Le président de la FCCE, Edwin Moreno

Communautés culturelles : des absents à la soirée de la FCCE

La Fédération des communautés culturelles de l’Estrie a invité lundi soir les représentants des cinq principaux partis dans trois circonscriptions de la région à parler de l’enjeu de l’immigration. Même si la discussion était présentée dans la circonscription de Sherbrooke, à l’école du Phare, le candidat caquiste, Bruno Vachon ne s’est pas présenté, laissant la place à son collègue de la circonscription de Richmond André Bachand.

Bruno Vachon et Marie-Maud Côté-Rouleau du Parti vert étaient les deux seuls absents dans Sherbrooke. Stéphanie Desmeules et Mathieu Morin ont représenté le PVQ. Le Parti québécois a présenté un seul panelliste en la personne de Guillaume Rousseau. Le Parti libéral, lui, a présenté trois candidats (Luc Fortin, Annie Godbout et Charles Poulin), même chose pour Québec solidaire (Christine Labrie, Kévin Côté et Colombe Landry).  

De son côté, Charles Poulin, candidat libéral dans Saint-François, s’est attiré la sympathie du public lorsqu’il a parlé de sa situation. « J’ai été un immigrant aux États-Unis, j’ai travaillé en Floride. J’ai compris ce que c’est de venir d’un autre pays. Tout est un peu plus compliqué. Pourtant, je parlais assez bien anglais et vous voyez la couleur de ma peau : je n’étais pas très visible, alors je suis très sensible à ce que plusieurs d’entre vous vivent. De plus, lorsque je me suis lancé en campagne électorale, il manquait quelqu’un à ma clinique. Devinez qui est venu combler le poste. Une personne issue de l’immigration », a-t-il partagé, sous les applaudissements de la foule.

Quoique seul, André Bachand de la CAQ s’est tout de même bien débrouillé devant une salle presque pleine. C’est en parlant de préjugés que le candidat dans Richmond s’est démarqué. « La meilleure arme contre la discrimination et les préjugés, c’est de dire la vérité. Exemple, le chemin Roxham. Pourquoi ne partage-t-on pas toute l’information? Là, on cache de l’information et c’est comme la théorie du complot. Là-dessus, le gouvernement n’a pas été tout à fait correct. On est une province d’accueil. [...] Des gens disent que c’est dangereux d’avoir de l’immigration, c’est de la foutaise. D’autres disent que ça coûte une fortune, c’est de la foutaise. Il faut l’expliquer aux gens », analyse le caquiste. 

Terrain synthétique

Même si la formule ne permettait pas aux candidats d’interagir entre eux, Guillaume Rousseau a réussi à lancer quelques flèches à ses adversaires, en ce qui concerne le dossier d’un terrain synthétique à l’école du Phare. « C’est vraiment dommage que ce projet ait été rejeté par le gouvernement libéral. Selon les informations que j’ai, c’était un projet très bien monté sur le plan financier, ça correspondait à des besoins réels. Ça a été rejeté par le gouvernement. J’ai l’intention d’aller de l’avant et j’espère qu’on ne va pas opposer le projet de Montcalm à celui de du Phare. On peut faire deux projets complémentaires, mais pour ça, il faut un gouvernement qui priorise les services publics », assure M. Rousseau. 

Tables de quartier

Kévin Côté pour QS veut que les gens se connaissent mieux. « On veut miser sur des organisations comme les tables de quartier. On trouve qu’ils font beaucoup de travail pour sensibiliser la communauté d’accueil et les immigrants à la culture québécoise. On pense que plus il y aura d’occasions pour se rencontrer et échanger, comme les fêtes de quartier, le festival du cinéma du monde et le festival des traditions du monde, ce sont toujours de bons moments pour réussir à se comprendre », pense-t-il. 

Au PVQ, la candidate dans Orford, Stéphanie Desmeules, ne s’attaque pas seulement au racisme. « Quand on parle de discrimination, il y a aussi le double préjudice discriminatoire dans le fait, par exemple, d’être femme et immigrante. Il y a déjà une difficulté à trouver des emplois, mais en plus, on peut être victime de violence, vivre une oppression systémique du capitalisme de la culture masculiniste et du patriarcat. Nos engagements, ce sont des campagnes publicitaires pour les agressions en milieu de travail, une mise à jour du Code du travail pour renforcer les droits des personnes victimes d’agression, de lutter en solidarité pour le droit des femmes racisées, promotion du féminisme intersectoriel, une parité parmi les élus avec le mode de scrutin proportionnel et instaurer des congés parentaux pour les élus. »