presque doublé en termes de taille. Au rythme où ça grossit, d’ici 10 ans, l’industrie va encore se multiplier par 10. C’est vraiment une industrie en croissance. La raison pour laquelle ça se multiplie autant, c’est parce que les enjeux d’eau deviennent de plus en plus répandus. Initialement, le marché du dessalement était concentré au Moyen-Orient, une région très désertique avec beaucoup de pétrole, mais beaucoup des nouveaux marchés vont se retrouver en Afrique du Sud, en Australie, au Chili... Ce sont toutes des régions où il y avait de l’eau, et au fur et à mesure que les cycles de pluie se sont altérés, il faut avoir recours au dessalement. »

« Beaucoup de valeur »

L’entreprise emploie une dizaine de personnes et l’équipe pourrait encore s’agrandir.

« C’est un prix qui a beaucoup de valeur parce que ça relève directement du métier d’ingénieur et en tant qu’ingénieur, on a la capacité d’avoir un impact et d’innover, d’avoir cette reconnaissance-là de nos pairs c’est très important, c’est une tape dans le dos. »

Dans le cadre de ce concours provincial, tant les diplômés en génie que les professionnels, les entrepreneurs ou les étudiants en génie sont invités à présenter leurs contributions à la société et leurs réalisations, qui permettent de réinventer le monde à leur façon. L’événement est organisé par Genium360.

Dans la catégorie Engagement, c’est le projet Innovhaus qui a raflé les honneurs. 

Un groupe de 11 étudiants de l’Université de Sherbrooke et futurs ingénieurs a conçu, l’automne dernier, un projet de construction écologique pour réduire l’empreinte de la résidence. Le projet était mené avec Habitat pour l’humanité Québec. L’étudiante à la maîtrise en génie mécanique Audrey-Anne Ally s’est quant à elle distinguée dans la catégorie Relève. Son projet Serfix, un « instrument conçu pour et avec les neurochirurgiens » a retenu l’attention du jury.

Les gagnants ont été sélectionnés à l’issue d’un appel aux votes électroniques, parmi 12 finalistes. La soirée de remise de prix a eu lieu en janvier.