Tous les partenaires de l’alliance ont signé une « charte environnementale » pour s’engager à être des agents d’éducation pour protéger la montagne. Ils deviennent ainsi les Amis de la réserve.

Compromis autour des vélos au mont J.-S. Bourque

Un sentier de vélo de montagne sera finalement aménagé au mont J.S.-Bourque, sur le territoire de la future réserve naturelle du Mont-Bellevue. Il s’agit d’un des compromis qui fait consensus au sein de la nouvelle Alliance pour la création de la réserve naturelle du parc du Mont-Bellevue. Les usagers de la montagne se sont entendus avec l’Université de Sherbrooke et la Ville de Sherbrooke pour maintenir un dialogue et trouver une entente qui plaira à tous.

L’Université de Sherbrooke a annoncé mercredi la création de cette alliance, dont font partie le club Dalbix, Sentiers Sherbrooke, l’Association citoyenne des espaces verts de Sherbrooke, le Collège du Mont-Sainte-Anne et le Regroupement du parc du Mont-Bellevue.

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« La solution, nous ne l’avons pas encore, mais le développement durable passe par le dialogue et les compromis. Pour l’instant, nous n’avons rien d’autre que l’engagement que les gens savent qu’il y aura un compromis », résume Denyse Rémillard, vice-rectrice à l’administration et au développement durable à l’Université de Sherbrooke.

En réalité, tous les partenaires de l’alliance ont signé une « charte environnementale » pour s’engager à être des agents d’éducation pour protéger la montagne. Ils deviennent ainsi les Amis de la réserve.

Rappelons que l’Université de Sherbrooke et la Ville de Sherbrooke, propriétaires à 75 et 25 % respectivement de la zone à protéger, s’étaient entendus pour la création d’une réserve naturelle sur le mont J.S.-Bourque. Si plusieurs sentiers informels y étaient apparus, la pratique du vélo de montagne n’y avait jamais été permise. Il est maintenant acquis qu’un sentier sera aménagé pour traverser la réserve et atteindre les terrains du Collège du Mont-Sainte-Anne. Il n’est pas établi si ce sentier passera par le sommet de la montagne ou s’il contournera le mont J.S.-Bourque.

« Nous croyons qu’en ralliant tout le monde, nous pourrons nous doter d’outils pour gérer adéquatement la montagne. Avec une meilleure signalisation, également, nous croyons que ça laissera moins de place aux activités délinquantes », ajoute Patrice Cordeau, adjoint au vice-rectorat à l’administration et au développement durable.

« Nous avons proposé de devenir un laboratoire pour montrer que nous pouvons travailler ensemble et pour que Sherbrooke devienne une destination verte du vélo. Nous n’avons pas d’objection à développer nos terrains qui sont situés en dehors de la réserve. On offrira aussi la possibilité de traverser dans le Parc Innovation, et éventuellement, de trouver une façon de traverser la 410 pour accéder à d’autres terrains privés. »

Des sentiers de vélo de montagne pourront donc apparaître dans les terrains situés près du centre sportif de l’Université de Sherbrooke.

En contrepartie, la Ville cherche des sites alternatifs à la réserve pour développer le vélo de montagne. 

« Nous ne voulons certainement pas être un frein au développement du vélo », ajoute Mme Rémillard.

Des rencontres sont prévues une fois par mois pour faire cheminer le dossier. La demande de création d’une réserve devrait être déposée en début d’année 2019. Il faudra un an pour compléter le processus de désignation.

« Il faudra aussi penser à la transition. Nous n’arriverons pas du jour au lendemain avec un sentier de transition. On ne changera pas dix ans d’habitudes du jour au lendemain. Si les gens sont de bonne volonté, nous arriverons à un bon résultat. »

Des efforts de reboisement sont prévus, de même que la fermeture de certains sentiers formels ou informels utilisés pour la marche et la course à pied.

Luc Dugal, président du club de vélo Dalbix, voit la nouvelle alliance comme un gain. « On n’a jamais pu rouler au mont J.-S.-Bourque. Maintenant, on nous dit qu’il y aura une piste signature, ce qui veut dire qu’il sera agréable d’y rouler. Si l’alliance nous permet aussi de forcer la main à la Ville pour nous trouver d’autres terrains, c’est tant mieux. Quand on nous propose des terrains éloignés du mont Bellevue, ce n’est pas intéressant parce qu’il n’y aura pas de popularité auprès des utilisateurs. »

M. Dugal souhaite que le futur sentier passe par le sommet de la montagne. 

« La piste aura une apparence naturelle et nous souhaitons qu’elle soit d’un niveau intermédiaire. Pour l’instant, rien n’est décidé, mais l’Université a entendu nos critères. Elle ne nous a pas dit non, mais elle ne nous a pas dit oui non plus. La bonne nouvelle, c’est que simplement par notre présence, nous pourrons assurer une surveillance de ce qui se passe. Si des sentiers informels se créent, nous pourrons lever le flag. »

Le conseiller Paul Gingues qualifie l’alliance de grande réussite. Il invite tous les Sherbrookois à signer la carte des Amis de la réserve du parc du Mont-Bellevue pour permettre une large conscientisation. 

Enfin, Olivier Audet, directeur général du Collège du Mont-Sainte-Anne, est heureux d’une initiative qui permettra « aux jeunes du Collège de pratiquer le vélo de montagne en toute sécurité tout en apprenant l’importance de préserver l’écosystème du parc du Mont-Bellevue ».