Le directeur du développement des affaires et des nouveaux produits chez Englobe, Serge Loubier et le directeur général d’Englobe pour l’Estrie pour le centre de traitement de sol et de la biomasse, Olivier Sylvestre présentent le produit final issu des bacs bruns des Sherbrookois.

Compostage: le défi constant de la qualité

BURY — Si le réflexe du compostage domestique commence à être bien implanté dans le quotidien des Sherbrookois, la qualité de ce compost demeure un défi.

L’entreprise Englobe, qui est responsable du traitement et de la transformation de la matière organique déposée dans les bacs bruns à Sherbrooke, a développé au fil des ans une expertise pour retourner cette matière aux citoyens.

Lire aussi: Matières compostables : les sacs passent le test

« La qualité du gisement de matière organique permet d’offrir un prix intéressant à la Ville de Sherbrooke », explique le directeur général d’Englobe pour l’Estrie pour le centre de traitement de sol et de la biomasse, Olivier Sylvestre.

« Le résultat est un compost, soit un produit merveilleux. Nous allons le distribuer afin que le citoyen puisse se le réapproprier », signale le directeur du développement des affaires et des nouveaux produits chez Englobe, Serge Loubier.

L’objectif d’entreprises comme Englobe demeure la gestion adéquate des matières organiques afin de réduire l’enfouissement.

« Nous contrôlons la qualité du compost que nous produisons à partir des matières organiques provenant du bac brun. L’objectif est de compléter le cycle de l’économie circulaire et faire en sorte que le terreau produit sur notre site puisse être utilisé dans les plates-bandes de la Ville de Sherbrooke ou directement dans le potager ou les fleurs des citoyens. Nous mettons beaucoup d’énergie à obtenir un terreau de qualité comme produit final », mentionne Serge Loubier.

« Le compostage coûte deux fois moins cher que l’enfouissement. Plus il y a de matière détournée du site d’enfouissement, moins il en coûte cher au citoyen », ajoute Olivier Sylvestre.          
Serge Loubier soutient que la qualité du compost produit par Englobe à partir des matières organiques des Sherbrookois passe par la sensibilisation.

« Plus le gisement est beau, plus il est facile d’aller chercher les bénéfices. L’objectif premier demeure cependant que les citoyens déposent leurs matières organiques dans le bac brun. Nous devons en premier lieu favoriser le compostage pour ensuite miser sur sa qualité. C’est par la sensibilisation que nous pourrons améliorer le gisement », indique M. Loubier.

L’utilisation du bac brun étant maintenant bien implantée pour les résidences, l’étape des immeubles multi logements et de l’institutionnel présente maintenant d’autres défis pour détourner les matières organiques du site d’enfouissement.

La politique de gestion des matières résiduelles adoptée par le ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques (MELCC) vise à bannir les matières organiques de l’enfouissement d’ici 2020.

« L’important demeure de faire le bon geste, soit de trier la matière organique. C’est un objectif de société de réduire les matières enfouies. Il faut suivre les consignes données par les municipalités pour mettre les matières dans le bas brun », signale Serge Loubier d’Englobe.

L’effort de l’UdeS

Sur le plan institutionnel, l’Université de Sherbrooke réalise du compostage sur ses trois sites depuis maintenant dix ans. Si les résidus alimentaires du campus principal sont compostés directement sur place, ceux du campus de la santé dans l’arrondissement de Fleurimont prennent le chemin de Bury.

« Pour que les institutions adhèrent à la collecte des résidus organiques, le sac compostable est un outil essentiel. À l’Université, nous pouvons réaliser une collecte quotidienne sans avoir à nettoyer et rincer les récipients sur le campus », mentionne l’adjoint au vice-rectorat à l’administration et au développement durable à l’Université de Sherbrooke, Patrice Cordeau.

Il signale que plus de 5 millions d’articles de vaisselle réutilisables ont été détournés du site d’enfouissement en utilisant des bioplastiques à l’Université de Sherbrooke au cours de la dernière décennie.