Fanny Vigneault et Jasmin Caron avec leurs trois enfants.
Fanny Vigneault et Jasmin Caron avec leurs trois enfants.

Combattre un cancer qui s’est invité pendant la grossesse

Mireille Vachon
Mireille Vachon
La Tribune
À la quatorzième semaine de sa grossesse, Fanny Vigneault a découvert qu’elle était atteinte d’un cancer des ganglions de stade deux. La nouvelle survient environ deux ans après la perte de sa fille âgée d’à peine six mois dans un « accident bête et tragique ». 

« Disons que c’est une nouvelle que l’on ne s’attend pas à recevoir de nos enfants. On s’attend plus à l’annoncer nous-mêmes, pas l’inverse », exprime André Lemieux, conjoint de la mère de Fanny depuis 17 ans, qui considère Fanny comme sa propre fille même s’il n’est pas le père biologique. 

« On l’appuie du mieux qu’on peut, peu importe l’aide dont elle a besoin, que ce soit garder les enfants ou l’accompagner à ses rendez-vous », soutient-il. 

Heureusement, les dangers sont minimes pour l’enfant, rassure M. Lemieux. C’est la première fois que le CIUSSS de l’Estrie-CHUS accompagne une maman enceinte avec un cancer, donc l’institution travaille en étroite collaboration avec l’hôpital de Sainte-Justine pour s’assurer que les bonnes décisions sont prises, indique-t-il, ajoutant se sentir bien accompagné par les spécialistes du CHUS. 

Pour la famille, c’est une seconde épreuve dans un court laps de temps, avance André Lemieux, en faisant référence à la perte d’un enfant il y a deux ans. « Ensemble, on continue d’avancer », exprime le père « emprunté » de Fanny, comme il se qualifie. 

Un mal pour un bien 

 « Malgré le cancer, la grossesse a été un plus, car c’est grâce à ça que les médecins ont détecté le cancer des ganglions plus tôt. Si elle n’avait pas été enceinte, probablement que Fanny ne s’en serait pas encore aperçu et lorsqu’on s’en serait rendu compte, le cancer aurait probablement été plus avancé », explique André Lemieux. 

Les hormones ont fait en sorte qu’un ganglion a enflé, ce qui a aidé à la détection, précise-t-il. « Malgré la mauvaise nouvelle, c’est quand même une bonne nouvelle! » En plus, le cancer du ganglion est réputé pour avoir un bon taux de réussite de guérison, selon lui. 

Cela n’empêche pas que Fanny Vigneault et son conjoint, Jasmin Caron, trouvent la situation difficile. « Lorsque tu vis ta dernière grossesse remplie d’hormones et d’émotions et que tu apprends soudainement, du jour au lendemain, que tu as le cancer... cette nouvelle vient chambouler une vie », peut-on lire dans un statut Facebook de la jeune femme. 

« Oui, j’ai peur... peur de ne pas être à la hauteur, peur de ne pas être capable de m’occuper de toi, petit bébé, peur de ne pas pouvoir te garder avec ce combat que je dois mener. Et j’ai peur de ne pas être en force de m’occuper adéquatement de vous, mes amours. Je vais me battre pour guérir et je vais faire mon possible pour te garder, petit être qui grandit en moi », écrit celle qui attend son quatrième enfant.  

Appel à la générosité

Fanny Vigneault devra s’auto-injecter quotidiennement un médicament qui éclaircit le sang afin d’éviter un épaississement du sang et des caillots qui pourraient être dangereux pour elle et son bébé, indique M. Lemieux. Une partie des médicaments n’est toutefois pas couverte par la Régie de l’assurance maladie du Québec, c’est pourquoi la famille invite la population à donner généreusement. 

Des traitements de chimiothérapie seront également nécessaires à raison d’un traitement aux deux semaines pour une durée minimale de six mois. 

« En plus, elle a dû arrêter le travail pour un minimum de 18 mois, donc leurs revenus vont diminuer de beaucoup. Fanny doit déjà se soucier de sa santé et de sa grossesse, alors on veut au moins lui enlever le fardeau de l’argent », soutient-il. 

La campagne de sociofinancement, intitulée « Fanny, une battante », est disponible au gofundme.com/f/fanny-une-battante.

À l’écriture de ses lignes, 83 donateurs avaient contribué à la campagne, totalisant un montant de 3880 $. 

« On est très surpris de la générosité des gens et on l’apprécie énormément. On ne pensait pas que ça lèverait autant. On est vraiment content! » souligne André Lemieux.